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CONGO: 25,6% DES FEMMES OCCUPENT DES POSTES DE RESPONSABILITES DANS LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES ET PRIVEES

Brazzaville, 8 mars (ACI) – Les femmes congolaises occupent actuellement 1144 postes de responsabilités dans les administrations publiques et privées sur 4 468 existant dans le pays, soit un taux de féminisation de 25,6%, a révélé la directrice du Centre de recherche, d’information et de documentation sur la femme (Cridf), Virginie N’Dessabeka.

Au cours d’une interview sur la condition féminine, réalisée le 5 mars à Brazzaville par l’Agence congolaise d’information (Aci), elle a souligné que le taux de féminisation des postes de responsabilités est de 36,9% dans le secteur parapublic, de 28,4% dans le secteur public, ce qui est le reflet du secteur institutionnel et de 17,6% dans le secteur privé. «Les chiffres ont évolué, mais on n’ pas encore atteint la barre de 50%», a-t-elle ajouté.

Cette évolution se fait aussi sentir dans les institutions publiques (Parlement, Cours constitutionnelle, Gouvernement,…) où les lignes ont bougé en termes de représentation de la femme, comme l’a reconnu Virginie N’Dessabeka. «Il existe dorénavant le conseil consultatif des sages, avec la représentation de la Reine Ngalefourou. Les femmes sont aussi représentées dans le bureau du conseil consultatif de la société civile».

Concernant les problèmes auxquels les femmes sont souvent confrontées, elle a dit qu’il n’y a pas une liste exhaustive de typologie des problèmes de la femme soumise au Cridf, à en croire la directrice de cette structure relevant du ministère en charge de la promotion de la femme, qui a indiqué que ces problèmes relèvent souvent du statut politique, économique et social de cette dernière.

Les solutions à ces problèmes, a-t-elle poursuivi, sont déclinées dans la politique nationale genre qui répond aux besoins prioritaires de la politique commune pour l’Afrique à l’horizon 2063, de la politique du développement durable et du plan national de développement. Face à ces trois axes prioritaires, le ministère de la femme met l’action sur la représentativité de la femme.
sentir au niveau des textes législatifs et constitutionnels», a-t-elle dit, avant de préciser que le ministère doit poursuivre les efforts dans le cadre des plaidoyers.

«Nous ne sommes pas à la recherche des chiffres. Nous voulons que la femme soit représentée, quel que soit le secteur de la vie. A quelque endroit que ce soit, tout effort fait pour avancer la cause de la femme est déjà un indicateur de parité», a-t-elle dit, en expliquant que le ministère avait veillé pour que la place des femmes soit reconnue dans la loi sur l’accès à la terre, adoptée au parlement le 13 juin dernier.

Ces avancées concernent également l’augmentation du nombre des femmes dans les partis politiques, a-t-elle fait savoir. En effet, l’engouement s’est fait ressentir lors des dernières élections locales où il y a eu plus de 50% de candidatures féminines.

Au niveau du conseil de cabinet, le gouvernement avait déjà adopté l’avant-projet de loi relative à la parité. Selon Virginie N’Dessabeka, il reste que son enrôlement. Avant ce processus, elle a souhaité, à travers les campagnes, que chaque congolais soit sensibilisé sur le fait les femmes ne veulent pas une parité de quantité, mais plutôt de qualité. «A quelque niveau qu’elles puissent se trouver, les compétences doivent être valorisées», a-t-elle notifié.

La question des violences sexuelles, est une préoccupation du Cridf. Selon sa directrice, l’amélioration de la condition féminine au Congo dépend des secteurs, car le taux des violences faites à la femme préoccupe. «Nous avons un fort taux de violences faites par les mineurs de moins de 12 ans. La femme est concernée par les violences de 0 à 75 ans, d’après les statistiques de notre pays», a-t-elle signifié.

Pour y remédier, a-t-elle souligné, le ministère a organisé des formations et des ateliers de sensibilisation dans tous les départements où la ministre en charge de la promotion de la femme s’est rendue pour expliquer cette question, y compris dans les coins reculés, notamment chez les femmes autochtones.

En dehors de ces séances de sensibilisation directe, il y a des outils de communication, à l’instar du numéro vert (14 44 disponible à toute personne anonyme pour que les forces de police interviennent) mis en place depuis le 5 mars 2018 à Brazzaville et à Pointe-Noire. «Nous nous battons pour que ce numéro spécifique aux violences sexuelles faites aux femmes et à la fille soit opérationnel sur toute l’étendue du territoire national», a-t-elle confié.

Impliquer les étudiants dans l’autosuffisance des produits de base

A Brazzaville, pour la journée internationale des droits de la femme, la ministre s’est engagée à impliquer les étudiants des universités publiques ou privés. Il s’agit de porter à leur connaissance les idéaux du 8 mars et de tout faire afin qu’ils prennent conscience de leur rôle dans l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, notamment pour ce qui est des aliments de base dans le pays.

«Nous voulons qu’ils s’impliquent dans leurs choix en termes de filières universitaires et post universitaires en créant par exemple des exploitations ou des coopératives agricoles, parce que tout le monde s’y retrouvera», a-t-elle notifié. (ACI/ Mercia Loemba)