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Côte d’Ivoire-AIP/ La tresse, un petit métier qui donne une grande autonomie financière (Reportage)


  27 Février      13        Société (31143),

   

Abengourou, (AIP) – Considérée comme un petit métier « sans valeur », une profession déshonorante et non rémunératrice par la plupart des jeunes filles, la tresse est pour certaines une profession comme tant d’autres. Elle fait vivre et permet aux femmes qui l’exercent de se prendre en charge et d’être autonome. Des jeunes Ivoiriennes ayant un regard différent ont décidé, face aux difficultés d’emploi, de rebondir dans le secteur informel avec le métier de la tresse pour améliorer leurs conditions de vie.

Une incursion, vendredi 29 janvier 2021 dans l’univers de ce métier à Abengourou, a permis au journaliste de l’AIP de rencontrer les tresseuses partout, à tous les coins de rue, dans les marchés et parfois dans des endroits insolites. Âgées de 17 à 40 ans, elles sont en majorité des déscolarisées. Issues de familles modestes, elles disent avoir appris le métier soit avec des amies soit avec des parents, depuis leur jeune âge. Rencontrées sur leur lieu de travail, elles racontent avec enthousiasme comment elles sont arrivées à ce métier, les atouts et les avantages de la profession, mais également les difficultés et surtout l’épreuve de la pandémie de la Covid-19.

Une passion pour le métier de la Tresse

Contrairement à ceux qui estiment que la tresse est un métier non-valorisant et pensent à tort que ces jeunes filles s’adonnent à la tresse parce qu’ayant échoué à l’école, dame Kéita Salimata, la quarantaine révolue, tresseuse depuis 20 ans, rétorque que c’est une passion apprise auprès de sa mère. Après l’arrêt des études, elle a décidé de faire de la tresse son métier et se dit fière de l’exercer avec deux de ses filles dont une Kéita Awa est titulaire d’un Baccalauréat qu’elle a obtenu il y a trois ans. En attendant, un emploi Kéita Awa a décidé de « se dérouiller » auprès de sa mère une des spécialistes du modèle de tresse appelée « Zigzag ». Sorte de figures dessinées en ligne brisées avec les cheveux qui restent plaqués sur le cuir chevelu et qui peuvent être rallongés en arrière par des mèches entrelacées.

Konan Affoué Marguerite, propriétaire d’un espace de tresse au marché d’Abengourou, est installée depuis 2011 après les études secondaires et exerce avec fierté son métier de tresseuse. « C’est un plaisir de rendre la femme belle », confie-t-elle. Les doigts experts cherchant à isoler et à faire passer alternativement chaque brin des cheveux de sa cliente au-dessus de l’autre.

Au cœur du marché dans un espace peu salubre des jeunes filles regroupées sur le plancher d’un magasin écroulé sont au travail. Parmi elles, Kané Rokia, en classe de Seconde offres ses services le week-end pour subvenir à ses besoins. Leur spécialité, ce sont des tresses réalisées sans mèches. « Ici, nous ne touchons pas les mèches, nous travaillons sur les cheveux naturels », a confié leur porte-parole Dembélé Abiba. Elle explique que c’est une exigence de la religion qu’elle pratique .« Et cela date depuis nos grands-parents », dit-elle. Dès son jeune âge, Kobénan Kossia Joséphine, passionnée par la tresse et la coiffure, délaisse l’école après le cycle primaire pour apprendre à tresser

Une installation sans grands moyens

Pour leur installation, il a suffi à certaines tresseuses, un banc, une chaise, une paire de ciseaux et un tabouret ou une natte pour les clientes. Une place est par la suite trouvée sous un hangar ou en plein air sous un arbre. D’autres, par contre, ont décidé de développer leur activité en créant un salon.

Mademoiselle Kobénan Kossia Joséphine, âgée de 23 ans, en est une belle illustration. Elle tient une coquette pièce à tresse à deux mètres de la voie principale jouxtant le marché de Cafétou. « Ça a commencé à l’âge de 18 ans. N’étant pas brillante à l’école, j’ai opté pour la coiffure et la tresse, un métier que j’ai tant aimé », explique-t-elle. Entreprenante dans l’âme, mademoiselle Kobénan en plus de faire la tresse, coiffe les mariés et propose des mèches et des produits de beauté. Elle confectionne également des perruques destinées à la vente.

Ces filles sont souvent sollicitées pour des tresses à domicile ou dans des villages. C’est le cas de l’élève, Kané Rokia et son groupe qui affectionnent le travail à domicile parce qu’on y gagne plus. Contrairement à Rokia, la majorité des tresseuses n’aime pas les déplacements. « C’est fatiguant, ça retarde le travail, nous ne pouvons pas être absentes alors que des clientes sont dans l’attente à notre lieu de travail », explique Salimata Kéita.

Les modèles de tresses prisées

Chaque matin, dès 8H, les tresseuses sont sur leur lieu de travail. Elles procèdent à la vérification du matériel de travail avant l’arrivée des clientes. « Il arrive que dès l’ouverture du salon, des clientes sont déjà là », fait savoir Kobénan Joséphine. « En matière de tresse, il faut commencer tôt et finir vite pour s’occuper des clientes en attente », poursuit-elle.

La tresse prend du temps. Il peut durer une heure, deux heures ou trois heures, voire quatre heures ou plus. Selon les modèles de tresse de taille courte, moyenne ou longues en fonction du type volumineux ou fin.

Elles reçoivent une clientèle variée des jeunes filles, des dames de toutes les couches socioprofessionnelles, les enfants et aussi des hommes qui affectionnent la coiffure dreads.
Ces femmes ne font pas que tresser, elles font aussi des nattes de cheveux et des tissages. Les modèles les plus demandés sont « Marcoursis », « Raga », une sorte de grosses nattes avec les mèches, les « fausses nattes », le modèle « zigzag », « Napy » et le modèle « deux Candy » pour enfant. Il y a aussi les nattes « plat-plat », les « nattes traversées », ajoute Matinin Sidibé, tresseuse depuis 10 ans.

Une bonne source de revenus

Le prix des tresses varie de 500 Francs CFA à 3 000 FCFA, voire 4 000 FCFA, selon les modèles et le temps de tresse. Chaque tresseuse peut recevoir quatre à cinq clientes par jour. Au plan des revenus, la tresse rapporte, reconnaissent-elles. « Si ça marche, je peux gagner 15 000 FCFA à 20 000 FCFA par jour », fait savoir Kobénan Joséphine. Les périodes de fête, selon Konan Affoué Marguerite, sont des moments de grandes affluences. « Nous pouvons rester jusque tard dans la nuit et nous veillons parfois pour satisfaire les clients », confie-t-elle.

Comme toute activité, le métier de tresse nourrit son homme. « Il n’y pas que les métiers de bureau qui procurent des revenus », fait remarquer Kobénan Joséphine. « Le métier de tresse me permet de payer mon loyer et de scolariser ma fille de trois ans et de me prendre en charge », assure-t-elle.

La tresse considérée comme « petit métier », loin d’être déshonorante « est un métier modeste et rentable qui a l’avantage de pallier les insuffisances financières et matérielles de la femme », énonce Konan Affoué Marguerite. « Quand une femme ne travaille pas, ce n’est pas joli avoir », estime-t-elle. Dembélé Abiba, fille de griot, encourage les filles à venir à la tresse, « un métier noble ». « Il ne faut pas désespérer ni compter sur les hommes les filles doivent avoir le courage de travailler pour ne pas tomber dans les travers », conseille dame Salimata Kéita, demandant aux jeunes filles qui ne font rien et qui ont le don de tresser à tenir le peigne.

La Covid-19 une menace pour la profession
Avec la menace de la Covid-19, le milieu dynamique de la tresse a été fortement touché. Il y avait moins d’affluence, reconnaissent les tresseuses. « J’avais tout arrêté et c’était difficile pour nous », avoue K. Mariam, occupant un espace de tresse sous un arbre dans les environs du marché d’Abengourou. Pour Nathalie Kanga et ses « filles » qui tiennent un box au grand marché d’Abengourou, les premiers moments de la crise ont été aussi pénibles. « Ça été un coup dur, je ne recevais plus de clientes et j’ai été obligée de tout fermer », explique Nathalie, ajoutant que même les clientes les plus fidèles avaient arrêté de fréquenter le salon par crainte d’être contaminer par la Covid-19. D’autres ont continué de travailler avec des rares clientes en utilisant les cache-nez et des gants de protection. « C’était pénible de tresser avec les gants, ils rendent le travail lent et difficile », relate Kéita Salimata, contente de savoir qu’aujourd’hui, « tout est redevenu normal ». Les clientes sont de retour. Elles sont reçues dans une proximité sans respect aucune des mesures barrières contre la pandémie du Coronavirus.

La reconversion

Face à la persistance de la maladie, Kéita Mariam a été, elle aussi, contrainte d’abandonner sa passion, la tresse, pour s’adonner à la vente d’eau attachée dans les sachets, sur son lieu de travail. Comme elle, de nombreuses tresseuses ont décidé d’avoir plusieurs cordes à leur arc.

Toutes ambitionnent de s’insérer dans le commerce. Selon Kobénan Joséphine « si tout marche », elle envisage d’agrandir ses activités et faire le commerce de pagnes, de sacs à main et des accessoires liés à la tresse. Dame Salimata ne dit pas autre chose. Avec l’âge (40 ans) et la perte de la force, elle ambitionne de faire le commerce d’articles divers.
Reportage réalisé par Marcel N’Gbesso

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