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Côte d’Ivoire-AIP/ Retro 2020: Une année marquée par la crise du COVID-19 et ses effets socio-économiques à San-Pedro


  31 Décembre      14        Société (27649),

   

San-Pedro, 31 déc 2020 (AIP)-L’année 2020 a été marquée à San-Pedro par les actions entreprises par les autorités administratives et les acteurs du secteur privé, en lien avec l’ensemble de mesures instaurées par le Conseil national de sécurité (CNS), pour lutter contre la pandémie du Coronavirus (COVID-19) et limiter ses effets socio-économiques.

Le comité départemental de lutte présidé par le préfet de la région de San-Pedro, préfet du département de San-Pedro, Ousmane Coulibaly, s’est réuni aussitôt après l’annonce des premières mesures du CNS, en mars. Sous sa houlette, ce comité a veillé à l’application des différentes mesures de lutte.

Des actes qui marquent la mise en œuvre des mesures sanitaires

Les mesures de lutte éditées par le CNS ont été matérialisées à San-Pedro par la fermeture totale et périodique des écoles, des églises, des mosquées, des maquis (une combinaison de restaurants et bistrot), des débits de boisson, des restaurants et des hôtels, le couvre-feu sanitaire (annoncé par le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, le 23 mars et levé pour l’intérieur du pays le 8 mai), l’interdiction des sports collectifs, la fermeture des plages, la suspension de tous les vols et des voyages par bateaux et l’obligation faite aux commerçants de quitter le grand marché à 16 h pour des séances de désinfection.

Le préfet a initié plusieurs réunions pour faire régulièrement le point de la situation et sensibiliser à l’observation de ces mesures qui visaient à attirer l’attention des populations sur la gravité de l’heure et invitaient au changement urgemment d’habitude et de comportements. Il a entrepris également des visites de terrain pour s’assurer du respect de mesures.

Dans les entreprises, le contrôle portait notamment sur la mise en place des dispositifs de lavage des mains, le respect de la distance d’au moins un mètre entre les personnes, le port de masque, le contrôle de la température à l’entrée par un thermomètre électronique.

Des dons de vivres et non vivres composés de matériels de lutte ont été faits par diverses personnes morales et physiques à l’endroit de plus de 300 familles démunies, des écoles et des structures sanitaires. Ces dons ont été mis à la disposition de la préfecture pour être distribués aux populations cibles ou présentés simplement à l’autorité préfectorale, avant leur remise aux bénéficiaires.

Des acteurs économiques contraints à des stratégies de réadaptation

Les entreprises et les administrations publiques ont été contraintes à procéder à une réadaption de leur fonctionnement en tenant compte des mesures sanitaires, pour atténuer les effets des perturbations de la vie socio-économique. Des rotations de personnels et une modification des horaires de travail ont été instaurées pour sauver certains emplois.

Au niveau du port autonome de San-Pedro, par exemple, l’équipe du directeur général, Hilaire Marcel Lamizana, et les principaux acteurs de la chaine logistique de la place portuaire se sont organisés pour réadapter très rapidement leurs pratiques afin d’assurer la continuité de leurs activités tout en mettant en œuvre les mesures sanitaires indispensables pour éviter la propagation de la Covid-19.

La stratégie de réadaptation mise en place a permis d’accélérer l’évacuation des stocks de cacao disponibles évalués, au 30 avril, à 471.067 tonnes, en baisse de 5% par rapport à 2019, à la même période.

Au même au 30 avril, le trafic global de marchandises s’établit à 1.560.074 tonnes, en baisse de 12% (soit un écart de 208.636 tonnes) comparativement aux données de la même période en 2019. Les exportations, les importations et le transbordement ont régressé respectivement de 4%, de 14% et de 30 %. Les escales sont en repli de 16 navires. Le trafic origine destination, quant à lui s’établit à 1.346.189 tonnes contre 1.445.244 tonnes à la même période en 2019, soit une baisse de 7%.

Le plan de gestion de la direction générale a permis de maîtriser l’impact de la crise sanitaire au port de San-Pedro. Malgré la perturbation du fonctionnement des services portuaires, le ralentissement du trafic au premier semestre, les activités du port de San-Pedro se poursuivent avec l’ambition du directeur général, M. Lamizana d’atteindre le cap de 10 millions de tonnes de trafics global en 2025.

Une crise qui a éprouvé les opérateurs de l’industrie touristique et les transporteurs

Contrairement au port et à d’autres entreprises, la crise sanitaire a été un coup dur pour les opérateurs de l’industrie touristique et les transporteurs assurant le service de transport en commun interurbain. Ils ont subi les conséquences de la crise sanitaire de front, avec surprise et sans alternative.

Au niveau du transport, l’on note que l’isolement d’Abidjan et les autres mesures-barrières contre le COVID-19 ont occasionné l’arrêt total des activités.

En effet, la capitale économique ivoirienne étant le foyer du plus grand nombre de cas déclarés en Côte d’Ivoire, le CNS avait décidé de l’isolement de cette région afin de freiner la propagation du virus. Cette mesure a eu un impact négatif sur les activités économiques en l’occurrence les compagnies qui assurent le service de transport de personnes entre San-Pedro et la capitale économique. Elles ont été contraintes d’arrêter momentanément leurs activités et procéder à des chômages techniques.

Pour une moyenne de huit à 16 convois qu’elles lançaient par jour, entre San-Pedro et Abidjan, les compagnies ont perdu entre trois et sept millions de francs CFA journellement durant près quatre mois correspondant à la période d’isolement du grand Abidjan.

Par ailleurs, l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes, l’imposition de la réduction du nombre de passagers à bord des cars, le couvre-feu sanitaire, ont eu pour conséquence le ralentissement des activités des transporteurs qui assurent la liaison entre San-Pedro et les autres localités du pays, durant plusieurs mois.

Par exemple, ces mesures ont occasionné un échec de la «grande traite» de «Paquinou» pour les transporteurs qui assurent la liaison entre San-Pedro et les villes du grand centre de la Côte d’Ivoire. En effet, «Pâquinou» est un événement culturel célébré par le peuple Baoulé en marge de la fête de Pâques chrétienne. La forte communauté de Baoulé résidant dans la région de San-Pedro ne s’était pas mobilisée pour le «Paquinou» 2020 parce que les mesures sanitaires n’étaient pas favorables à cet événement.

«C’est un coup dur pour tout le monde mais on fait avec. Les gens ont peur de voyager. Il y en a qui pensent qu’on ne doit pas aller à Bouaké, alors que les cars vont à Bouaké sauf à Abidjan», a souligné le chef de gare d’UTB (Union des transporteurs de Bouaké) de San-Pedro, Kouassi N’Guessan Maurice, à cinq jour de la fête de Pâques.

Il lançait seulement deux convois par jour à destination de Bouaké en passent par Yamoussoukro et Tiébissou. De plus, le nombre de passagers était réduit à 50 par convoi pour un car de 64 places. Les années précédentes, en pareille période, UTB multipliait les départs jusqu’à une dizaine par jour pour les mêmes destinations.

En plus des difficultés d’avoir des passagers, les compagnies de transport étaient obligés de prendre le départ le plus tôt possible afin d’arriver à destination avant à 21 h, pour respecter le couvre-feu sanitaire.

Quant aux opérateurs de l’industrie touristique notamment, les restaurateurs, les maquis (combinaison de restaurant et bistrot), les hôtels, les bars et les boîtes de nuit, ils ont été contraints à interrompre momentanément leurs activités par une la mesure de fermeture radicale.

Les conséquences au plan économique et social s’évaluent en termes de difficultés de trésorerie due à la perte de quelques mois de chiffres d’affaires et de mise en chômages techniques de leurs personnels pendant la période de fermeture allant d’avril en juin. Au niveau de certains hôtels, l’on évoque plus une dizaine de millions de francs CFA de chiffres d’affaires de perdues.

Le directeur de l’hôtel Dégny Plage, Dégny Aka, et son concurrent de Rialto, Angelo Di Sangro, souhaitent que la page COVID-19 soit définitivement tournée. Après quelques mois de reprise de leurs activités, ils affirment remonter lentement la pente parce que le rythme de fréquentation est encore en deçà des attentes. Ils n’ont pas encore fait appel à tous leurs agents mis en chômage technique pour reprendre le service.

La décision de fermeture a été également vécue difficilement par les employés et les gérants de maquis. La responsable du Maquis Le Kossipo, Mme Dedy Kossipo, et le Baoulé, Koné Salimata épouse Guédé, au quartier Lac, se sont réjouies d’avoir retrouvé leurs activités après la levée de la mesure fermeture le 8 mai. Elles affirmaient que la situation était difficile et devenue insupportable par tout le monde en particulier leurs personnels. Mme Dedy emploie une trentaine de personnes notamment des jeunes filles-mères. Quant à Mme Guédé, elle travaille avec 12 personnes économiquement vulnérables.

De l’appui du gouvernement pour soulager les secteurs sinistrés de la COVID-19

Le gouvernement ivoirien a lancé un vaste plan de soutien «économique, social et humanitaire» d’un montant de 1.700 milliards de francs CFA contre les effets de la pandémie à coronavirus. Ce programme vise à soutenir l’outil de production, à maintenir les emplois, à assurer une reprise rapide des activités économiques post-crise et à apporter un soutien humanitaire aux populations défavorisées. Plusieurs agents économiques de la localité ont sollicité les fonds alloués à leur secteur d’activité.

A en croire le président la Fédération nationale des industries touristiques de Cote d’Ivoire (FENITOURCI) section Bas-Sassandra, Doudou M’Baye et son secrétaire général Coulibaly Banvala, seulement quatre opérateurs ont pu satisfaire aux critères d’éligibilité de ce programme d’appui du gouvernement au niveau du secteur touristique, sur près de 200 affiliés à la fédération. Ils ont reçu leurs chèques et attendent d’entrer en possession des fonds.

Les trois quart des opérateurs du secteur touristiques notamment, les restaurateurs (les restaurants classiques, les restaurants dits maquis, les bars, les night-clubs, les salons de thé et les assimilés) et l’hôtellerie (les hôtels et les complexes hôteliers), sont dans l’informel. Ils ne remplissent pas les critères imposés, entre autres, des certificats de régularité vis-à-vis de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et des impôts, un bilan certifié par un cabinet d’expert et un plan financier de l’activité. Et pourtant, selon M. Doudou, ils ont été sinistrés à 90%. Certains maquis et hôtels de moyen standing sont sur le point de fermer.

Le président de la FENITOURCI plaide pour l’allègement des conditions pour permettre à plusieurs acteurs de bénéficier de l’appui de l’Etat sur la base du registre de commerce et des documents fiscaux qui attestent que le requérant est à jour des taxes municipales et de l’impôt synthétique. L’Etat pourra ensuite organiser leur suivi et les aider à régulariser leur situation après le remboursement de fonds reçus.

Les opérateurs du secteur touristique saluent les efforts du gouvernement, mais ils plaident également pour la suppression des impôts et taxes de la période de crise sanitaire pour faciliter la relance de leurs activités.

Le plan de riposte national a été également matérialisé dans la région de San-Pedro à travers le Programme d’urgence du secteur de l’agriculture (PURGA) COVID-19 qui s’inscrit dans le volet soutien aux filières agricoles et aux secteurs de production alimentaires d’un montant prévisionnel de de 300 milliards de FCFA. Au total,1.573 agriculteurs ont bénéficié d’appuis matériel et technique pour la relance de la production du maraicher, du manioc et de la banane plantain, sous l’encadrement de l’Agence nationale d’appui au développement Rural (ANADER).

Par ailleurs, 26 véhicules neuf acquis à plus d’un milliard de francs CFA, dans le cadre du projet gouvernemental de renouvellement du parc automobile de Côte d’Ivoire, ont été remis à 24 sociétés de transport de San-Pedro éligibles à la phase pilote dudit projet.

Les populations de San-Pedro ont vécu difficilement la mesure d’isolement qui soumettait la circulation des personnes entre Abidjan et l’intérieur du pays à une condition très stricte d’obtention d’une autorisation. Cette mesure équivalait à une rupture des contacts physiques entre amis, parents et collègues. Des opérateurs économiques et des travailleurs, en l’occurrence les fonctionnaires et agents de l’Etat, ont dû reporter avec des désagréments plusieurs affaires et des dossiers administratifs personnels. Tous souhaitent ne plus jamais revivre cette expérience.

Le gouvernement a certes allégé certaines mesures, mais il continue d’inviter les populations à maintenir la garde en observant les gestes-barrières contre le COVID-19 notamment, le port de masque, l’observation de la distance d’au moins un mètre entre les personnes, le lavage régulier des mains et l’abstention de se serrer les mains en se saluant.

A la date du 30 décembre, le ministère de la santé et de l’Hygiène publique annonce que la Côte d’Ivoire compte 22.366 cas confirmés dont 21.909 personnes guéries, 137 décès et 320 cas actifs. Le nombre total d’échantillons est de 256.649.

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