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Gabon: Jugées pour outrage public aux bonnes mœurs, les deux individus de Makokou libérées


  21 Novembre      14        Divers (1120),

   

Libreville, le 21 Novembre (AGP) – Poursuivi pour outrage public aux bonnes mœurs, un couple de lesbiennes qui a été arrêté le 9 novembre dernier après avoir organisé des fiançailles dans un quartier de Makokou, capitale provinciale de l’Ogooué-Ivindo dans le Nord-est du Gabon, a été libéré au lendemain de leur procès tenu le jeudi 19 novembre écoulé. Le tribunal les a condamnées à quatre-vingt-dix jours de prison assortis d’un sursis de quatre-vingt jours. Mais, cette peine a été largement couverte par la durée de la détention préventive, soit dix jours.
Fait inhabituel aux abords du tribunal de première instance de Makokou, ce jeudi 19 novembre 2020, aux premières heures de la matinée. Curieux et parents, qui ont fait le déplacement pour suivre le ‘’procès contre l’homosexualité’’, n’ont pas vraiment été satisfaits. Beaucoup n’ont pu accéder à la salle d’audience en raison des mesures barrières prises pour la circonstance. Les agents de la sécurité pénitentiaire dépêchés au tribunal sont intransigeants: «il n’y a pas de places à l’intérieur», lance un d’eux. Mais les gens continuent à affluer pour assister à ce procès considéré comme celui qui aura beaucoup marqué les Makovistes (habitants de Makokou) ces dernières années.

En effet, de commentaires ont été faits depuis l’interpellation de ce couple. «Pourquoi les arrête-t-on? Pourtant ils ont dépénalisé l’homosexualité», pouvait-on entendre. D’entrée, le président du Tribunal, Florence Sanzi tient à lever l’équivoque. Il ne s’agit pas d’un procès contre l’homosexualité, mais le couple est poursuivi pour le délit d’outrage public aux bonnes mœurs qui est prévu et réprimé par l’article 212 du code pénal.

Patricia Anzele, agent municipal, 47 ans, entretient de relations amoureuses depuis plusieurs mois avec Catherine Benga Obaghé, 27 ans et mère de deux enfants. Le couple et les deux enfants vivent ensemble chez Patricia. Consciente de n’avoir pas fait d’enfant depuis sa naissance et informée que sa partenaire Catherine, est enceinte, Patricia décide d’organiser les fiançailles avec pour objectif l’adoption de l’enfant que porte Catherine. Ainsi, une organisation est mise en place. Le mari, Patricia rassemble une somme de 200.000 FCFA, deux pagnes et un whisky qui constituent des présents à aller remettre à la mère de Catherine. Pour le faire, elle associe son ainé Guy-R Minsoko qui va jouer le rôle d’orateur. C’est d’ailleurs lui qui va fixer l’anneau sur le doigt de sa belle-sœur Catherine. La cérémonie qui se déroule au bord de la route attire grand monde. Les images sont prises et postées sur les réseaux sociaux. Les commentaires de presse suscitent indignation et condamnation.

Or, durant l’audience, on a découvert que Catherine ne portait aucune grossesse. Les échographies réalisées par le gynécologue n’ont rien révélé. C’est dans ce cadre que le ministère public, garant de l’ordre social, poursuit le couple pour délit d’outrage public aux bonnes mœurs et les deux parents notamment Guy-R Minsoko et dame Pauline Ada Ndong, mère de la mariée pour complicité d’outrage public aux bonnes mœurs.

Tenant aussi à mettre en lumière les raisons de cette incarcération, le procureur de la République, Euphrasie Ayemingui dénonce la publicité faite autour de cette débauche avant de requérir six mois, dont un ferme pour le couple et douze mois avec sursis et 200.000 FCFA d’amende pour les parents. Ces sanctions, selon elle, devraient permettre de ramener la sérénité dans la société.

Au terme du délibéré, le couple homosexuel n’a écopé que de dix jours d’emprisonnement. En effet, le tribunal l’a condamné à quatre-vingt-dix jours de prison assortis d’un sursis de quatre-vingt jours pour outrage public aux bonnes mœurs. Ce qui correspond à la durée de sa détention préventive. Les deux femmes ont été libérées le lendemain vendredi. Tandis que dame Pauline Ada Ndong, mère de la mariée et Guy-R Minsoko, frère de ’’l’époux’’ ont écopé de quatre-vingt-dix jours avec sursis. On ne sait pas si cette relation empreinte de mensonges va se poursuivre avec la même intensité du fait que la grossesse mise au centre n’a jamais existé.

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