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JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DE CARTHAGE : LA 31E ÉDITION MAINTENUE AU NOM DE LA LUTTE CONTRE L’IGNORANCE ET L’INTOLÉRANCE (DIRECTEUR)

De l’envoyée spéciale de l’APS, Fatou Kiné Sène

Tunisie, 18 déc (APS) – Les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2020, qui démarrent ce soir (18-23 décembre), se tiennent malgré la pandémie de Covid-19, les organisateurs considérant que cette manifestation constitue « un des plus efficaces remparts contre l’ignorance et l’intolérance ».

« Le maintien des JCC est une volonté de défendre les lieux de vie, de débats d’idées et de culture, qui demeurent un des plus efficaces remparts contre l’ignorance et l’intolérance », a déclaré à l’envoyée spéciale de l’APS le directeur général de cette rencontre cinématographique, Ridha Béni.

La décision de tenir cette rencontre cinématographique, l’une des plus importantes du continent, « n’a pas été prise par entêtement, mais par amour pour la vie », a-t-il dit à quelques heures du démarrage de la 31e édition de ce festival.

« Maintenir les JCC, c’est faire le choix de la culture, un choix citoyen. Nous allons défier la pandémie de Covid-19, car nous tenons à la vie », a soutenu M. Béni dans un éditorial publié en prélude à l’événement.

Au contraire des JCC, beaucoup de festivals et d’autres manifestations culturelles ont été reportés à cause de la crise sanitaire.

La pandémie de Covid-19 a également entraîné la fermeture de nombreux espaces culturels, dont des théâtres et des salles de cinéma, en Afrique comme dans le reste du monde.

« Maintenir les JCC, c’est maintenir un accès à la culture dans des conditions de santé sécurisées, les salles seront équipés, les gestes barrières seront respectés », a assuré Ridha Béni.

Certains festivaliers sont déjà à Tunis pour prendre part à une édition jugée « exceptionnelle » par les organisateurs, car dédiée à la mémoire du festival créé en 1966 par le Tunisien Tahar Chériaa.

La compétition officielle a été reportée en 2021, mais honneur sera fait aux réalisateurs de films qui ont marqué l’histoire des JCC durant les cinquante-quatre dernières années, selon le comité d’organisation.

« Cette année, les JCC brilleront grâce aux films africains et arabes qui ont marqué son histoire. Ces films n’ont pas forcément remporté des prix. Mais pour la plupart, ce sont des films qui ont permis d’écrire l’histoire de ce grand festival », a souligné Ridha Béni.

L’édition 2020 des JCC sera l’occasion pour les jeunes générations de découvrir le cinéma africain et arabe des décennies précédentes (1966 -2019), selon M. Béni.

Les rencontres consacrées au développement des films, appelées « Chabaka », et les « Talmik », celles réservées à la postproduction, sont maintenues dans le programme de l’événement. Sept projets ont été sélectionnés pour chaque atelier.

Le projet de film du réalisateur sénégalais Cheikh Ahmadou Diop, intitulé « Les routiers de l’espoir », dont la production sera assurée par le cinéaste Moussa Touré, fait partie des sept projets de l’atelier « Chabaka ».

La réalisatrice sénégalaise Dyana Gaye fait partie du jury de ces ateliers, avec Nidhal Chatta (Tunisie) et Ziad Hamzeh (Etats-Unis).

Trente-quatre longs métrages, dont « La Noire de… » (1966) de Sembène Ousmane (1923-2007), « La pirogue » (2012) de Moussa Touré et « Félicité » (2017) d’Alain Gomis seront projetés, à l’honneur de ces trois cinéastes sénégalais.

Sept « coups de cœur », une soixantaine de courts métrages, dont « Le sifflet » d’As Thiam (Sénégal) et 21 « tanits » tunisiens seront projetés pour les cinéphiles, dans 14 salles de cinéma situées dans le centre-ville de Tunis et dotées de scanners thermiques.

Les projections prévues dans les prisons sont également maintenues, selon le comité d’organisation.

La projection en avant-première de plusieurs films figure au programme du festival. Il s’agit de la première arabe et africaine du film « La Nuit des rois » du réalisateur ivoirien Philippe Lacôte, de « L’Homme qui a vendu sa peau », du cinéaste tunisien Kaouther Ben Hania, et de Ghazi Zaghbani, pour « Harba », et Hamza Ouini pour le film « Disqualifié ».

Le film palestinien « 200 mètres carrés », du réalisateur Ameen Nayfeh, fera aussi sa première à Tunis.

Le festival sera l’occasion de revenir sur l’histoire des JCC et de réfléchir à son avenir, grâce au forum prévu sur le thème : « Les JCC, hier, aujourd’hui et demain ». Le journaliste et formateur sénégalais Baba Diop est l’un des panélistes de ce forum.