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CASAMANCE : DES POURPARLERS RÉCLAMÉS POUR ‘’ÉTEINDRE LES SIGNAUX ROUGES’’

Ziguinchor, 15 Juil (APS) – Plusieurs organisations de la société
civile ont souligné l’urgence pour l’Etat et le Mouvement des forces
démocratiques de Casamance (MFDC) de se parler afin ‘’d’éteindre les
signaux rouges’’ menaçant l’accalmie dans cette région sud du Sénégal.

Cette invite est contenue dans la déclaration finale d’un symposium
clôturé dimanche à Ziguinchor à l’initiative de la Fondation Friedrich
Ebert et du Réseau Dynamique de paix en Casamance.

‘’Plusieurs évènements menacent l’accalmie notée en Casamance. Nous
exhortons l’Etat du Sénégal et le MFDC à tenir sans délai des
négociations pour arriver à une paix définitive’’, lit-on dans le
document parvenu à l’APS.

Des organisations de la société civile ont notamment alerté sur des
‘’résurgences qui menacent l’accalmie notée depuis plus de sept
années’’ au cours de cette rencontre organisée sur le thème : ‘’Femmes
et jeunes se prononcent sur la situation actuelle du conflit en
Casamance’’.

‘’L’objectif était d’appeler les jeunes et les femmes à se prononcer
sur les enjeux, les fragilités et les risques que courent à la fois le
Sénégal et la région ouest africaine’’, a expliqué Nouha Cissé qui a
introduit le thème ‘’Conflit en Casamance : risques de résurgence dans
le contexte d’un environnement apaisé’’.

‘’Le conflit est diffus. Il est aussi à caractère asymétrique (…) le
Sénégal est entouré par des pays qui ont des instabilités politiques.
La Guinée Bissau n’est pas stable. La Gambie, malgré l’embellie avec
l’arrivée du président Adama Barro connait des secousses internes’’, a
fait remarquer Nouha Cissé, historien et observateur du conflit en
Casamance.

Au cours de ce symposium les experts ont également fait état de
‘’signaux rouges très préoccupants’’ en citant par exemple les
‘’évènements tragiques de Boffa, la tentative de dynamitage du pont de
Ndiambalang, les litiges autour de l’exploitation du zircon dans le
Niaffrang, la forte pression sur le bois, le vol de bétail avec les
risques d’affrontement entre communautés bissau-guinéennes et
sénégalaises tout au long de la frontière’’.

Il a été aussi beaucoup question de la ‘’culture du chanvre indien qui
se développe de plus en plus dans plusieurs zones de non droit dans le
sud du pays et les nombreux litiges fonciers conjugués au retour
massif des populations déplacées (…)’’.

Les participants se sont préoccupés également de la ‘’situation de
centaines d’enfants réfugiés en Gambie et en Guinée Bissau, devenus de
vrais apatrides car dépourvus de papiers d’état civil.

‘’C’est une bombe à retardement. Tôt ou tard, ces populations
réclameront leur droit à un état civil. Il est urgent d’anticiper
toutes ces questions ces résurgences par le dialogue et la
concertation et non par le fusil’’, a prévenu Nouha Cissé.