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COVID-19 : Des infectiologues internationaux émettent des doutes sur le bilan réel des chiffres en Chine

 

Abidjan, 31 mars (AIP)- Les chiffres donnés par la Chine continentale qui compte officiellement 3300 morts liés au coronavirus Covid-19, ont été mis en doute par des infectiologues européens qui les trouvent biaisés, par rapport au bilan réel de l’épidémie.

« Tandis qu’en Italie ou en Espagne, on déplore respectivement plus de 6000 et 10 000 décès, nous pensons que l’épidémie a commencé beaucoup plus tôt en Chine, probablement dès septembre. Ils ont aussi probablement caché la vraie mortalité parce que 3 000 morts, quand on voit ce qui se passe en Italie ou en Espagne, on a du mal à le croire », a affirmé dimanche, Karine Lacombe, infectiologue à l’hôpital Saint-Antoine de Paris.

« Il y avait une mortalité annoncée par les Chinois qui, à mon avis, a été certainement sous-estimée. On a beaucoup de mal à croire qu’un pays, même avec des mesures de confinement, ait si peu de morts », a abondé l’ancien directeur de l’institut Pasteur, Patrick Berche.

Berceau du nouveau coronavirus Covid-19, la province de Wuhan a commencé à se rouvrir au monde extérieur. Selon la presse étrangère, de longues files d’attente se sont formées devant les funérariums, car les habitants veulent y récupérer les cendres de proches placés dans des urnes funéraires. Certaines familles ont déclaré qu’elles avaient été obligées d’attendre plusieurs heures pour récupérer les cendres.

Le média d’investigation chinois, Caixin évoque une livraison de 2500 urnes mercredi et jeudi derniers, à un seul funérarium. Or, il existe sept salons funéraires dans la ville. Il n’est pas établi que ces urnes sont destinées à des personnes atteintes du virus. Ces éléments jettent toutefois un trouble sur le bilan avancé par les autorités chinoises.

Selon ce média, il y a eu plus de 56 000 crémations à Wuhan au quatrième trimestre 2019, soit 1583 de plus qu’au quatrième trimestre 2018.

La réouverture de Wuhan n’est aujourd’hui que partielle. Les habitants devront encore patienter jusqu’au 8 avril pour pouvoir quitter la ville, date à laquelle rouvriront également les aéroports de la ville. Ce que redoute désormais la ville chinoise après deux mois d’isolement, c’est que la maladie ne revienne, véhiculée par ses habitants exilés ou par les étrangers.