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CONGO: L’OMS ANNONCE UN NOUVEAU CLASSEMENT POUR LA PREMIÈRE ANALYSE DE HÉPATITE B-C


  15 Juin      10        Santé (6965),

   

BRAZZAVILLE, 15 JUIN (ACI) – La directrice de l’Organisation mondiale de santé (Oms) pour l’Afrique, le Dr Matshidiso Moeti, a annoncé, le 14 juin dernier à Brazzaville, un nouveau classement qui se veut être la première analyse de la prévalence de l’hépatite et de la réponse à cette maladie qui touche une personne sur 15 en Afrique, devenue une plus grande menace que le sida, le paludisme ou la tuberculose.

«Cette analyse est la première à étudier chaque pays de la région africaine et à évaluer les progrès vers l’objectif de sauver la vie de plus de 2 millions d’Africains qui pourraient développer une hépatite B ou C progressive au cours de la prochaine décennie si ces pays n’intensifient pas leurs efforts», a fait savoir le Dr Matshidiso Moeti.

Selon elle, ce classement sera présenté lors du premier Sommet africain sur l’hépatite, qui se tiendra à Kampala, en Ouganda, du 18 au 20 juin prochain. Il fournit des informations vitales sur l’état de la réponse régionale à l’hépatite, mesurant les progrès réalisés par rapport au cadre d’action pour la prévention, le traitement et les soins de l’hépatite virale dans la région Africain (2016-2020).

Il a été créé pour guider les Etats membres dans la mise en œuvre de la stratégie mondiale du secteur de la santé concernant l’hépatite virale, qui prévoit l’élimination de l’hépatite d’ici 2030, définie comme une réduction de 90 % des nouveaux cas et de 65 % des décès, a indiqué le Dr Matshidiso Moeti.

Elle a fait savoir que chaque année, en Afrique, plus de 200.000 personnes meurent de complications liées aux hépatites virales B et C, dont la cirrhose et le cancer du foie. «En 2015, 60 millions de personnes dans la région Afrique de l’Oms vivaient avec une hépatite B chronique. Plus de 4,8 millions d’entre eux étaient des enfants de moins de 5 ans. 10 autres millions étaient infectés par l’hépatite C, probablement en raison des pratiques d’injection non sécuritaires dans les établissements de santé ou au sein des communautés», a-t-elle poursuivi en citant l’analyse.

«Il est tout à fait approprié que le premier Sommet africain sur l’hépatite se tienne en Ouganda», souligne le Dr Moeti. «Le pays a de superbes leçons à partager. Nous appuyons ces échanges importants, car ils aident à élaborer des politiques fondées sur des données probantes et à promouvoir des partenariats pour une action plus concertée contre l’hépatite virale dans la région africaine. C’est la démonstration même qu’il est possible de vaincre cette maladie», a-t-il ajouté.

En outre, cette analyse démontre que 28 pays ont élaboré un plan stratégique national de lutte contre l’hépatite virale. Cependant, la plupart sont encore à l’état de projets et 13 seulement ont été officiellement publiés et diffusés.

Cette analyse rappelle que l’Oms est un partenaire majeur dans la riposte régionale, notamment par l’élaboration des politiques et en fournissant un appui technique et financier ainsi qu’un renforcement des capacités pour une riposte régionale coordonnée.

Par ailleurs, elle fait constater que seuls 15% des pays, soit 7 sur 47, mènent des efforts de prévention avec une couverture nationale de plus de 90% de la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance et de la vaccination pentavalente infantile.

En outre, elle souligne qu’il existe d’importantes lacunes dans le dépistage et le traitement de l’hépatite, avec notamment moins de 8 pays qui offrent des tests et des traitements subventionnés pour l’hépatite virale. A ce propos elle cite les cas de l’Ouganda qui a lancé un traitement gratuit contre l’hépatite B à l’échelle nationale et du Rwanda qui a fourni un traitement gratuit contre l’hépatite B et l’hépatite C. Ces deux pays, selon ce rapport, passent pour les champions de la réponse régionale et sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Cadre 2020 en matière de dépistage et de sensibilisation communautaire.

L’administration de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance et en bas âge est le moyen le plus efficace d’arrêter la transmission du virus, car 95% du fardeau des maladies chroniques sont dus aux infections chez les enfants, acquises avant 5 ans, y compris la transmission mère-enfant.

Malgré le faible coût de la vaccination à la naissance, moins de 0,20 dollars US par enfant, seuls 11 pays de la région africaine suivent ce protocole. L’un de ces pays est le Cap-Vert, dont le gouvernement a mobilisé des ressources financières et a atteint une couverture vaccinale de 99% à la naissance.

En Ouganda, où plus de 6% de la population est infectée, l’engagement de mettre fin à l’hépatite a été pris par la société civile et grâce à une forte volonté politique, le pays est devenu l’une des premières nations africaines à financer une mobilisation nationale contre l’hépatite B.

Avec des investissements d’environ 3 millions de dollars par an, l’Ouganda s’est lancé dans un programme massif et gratuit de dépistage de l’hépatite B en 2015. Le pays a également organisé une vaste campagne de mobilisation et de sensibilisation communautaire. Plus de 4 millions de personnes ont fait l’objet d’un dépistage. Plus de 30% de la population infectée par le virus de l’hépatite B sont maintenant au courant de leur état et peuvent accéder à des services de traitement complets, y compris des médicaments gratuits.

Selon l’analyse de l’Oms, cela est un résultat qui va au-delà des objectifs assignés pour 2020 en matière de dépistage et de sensibilisation. Il reste cependant beaucoup à faire pour atteindre les objectifs en matière de traitement.

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