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Gabriel Okoundji pour un Congo réel et unis par ses langues locales


  30 Mars      45        Arts & Cultures (2293), Livres (272),

   

Brazzaville, 30 mars 2017 (ACI) – L’écrivain congolais, M Gabriel Okoundji s’est prononcé, à Brazzaville, pour «un Congo réel et unis par ses langues locales», au cours d’une conférence sur la thématique «Pays réel(s), pays rêvé(s) : l’impossible terre d’encre», faisant l’objet d’un débat sur la question d’appartenance à une terre.

«Le Congo a le devoir de se réapproprier son identité, autrement il mènera à une incertitude», a-t-il indiqué au cours du débat, avant d’exhorter  à prendre « soin de qui nous sommes, autant que possible».

Au cours de cette conférence animée conjointement avec son confrère Haïtien, M. Orcel Makenzy, il s’est interrogé sur la situation réelle du Congo par rapport à son histoire et à son avenir, relativement au désintéressement des jeunes et de certains parents vis-à-vis des patois.

Selon lui, «les langues maternelles forment l’unité du Congo. Elles sont la représentation du génie de nos ancêtres. Elles rehaussent de leur sève la langue française». Il a ajouté que «celui qui oublie sa culture entrave gravement la marche de l’humanité».

Deux sous thèmes  ont été  développés, à savoir «Cosmogonie(s) imaginaire(s) : y a-t-il encore une culture congolaise ?» et «Haïti, pays rêvé, pays réel».  Définissant le concept «cosmogonie», M. Okoundji la conçoit comme une façon de voir le monde.

Selon lui, le monde  est ce lieu d’échange permanent où chacun doit participer à l’édification en apportant ce qui fait son identité culturelle. L’élément majeur de cette identité se trouve être la langue maternelle, a-t-il souligné.

De son côté, l’écrivain haïtien Oracel Makenzy exposant sur la deuxième perspective, «Haïti, pays rêvé, pays réel», a situé le public sur ce qu’il fallait entendre à travers ce sous thème. Pour lui, le «pays rêvé» renvoie au pays de la littérature et à cette terre où l’on rêve de vivre, c’est-à-dire le pays de l’imaginaire. Le «pays réel», quant à lui, se définit comme celui où l’on peine pour vivre.

De l’avis de l’écrivain, ce pays amène à penser à Haïti, dont l’indépendance, chèrement acquise, a été souillée par l’action des politiques haïtiens et des puissances étrangères, notamment les Etats-Unis d’Amérique.

Haïti des cataclysmes, des drames et de la misère sociale, est ce pays réel dont la vie est constamment évoquée par ses écrivains, aussi bien de la diaspora que ceux restés sur place, comme Makenzy Orcel.

«Je n’écris pas pour changer le monde.  Mon écriture consiste à faire entendre, par la force de la fiction, la voix du quotidien d’un pays rêvé ou réel», a-t-il confié au cours de l’échange.
Cette conférence a été animée à l’ouverture de la 1ère édition du Festival International du Livre et des Arts Francophones (FILAF) organisé sur le thème principal «Ecriture(s), histoire(s) et réel(s) : Quelles frontières ?».

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