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BUZZLAB DE CANABASSE ET CIE, PROMESSES D’UNE RUPTURE TRANQUILLE


  27 Août      10        Musique (230),

   

Dakar, 27 août (APS) – Buzzlab, label dirigé depuis 2013 par le rappeur sénégalais Canabasse, assume « une rupture et une évolution » se caractérisant par un rap moins agressif et une ambition de se mettre aux normes internationales par des « mélodies accessibles », en français et en anglais, s’il le faut.

« Une vieille maman qui regarde un clip de rap sénégalais ne comprendrait pas forcément ce qu’on veut dire. Dans le dernier clip sorti (par Buzzlab), on a une fille voilée, on a des jeunes qui travaillent, qui aspirent au mariage, donc à fonder une famille. C’est vraiment cette image qui est en phase avec nos réalités’’, en lieu et place d’un rap véhiculant « un message qui ne colle pas avec les réalités sociales », a analysé Canabasse dans une interview parue sur le site de Rfi dédié à la musique.

Le rappeur parle de rupture et d’évolution, en évoquant les images « très soft et socialement acceptables » de ’’Bou Bakh bi, c’est la bonne), dernier clip de son label, une production qui détonne dans un contexte où « le hip-hop sénégalais est en déphasage total avec la société sénégalaise ».

« Tout le monde est libre de critiquer », reprend Canabasse au sujet de « 4 The Buzz 4 », tout premier album de Buzzlab, sorti le 7 août, après trois mixtapes, et qui n’est pas assez agressif du goût de certains habitués à un certain style de rap.

« Le public est assez mature et ouvert pour juger ce qu’on lui donne, répond Canabasse. Ceux qui critiquent ne se sont basés que sur ce dernier album, mais ce qu’on a fait est en phase avec notre public ».

« Le problème de cet album, d’après les critiques, c’est qu’il n’y a pas trop cette identité hip-hop qui veut des morceaux où l’on clashe. Cet album n’est pas agressif. Et justement, c’est cela qu’on voulait ; apporter du son mature sur la forme et sur le fond. On a traité des sujets sociaux sur un fond musical vraiment accessible au grand public. Aujourd’hui, fait-il valoir, un jeune qui écoute cet album, peut aussi le faire écouter à ses parents ».

« Depuis le lancement de Buzzlab en 2013, on ne faisait que des mixtapes en effet et beaucoup attendaient cet album (…), une véritable évolution avec huit artistes présents sur l’album dont Cheeks, Cool Black Lion, Zou Kana », explique le rappeur, avant d’ajouter : « Cet album a pris du temps mais, il ne faut pas oublier que la vocation de Buzzlab est d’aller à la découverte de talents et leur permettre de se révéler. Il y a eu de belles révélations depuis le lancement, mais aussi des départs pour des carrières solo ».

Canabasse affirme que Buzzlabb est tout aussi important que la suite de sa carrière solo, le label répondant selon lui à un besoin de renouvellement de la scène du hip-hop sénégalaise.

« Dans ce pays peu d’artistes de l’ancienne génération ont ce réflexe-là : pousser les jeunes à bénéficier de leurs propres expériences. Aujourd’hui, je réfléchis pour trouver un équilibre, car je ne compte pas arrêter ma carrière solo. J’ai un public qui m’attend », dit-il.

S’agissant des perspectives de Buzzlab sur la scène internationale, il a souligné la nécessité de « se mettre aux normes internationales en faisant des mélodies accessibles, et une musique originale ».

« Mais au Sénégal, déplore-t-il, notre frein à l’international c’est la langue. On rappe en langue locale qui est le wolof », pour des productions qui sont moins visibles à l’extérieur, alors que « 14 titres sur 16 » de l’album Buzzlab par exemple « trustent les 14 premières places de Deezer Sénégal (…) ».

« Je pense que pour aspirer à une carrière internationale, il faut rapper dans une langue internationale comme le français ou l’anglais. À défaut, on peut se rattraper au niveau de la forme en essayant d’apporter des sonorités qui sont plus ou moins habituelles au public international. Il nous faudra innover », suggère Canabasse.

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