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Côte d’Ivoire: Une ambiance presque morose un peu partout à Abidjan à la veille de l’indépendance


  7 Août      18        Société (23213),

   

Abidjan – Une ambiance presque morose a été constatée par l’AIP un peu partout à Abidjan, à la veille de la célébration du 60e anniversaire de la Côte d’Ivoire, le 06 août 2020.

Lors d’une randonnée nocturne dans différentes communes, l’on a pu se rendre compte que la capitale économique ivoirienne n’a pas vibré à son rythme habituel, à la veille de la célébration des 60 ans de l’indépendance. Les effets de la disparition du concerto depuis quelques années, point de ralliement des Abidjanais à la veille de la Fête nationale, organisé habituellement non loin du carrefour Solibra à Treichville, ont été fortement ressentis.

Les populations qui s’y rendaient massivement après le discours à la Nation du président de la République ou soit se retrouvaient autour d’un pot dans leur quartier se sont cette fois terrée chez elles.

La fluidité du trafic sur les ponts De Gaulle et Félix Houphouët-Boigny annonce déjà les couleurs de cette atmosphère maussade dans les communes d’Abidjan Sud, à savoir Treichville, Marcory, Port-Bouët, à l’exception de Koumassi. Avant 22H, presque tous les « maquis » situés sur l’avenue Nanan Yamousso étaient fermés. Il a fallu se rendre à l’Avenue 16, rue 7 barrée pour échanger avec quelques fêtards au maquis « Le Virage ».

« Il n’a pas été donné à tous le monde de voir les 60 ans de l’accession de notre pays à l’indépendance. Moi, je rends grâce à Dieu de m’avoir donné cette occasion. C’est ce qui justifie ma présence ici. Je suis venu m’amuser avec mes frères », a lâché un client, Démaho Aziz Kader, entouré de ses amis, la table garnie de bières et de nourritures.

Non loin, la boite de nuit « Avalon » se démarque par son enseigne lumineuse. Le manager Kipré Wilson et quelques gros bras (loubards) attendent les habitués du coin qui généralement s’annoncent à partir de 23H. A côté du bar, un espace plein-air presque vide avec des chaises qui, sous l’effet de la fraîcheur, ont fini par s’incliner.

Marcory Gasoil, il est 23H30. Cet espace de jouvence connu des grands noceurs Abidjanais et surtout des brouteurs, cybercriminels, peine à retrouver son monde. Le bruit assourdissant de la musique n’enlève rien à la détermination des rôtisseuses aux alentours qui expriment leur désarroi.

« Avant, à cette heure-là, j’ai déjà vendu trois à quatre cartons de poissons. Au moins 20 à 30 poulets. Actuellement, je peine à finir un carton de poisson », s’offusque l’une d’entre elle, Brou Ama Laurence.

La commune de Koumassi fait l’exception. Sur la place de l’Espérance au grand carrefour, la jeunesse communale a initié un festival à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance. Placée sous le sceau de la diversité et la cohésion sociale, cette soirée a réuni autour d’un mini-concert les jeunes de la commune. Elle a été précédée dans la journée d’une marche, a fait savoir l’un des organisateurs, Charles Condé.

Grosse surprise à l’abattoir de Port-Bouët. Les amoureux de la viande braisée ont inhabituellement déserté les lieux avant minuit. Presque personne à part le boucher Abdelaziz Dico et quelques clients qui attendent de rentrer avec leur colis.

La commune de Yopougon (Abidjan Ouest) marque la dernière étape de la tournée. Avec sa mythique Rue princesse, cette « cité de la joie » a déjoué les pronostics. Elle est restée fidèle à son ambiance de grand jour. Il est presque 2H du matin, les maquis et les boîtes de nuits grouillent de monde.

Comme, ils s’étaient passé le mot, noceurs, managers et commerçants estiment que la psychose entraînée par la maladie à Coronavirus (Covid-19) a beaucoup joué sur la ferveur du réveillon de la célébration de l’Indépendance.

« Les populations ont encore du mal à sortir à cause du Coronavirus. La mise en oeuvre des mesures restrictives ont changé les habitudes », explique le manger de la boîte de nuit « Avalon », Kipré Wilson, qui comme tous les interlocuteurs ont émis le voeu d’une paix durable et définitive en Côte d’Ivoire.

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