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Côte d’Ivoire/Ces jeunes femmes rurales qui s’offrent l’indépendance financière par l’huile rouge (Reportage)


Sikensi, 01 mai (AIP)- « +Bon+ huile rouge ici », « Tonton, Tantie y a +bon+ huile rouge chez moi » : Hélène, la trentaine révolue, et ses consoeurs vendeuses d »huile de palme naturelle communément appelée huile rouge, parcourent des kilomètres chaque semaine depuis leurs villages, pour mener leurs activités dans la ville de Sikensi (Sud, région de l’Agnéby-Tiassa).

Huile végétale très prisée

Originaires pour la plupart  de Bakanou B, village de la commune de Sikensi,  elles sont une vingtaine qui parcourent une distance d’environ sept kilomètres (Bakanou B) et huit kilomètres (Bakanou A) à bord de taxis communaux pour se rassembler au marché du dimanche situé derrière la mairie de Sikensi.

Elle proposent aux clients, leur produit : une huile végétale très prisée, extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile.

Ce dernier dimanche d’avril 2018, sous un soleil très matinal, Hélène et ses consœurs ont déjà étalé dès marchandises à 7h. En face des bidons de vingt litres, sont disposées les bouteilles d’un litre et un litre et demi remplies du liquide rouge.

Dès qu’elles aperçoivent un client, certaines courent à sa rencontre munies de soupières contenant de l’huile en criant à répétition : « bon huile rouge ici »,  » Monsieur, Madame y a bon huile rouge chez moi ». D’autres restent assises sur les bidons, guettant l’arrivée d’autres acheteurs.

« On ne perd jamais »

Le prix du litre de l’huile rouge de table pour cette période d’affluence de la graine de palme sur le marché est fixé à 600 FCFA, et 400 Fcfa pour l’huile destinée à la fabrication de savon dénommé « kabakrou ». Des prix susceptibles de grimper jusqu’à 1000 Fcfa en août et septembre, période de soudure.

« Ça fait douze ans que je vends (de) l’huile rouge. Grâce au commerce d’huile de palme, j’aide parfois mon mari à régler les problèmes de scolarité de nos trois enfants. Notre première fille est aujourd’hui étudiante à l’Université de Bouaké », raconte Hélène.

La jeune dame exhorte les jeunes filles désœuvrées ou déscolarisées, à s’investir dans ce métier économiquement porteur, les invitant surtout à débuter ce commerce par la vente d’un ou de deux bidons d’huile, avant d’augmenter par la suite leurs commandes, et subséquemment leur chiffre d’affaires.

Pour dame Ossan Melaine, une novice dans la filière, celles qui trouvent difficile la fabrication de l’huile rouge ont la possibilité de se consacrer uniquement à l’achat et à la revente du produit.  » On ne perd jamais, on sort toujours gagnant dans ce commerce « , rassure-telle, souriante.

25.000 à 30.000 FCFA

En cas de bonne fortune, chaque vendeuse, à la clôture du marché, gagne comme bénéfice de 25.000 à 30.000 FCFA, disent-elles, signalant qu’en cas de mévente du produit, elles s’en sortent toujours avec un bonus minimum de 5000 à 6000 FCFA.

D’où l’attachement des femmes de Bakanou B à ce commerce qu’elles pratiquent depuis des décennies.

Le soir tombé, Hélène et ses camarades vendeuses, bidons vides rassemblés, attendent les taxis brousses. La moisson a une fois encore été bonne. C’est l’heure de rentrer au village.

km/akn/tm

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