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Afrique du Sud: La société civile se mobilise contre la corruption


  17 Juillet      26        Politique (17439),

   

Rabat, 17/07/2017 (MAP)- Une centaine d’organisations sud-africaines de la société civile prendront part à une conférence, mardi, à Johannesburg, pour dénoncer la corruption qui ronge les appareils de l’Etat de ce pays, aggravant une profonde crise multidimensionnelle.
Les ONG, venues des quatre coins du pays arc-en-ciel, tenteront lors de cette conférence, de faire front commun contre la capture de l’Etat sud-africain, un terme qui renvoie sur le contrôle qu’exercent les Gupta, une puissante famille d’hommes d’affaires d’origine indienne, sur le pays à la faveur d’une relation douteuse avec le président Jacob Zuma.
La conférence, organisée par le collectif Save South Africa (Sauver l’Afrique du Sud), coïncide avec le 99è anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, père fondateur de l’Afrique du Sud libre.
«Le choix de la date de naissance de Mandela pour tenir la conférence est dicté par l’attachement aux valeurs des pères fondateurs de l’Afrique du Sud», a dit Save South Africa dans un communiqué, soulignant que ces valeurs sous-tendent toujours la lutte continue pour l’émergence d’une Afrique du Sud meilleure.
«La nation continue de réclamer le départ du président Jacob Zuma, sponsor de la capture de l’Etat», a dit Sipho Pityana, président du collectif.
La corruption est devenue tellement alarmante qu’elle fait désormais le cheval de bataille du vice-président Cyril Ramaphosa, dans sa quête de prendre la présidence du parti de l’ANC, au pouvoir.
Ramapahosa a récemment dénoncé la corruption, mettant en garde que le pays est en train de perdre sa souveraineté.
L’Afrique du Sud est en train de perdre sa souveraineté à certaines organisations étrangères qui exercent une influence de plus en plus importante dans le pays, a dit Ramaphosa dans un discours devant le parti communiste, qui forme avec l’ANC et la centrale syndicale du Cosatu une alliance tripartite ayant permis au parti de Nelson Mandela de se maintenir au pouvoir depuis 1994, date de la fin de l’apartheid.
«Je ne vais plus garder le silence. Nous ne pouvons plus fermer l’œil et garder le silence» devant la corruption endémique, a encore dit le responsable.
Il s’agit d’une attaque très virulente de la part de Ramaphosa qui reste, avec Nkosazana Dlamini-Zuma, ancienne présidente de l’Union africaine, les candidats les plus en vue à la succession de Jacob Zuma à la tête de l’ANC.
Ce dernier devra quitter la direction du parti lors du congrès de cette formation, qui aura lieu en décembre prochain. Il devra cependant garder son poste de président de la république jusqu’aux élections générales de 2019.
Ramaphosa a saisi l’occasion de son discours devant les congressistes du parti communiste pour réitérer son appel à une enquête judiciaire indépendante sur les affaires de corruption.
«La maison brule», a-t-il lancé, soulignant: «nous n’allons plus protéger ceux d’entre nous qui sont impliqués dans ces actes de corruption».
Les analystes estiment que cette affirmation est une allusion au président Zuma et aux ministres de l’ANC soupçonnés d’implication dans ces affaires de corruption.
«Nous ne protégeons pas ceux qui utilisent nos slogans pour éviter d’être mis en examen», a encore dit le vice-président sud-africain.

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