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Ces femmes handicapées décidées à s’ »affranchir » financièrement (Reportage)


  10 Septembre      7        LeaderShip Feminin (277), Photos (4183),

   

Par Zagadou Alain

Bondoukou, 10 sept 2020 (AIP) – La ville de Bondoukou (Nord-est, région du Gontougo), à l’instar d’autres villes de la Côte d’Ivoire, abrite de nombreuses personnes en situation de handicap, notamment les femmes atteintes de déficience physique qui ont décidé de s’ »affranchir » financièrement par une activité génératrice de revenus, malgré leur état.

Un parcours jonché d’embûches et de moqueries

En attendant une aide plus conséquente, plusieurs femmes de Bondoukou en situation de handicap physique ont voulu prendre le taureau par les cornes en s’inscrivant dans la politique de l’autonomisation de la femme prônée par le Gouvernement, à travers des prêts contractés pour certaines d’entre elles malgré une insertion dans la vie sociale et économique souvent difficile.

Diabagaté Aramata, vendeuse de vivriers au marché municipal, atteinte de nanisme, a un état physique qui lui a valu dans sa vie railleries et moqueries, voire le rejet par son entourage. Mais le soutien de sa mère, seule consolation pour elle, lui aura permis de surmonter ces moments d’enfance difficiles qui ont même fini par lui fermer les portes de l’école, se souvient-elle.

« Jusqu’à présent, les gens continuent de se moquer de moi, mais moi je pense que ce que j’ai, c’est le don de Dieu, donc je ne parle pas et je les regarde », se revigore Mme Diabagaté, malgré sa mine triste.

Pour Ouattara Salia, vendeuse de fourneaux et autres ustensiles de cuisine, handicapée de la jambe à cause de la poliomyélite, la frustration vient du fait qu’elle dépend toujours des autres, même pour des tâches les plus élémentaires. Elle reconnait qu’elle a vécu une souffrance physique atroce au début de son handicap car, se traînant à terre pour pouvoir se déplacer. Mais, elle se réjouit désormais du fait de pouvoir marcher grâce à des béquilles, tout en souhaitant posséder un fauteuil roulant.

Des activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins de la famille

Kouamé Florence, propriétaire d’un cybercafé

Si la majorité des femmes en situation de handicap de Bondoukou sont analphabètes, l’une d’entre elles fait exception à la règle, en l’occurrence Dame Kouamé Florence. Cette femme atteinte d’une maladie dorsale depuis l’âge de six ans qui a eu une incidence sur sa jambe droite, a mis un terme à ses études, en classe de terminale A, faute de moyens financiers.

Embauchée en 2006 dans un cybercafé à Bondoukou, Kouamé Florence y a travaillé pendant neuf ans avant d’ouvrir, en 2016, sa petite entreprise à partir d’un ordinateur et une imprimante.

Au fil des années, elle a pu installer une photocopieuse à grand tirage, une connexion internet, une cabine téléphonique et d’autres ordinateurs, activité qui lui permet de subvenir à ses besoins et à payer les études en Droit de son unique fils.

« C’est grâce à mon courage, ma persévérance et ma volonté de réussir que je suis arrivée à ce stade de ma vie », a-t-elle affirmé avec fierté. Elle a indiqué que sa préoccupation première est d’éviter d’être une charge inutile pour les autres.

Pareil pour Gbané Mandigata, vendeuse de produits de beauté. Infirme du pied en raison d’une injection mal administrée dans son enfance, elle se félicite du soutien de sa famille qui l’aide à surmonter moralement son handicap. Mais cela ne suffit toujours pas, car Mandigata, encore célibataire, craint pour son sort. « Quel garçon va vouloir de moi avec mon état? », s’interroge-t-elle.

Quant à Gbané Mamassagna, spécialiste en tatouages, victime de la poliomyélite, elle a décidé de se prendre en charge en contractant un prêt grâce au projet Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), qui lui a permis d’ouvrir un magasin de produits cosmétiques au marché communal de Bondoukou.

Veuve et mère de six enfants, Mme Gbané est consciente des charges qui l’attendent et a décidé de se battre pour être indépendante financièrement, sans toujours compter sur l’aide des autres. « J’ai appris à me battre même quand ça ne va pas chez moi. J’ai le courage parce Dieu est toujours avec moi », a-t-elle fait savoir.

Un même souhait, l’extension de leurs activités

Toutes les femmes en situation de handicap physique sont unanimes sur le fait qu’elles désirent étendre leurs activités afin d’accroître leurs revenus. Elles ont lancé un appel aux autorités locales et gouvernementales afin de continuer de multiplier les efforts au bénéfice des handicapés, qui sont souvent laissés pour compte et obligés de s’adonner à des pratiques comme le vol ou la mendicité pour subvenir à leurs besoins.

Cet appel a été relayé par le président de l’Association des personnes handicapées de Bondoukou (APHB), Siriki Ouattara, qui a par la même occasion souhaité la création d’un centre de formation aux métiers à la portée des handicapés afin de résorber l’épineux problème du chômage au sein de leur milieu.

Autant d’optimisme qui n’efface pas pourtant les détresses et mélancolies quotidiennes de ces « braves dames ». A l’image de cette autre femme, infirme du pied et vendeuse de produits de beauté, qui s’épanche sur sa situation de célibataire : « Quel garçon va vouloir de moi avec mon état ?», s’interroge-t-elle presqu’en larme.

Mais pour le président de l’Association des personnes handicapées de Bondoukou, Siriki Ouattara, il n’y a pas lieu de désespérer. Car, estime-t-il, la situation de handicap n’est pas une fatalité. « La vie réserve toujours une bouée de sauvetage à toutes ces personnes qui n’espèrent plus en un avenir meilleur ».

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