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DEUX FIGURES CULTURELLES ÉNONCENT LES PRÉALABLES DE L’INDUSTRIALISATION DE LEUR SECTEUR


  24 Juillet      7        Arts & Cultures (1196),

   

Dakar, 24 juil (APS) – L’écrivain Alioune Badara Bèye et le comédien Pape Faye saluent ‘’la réduction considérable’’ des télénovelas dans les programmes de télévision au Sénégal, ce qui doit amener par exemple à davantage ‘’faire revivre’’ jeux traditionnels et langage des instruments traditionnels, dans l’espoir que cela puisse conduire le pays à industrialiser sa culture.

‘’Si la domination mentale est la pire des formes de domination, la plus efficace de toutes les formes de libération, c’est la libération de l’imaginaire. Et c’est cela qui fonde la culture. C’est la raison pour laquelle les hommes de culture ont toujours refusé l’impérialisme culturel’’, écrivent-ils dans une contribution parue dans le rapport annuel 2018-2019 du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

‘’En ce sens, ajoutent MM. Bèye et Faye, nous saluons la réduction considérable des télénovelas brésiliennes et mexicaines dans les programmes de télévision au Sénégal.’’

Alioune Badara Bèye et Pape Faye, tous les deux membres du collège du CNRA, notent avec satisfaction le remplacement des télénovelas brésiliennes ou mexicaines ‘’par des téléfilms sénégalais, réalisés et joués par des Sénégalais’’.

‘’Nous disons juste qu’il faut se battre pour mettre plus de qualité dans la production de ces films, et surtout les orienter davantage vers l’expression des cultures sénégalaises non empruntées. Exclure en cela le mimétisme et les clichés occidentaux, sauvegarder les valeurs transtemporelles de notre pays.’’

MM. Bèye et Faye relèvent toutefois que les médias se doivent de refléter la ‘’diversité des cultures sénégalaises et donner plus de considération à tous les groupes ethnolinguistiques et culturels qui donnent un sens à notre commun vouloir de vivre ensemble’’.

Ils considèrent que ‘’pas plus qu’il n’y a pas de langue minoritaire, il n’y a pas de culture minoritaire’’, une posture qui, selon eux, doit inciter davantage à prendre conscience de la nécessité d’élever ‘’notre niveau de culture’’.

De même appellent-ils à prendre soin des mises en scène dont la plupart sont improvisés.

Alioune Badara Bèye et Pape Faye évoquent par ailleurs la rareté des œuvres historiques dans nos télévisions, assimilée à une sorte de ‘’mépris des valeurs traditionnelles’’.

‘’Les téléfilms sénégalais doivent nous faire revivre les jeux traditionnels (langa-buri, kassak, simb), les danses (goumbé, ndawrabine, bougarabou, etc.), mais aussi le langage des instruments traditionnels (khalam, kora, tama, ndeud, etc.)’’, ajoutent-ils.

Les deux membres du collège du CNRA citent également le ‘’langage des coiffures traditionnelles, ainsi que les astuces de la cuisine sénégalaise, les génies tutélaires de nos fleuves, de nos marigots, de nos monuments, etc.’’

Ils déplorent par ailleurs, dans leur texte intitulé ‘’Place de la culture dans les médias au Sénégal’’, le fait que les grandes œuvres dramatiques sénégalaises ‘’dorment dans les tiroirs de ceux qui aspirent à étouffer les œuvres authentiques’’.

Or, font-ils valoir, la culture ‘’est l’un des leviers les plus importants à actionner pour réhabiliter et relancer l’économie tout en produisant du sens’’, suivant l’exemple qu’ils donnent des Etats-Unis et de la force de l’industrie culturelle de ce pays.

L’industrie culturelle, qui désigne des entreprises produisant des biens dont l’essentiel tient dans leur contenu symbolique (livre, musique, cinéma, télévision, radio, jeux vidéo, tourisme de masse), ‘’est à la croisée des chemins des médias et de la culture’’, observent Alioune Badara Bèye et Pape Faye.

Mais pour atteindre le stade de l’industrialisation de la culture, ‘’il faut une exigence de qualité tant dans la culture des médias dits traditionnels que dans la mondialisation des médias de type nouveau comme l’internet et les réseaux sociaux’’.

‘’La quête de sensations et la propagande ne permettront pas au Sénégal d’exporter sa culture et de produire de la richesse’’, affirment-ils, estimant que l’exigence de productions de qualité, ‘’dans tous les domaines des médias et de la culture est le seul gage de notre crédibilité’’.

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