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Environnement: Agir pour la planète, un défi pressant


Par AMEKOUVO S. Akouétey

Lomé, 03 Oct 2017 (ATOP), – A priori, les changements climatiques constituent un facteur de menaces et de conflits à travers le monde, un enjeu crucial pour le développement durable. Les ouragans Maria, Irma, Harvey, Katia ou le phénomène El Niño ont démontré à suffisance ces derniers mois, l’impact des changements climatiques sur les économies, les populations humaines et les écosystèmes.

La communauté internationale déterminée à mettre fin à la pauvreté, à construire un environnement plus sûr, plus sain et plus vivable partout dans le monde s’est engagée à atteindre à l’horizon 2030, les Objectifs de développement durable (ODD) dont l’Objectif 13 est relatif aux changements climatiques.

Cette ambition des dirigeants du monde s’est également traduite par l’accord de Paris, le dernier traité sur le climat adopté en 2015 avec pour cap de maintenir le seuil d’augmentation de la température au-dessous de 2°C.

Dans un contexte mondial marqué par des crises et des menaces terroristes, les ODD, nouvel agenda politique de développement sont-ils en mesure de combler les attentes en matière de changements climatiques afin d’assurer un avenir durable aux 7 milliards d’habitants de la planète et qui atteindra les 9 milliards en 2050 ?

Les ODD, nouveau « bréviaire » de développement
Nouveau « bréviaire » de développement pour les 15 prochaines années (2015-2030),  les ODD à travers ces 17 objectifs font partie du nouveau programme  de développement post-2015, intitulé « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».

Ces objectifs adoptés par les Nations-Unies en septembre 2015 sont un engagement ambitieux des dirigeants de la planète visant entre autres la fin de l’extrême pauvreté, la lutte contre les inégalités et l’injustice ainsi que la résolution du problème des changements climatiques.

« Avec les ODD, le monde entier s’est engagé dans une dynamique de développement qualifié d’inclusif et universel qui prend en compte les dimensions humaine, sociale, économique et  environnementale », a constaté Nestor Ahiave, coordinateur du Collectif des organisations de la société civile de la région Maritime (COSCREMA).

Sur les 169 « cibles » des 17 Objectifs, l’ODD 13 dédié aux changements climatiques comporte 3 cibles à savoir : le renforcement de la résilience et des capacités d’adaptation aux changements climatiques ; l’intégration des changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales ; l’amélioration de l’éducation, la sensibilisation et les capacités individuelles et institutionnelles.

L’ODD 13, un objectif transversal

L’ODD 13 : « Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions » traduit la volonté des Etats d’inclure des mesures de protection du climat dans leurs politiques nationales tout en mettant l’accent sur la nécessité pour les pays développés de mobiliser des ressources financières pour soutenir ceux en développement afin qu’ils s’adaptent aux changements climatiques.

« L’objectif 13 est transversal et il n’y a aucun secteur qui soit épargné des effets néfastes des changements climatiques », a affirmé Komlan Edou, coordonnateur national du projet 1er rapport biennal du Togo sur les changements climatiques.
Les 17 ODD consacrent trois objectifs (13, 14, 15) aux questions d’environnement et de climat contre un dans les OMD

(Objectifs du millénaire pour le développement) relatif au NO7 : « Préserver l’environnement ».

« L’objectif 13 semble être le pivot de tous les 17 objectifs. Douze des dix-sept objectifs de développement durable impliquent directement l’adoption de mesures contre les changements climatiques », a relevé Kogbé Joseph, directeur exécutif de l’Organisation pour l’environnement et le développement durable (OPEP).

Pour lui, les changements climatiques se retrouvent dans plusieurs secteurs notamment l’objectif 1, relatif à la pauvreté, l’ODD 2 sur l’agriculture, l’ODD 7 sur l’énergie, l’ODD 11 sur les villes et établissements humains et l’ODD 14 portant  sur les océans, mers et ressources marines.

L’ODD 13 et  l’Accord de Paris

L’Accord de Paris sur les changements climatiques est « unique en son universalité », a dit António Guterres, secrétaire général de l’ONU lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, au siège de l’ONU à New York. Cet accord adopté le 12 décembre 2015 en France, à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) est à rude épreuve avec le retrait des Etats-Unis annoncé en juin dernier par son président, Donald Trump qui exprimait ainsi le désir de renégocier un « nouvel accord » dans « des termes justes pour les Etats-Unis ».

Cet accord qualifié par l’ex-secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de « succès monumental pour la planète et ses habitants » fixe un objectif global de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en deçà de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle et si possible à 1,5°C, un seuil déjà synonyme de profonds changements selon les climatologues.

« L’ODD 13 concilie le développement et les changements climatiques. Cet objectif nécessite la mise en œuvre de l’accord de Paris, qui a pour objectif de limiter le réchauffement global », a commenté M. Edou, expert en environnement et changements climatiques.

L’ODD 13 en lien avec le traité de Paris fixe le gap de 100 milliards de dollars à partir de 2020 pour financer des projets permettant aux pays de s’adapter aux changements climatiques ou de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, une vision difficilement atteignable  à cause du « gifle » envoyée par Donald Trump aux 195 pays signataires de l’accord de Paris.
Malgré ce revirement, « Les Nations Unies s’engagent à aider tous les Etats membres à mettre en œuvre l’Accord de Paris et le Programme 2030 », a rassuré M. Guterres.

Agir aujourd’hui, une solution efficace

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) la planète s’est déjà réchauffée par le passé, mais jamais aussi rapidement; et cela est dû aux activités humaines. « L’ambition de limiter l’élévation des températures mondiales à moins de 2°C ne saurait être atteinte que si tous les pays et tous les secteurs de la société agissent maintenant, dans l’intérêt de tous », ont souligné les experts.

A les en croire, agir aujourd’hui, semble être la solution pour être à l’abri des prévisions des scientifiques notamment l’augmentation de la température moyenne sur la terre, l’élévation du niveau des mers avec pour conséquence la fonte des glaciers, le déplacement des populations, les difficultés à se procurer de l’eau et de la nourriture à cause de l’augmentation de la sécheresse et des catastrophes naturelles.

D’après eux, agir pour l’humanité nécessite des actions simples. « Généralement, nous disons qu’il faut faire des gestes éco-citoyens.  Dans nos maisons, lorsque vous avez votre lumière allumée, la simple chose à faire c’est de l’éteindre en sortant.

Donc, le fait  d’éteindre sa lumière, ventilateurs, climatiseurs ou encore fermé les robinets d’eau quand on sort de sa maison, sont de petits gestes que chacun peut faire. Ces actes peuvent contribuer à faire beaucoup d’économie non seulement  pour faire face aux changements climatiques mais aussi économiser de l’énergie », a expliqué le directeur exécutif de l’OPEP, M. Kogbé.

Selon le chef de l’ONU : « Il n’y a plus de doute. L’activité humaine provoque un réchauffement planétaire dangereux. Ce n’est pas une question d’opinion. Les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Il est clair qu’il faut agir».

Agir pour la planète, un défi international pressant

Tous les indicateurs du réchauffement climatique sont au rouge selon les données du National Climatic Data Center (NCDC) américain. Les données montrent que le premier trimestre de l’année en cours est en effet le deuxième plus chaud jamais enregistré, à moins de 2/10ede degré Celsius derrière les trois premiers mois de l’année 2016.

Pour le GIEC, « tous les indicateurs sont, et demeurent, au rouge. Chaque jour, la perspective s’éloigne un peu plus de pouvoir conserver le climat terrestre sous la barre des  2°C d’augmentation de la température moyenne, par rapport à l’ère préindustrielle ».

Agir pour la planète devient un défi pressant et urgent. La France à l’avant-garde de cette lutte propose un projet de Pacte mondial pour l’environnement, énonçant l’ensemble des droits fondamentaux en matière environnementale et les grands principes constitutifs du droit de l’environnement devant guider l’action des Etats parties. Ce Pacte sera au cœur d’un nouveau sommet sur la lutte contre le réchauffement climatique, le 12 décembre prochain, deux ans après l’accord de Paris.

« Il est temps de passer à l’action pour que les changements climatiques ne constituent plus une menace pour la paix et la prospérité et aussi pour les Objectifs de développement durable (ODD) », au dire du secrétaire général de l’ONU.

La COP 23 à Bonn (Allemagne) du 6 au 17 novembre prochain donnera de nouveau, l’occasion aux dirigeants du monde d’affiner les stratégies et de prendre d’autres engagements pour renforcer la riposte mondiale.

De facto, les ODD accordent une place de choix aux changements climatiques. De nombreuses actions menées au titre de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques et de l’accord de Paris concourent aux ODD. Ceux-ci représentent une formidable occasion pour souligner la nécessité de changer radicalement la manière dont l’Homme répond aux besoins mondiaux dans sa volonté de construire un avenir prometteur.

Si rien n’est fait à tous les niveaux, les changements climatiques risquent de réduire à néant les gains de développement acquis au cours des deux dernières décennies du fait de phénomènes météorologiques de plus en plus nombreux et intenses comme les sécheresses, les inondations et les tempêtes.

En conséquence, la réalisation des ODD notamment le point 13 sera presque impossible si la température moyenne mondiale augmente de plus de 2 °C.

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