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Gabon/Gouvernement : Le vice-Premier ministre sur les chantiers de Mayumba


  1 Décembre      19        Société (41020),

   

Libreville, 1er Déc. 2022 (AGP) – La délégation gouvernementale, conduite par le vice-Premier ministre, Alain-Claude Bilié-By-Nzé, a visité mardi dernier les chantiers achevés, en cours et d’autres abandonnés depuis des décennies à Mayumba, le chef-lieu de la Basse-Banio dans la province de la Nyanga (Sud-ouest), en prélude à une visite du président de la République. Reportage.

Après l’accueil des autorités administratives à l’entrée de la ville, la délégation gouvernementale a mis le cap sur le lycée Jean-Baptiste Moandat, seul établissement secondaire de cette île pris entre la lagune Banio et l’océan Atlantique. Là, les 530 élèves ont réservé un accueil chaleureux au vice-Premier ministre, Alain-Claude Bilié-By-Nzé et sa suite. Ce lycée, qui a connu des travaux de réfection, s’est présenté sur son meilleur bleu et blanc, arboré aussi par les tenues scolaires.

Malgré sa cure de jouvence, l’établissement où la plupart des élèves ont un smartphone ou une tablette, pour ne rien manquer de l’événement inhabituel, manque d’internet, coupé depuis quelques années. Du coup, la salle multimédia où une dizaine d’ordinateurs sont encore en bonne place est devenue la salle des profs. Les toilettes rénovées ne sont pas non-plus utilisées faute d’eau.

Le lycée, qui caracole en tête des résultats scolaires, rivalisant avec celui de Moabi a fait 100% au bac et au BEPC l’année scolaire passée. Mais, il manque d’enseignants notamment de mathématiques.

Le vice-Premier ministre, en charge de l’Energie et des Ressources hydrauliques qui a visité par ailleurs les installations de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) a donné des instructions pour remédier au problème. La ville entourée d’eau salée et saumâtre se ravitaille en eau dans deux sources, situées l’une à cinq et 2,5 kilomètres.

Autres temps forts de cette visite, l’aéroport de Mayumba. L’aérogare, plus majestueux que celui de la capitale provinciale, Tchibanga est abandonné dans de hautes herbes. La présence d’un hélicoptère neuf témoigne toutefois de l’activité des pétroliers dont les forages sont au large.

Le maire de la ville, désolé, a fait savoir que les ressources de la mairie, grevées par le débroussaillage et la collecte des ordures ménagères, ne suffisent pas à garder la ville propre. Le centre des métiers ruraux et le futur centre médical, des chantiers, abandonnés depuis plusieurs années, offrent le même décor.

C’est au centre de pêche, situé sur la rive droite de la Banio où d’autres motifs de satisfaction des membres du gouvernement ont été observés. La structure, qui dispose d’une chambre froide et d’une pondeuse à glace, est en finition. Nombreux sont ceux qui, comme Donald, un administratif, espère voir le prix du poisson maîtrisé. «Ici, malgré toute l’eau qui nous entoure, il est difficile de manger le poisson si vous ne prenez pas 30 kilos», se plaint-il, expliquant que les mareyeuses (revendeuses), pour la plupart femmes de pêcheurs, achètent le kilo à 1300 F CFA, mais le revendent à 2300 F. Elles privilégient les clients qui viennent d’ailleurs, notamment de Libreville. Malgré les pêcheuses d’huîtres et de langoustes, des autochtones qui gardent une tradition séculaire, les activités de pêche ‘‘Mayes’’, sont maîtrisées sur toute la chaîne par des étrangers (Nigérians et Béninois, entre autres.)

Les fonctionnaires boudent en général la cherté de la vie, le manque de taxis, dans la cité «boueuse», qui manque aussi de pressing et où il est donc difficile de se mettre sur son 31 tous les jours.

Les eaux riches en poissons sont aussi convoitées par des pêcheurs angolais. Il y a plusieurs semaines, nombreux ont été arraisonnés par la marine nationale. La visite de leur nouveau camp, encore en chantier, situé au quartier dit Office, a fière allure. L’officier, qui a reçu la délégation sur le chantier à la tombée de la nuit, a dit que les marins y ont hâte d’y aménager, car «l’actuel camp exposé aux vents marins, coule de partout et est devenu inhabitable».

Loin donc, de l’image de carte postale qu’offrent l’océan Atlantique, de son bleu turquoise et la majestueuse lagune Banio, que surplombe le pont route-rail de plus de 530 mètres, l’espoir des ‘‘Mayésiens’’, est sur la promesse d’un port, pour voir cette merveille de la nature sortir de sa torpeur.

Interrompue dimanche en raison du Conseil des ministres de lundi, la caravane gouvernementale a quitté Mayumba pour Moabi mercredi. Sur son chemin, elle a constaté un chaînon manquant de bitume sur 5 km à la sortie de la ville. La route qui relie Tchibanga à Mayumba risque aussi d’être coupée sur plusieurs km plus loin, par les fortes pluies, faute d’ouvrages d’art, notamment de drainage des eaux.

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