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Grand Kallé reste immortel, 38 ans après sa mort le 11 février 1983 (Par Arthur Kayumba)


  10 Février      16        Société (29308),

   

11 février 1983 – 11 février 2021, il y a 38 ans depuis que le chanteur, auteur-compositeur congolais Joseph Kabasele Tshamala dit «Grand Kallé» ou «Kallé Jeff» quittait la terre des hommes à l’âge de 53 ans la terre des hommes. En mémoire de ce père fondateur de la musique congolaise moderne, Kinshasa la métropole, qui l’a vue évoluer depuis son jeune âge, voit fuser de partout des voix qui s’élèvent en faveur d’un carnaval «Kallé Jeff »dont le fondement se voudrait assorti des rythmes de la salsa, de la rumba et du folklore des deux Congo et des Caraïbes.

Joseph Kabasele Tshamalaa marqué d’une pierre blanche l’histoire musicale de la RDC voire aussi son histoire politique. Car, aujourd’hui, l’une de ses chansons intitulée «Indépendance Cha Cha», composée à l’occasion de la Table ronde de Bruxelles, un tremplin pour l’accession de la République Démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale, est devenue non seulement l’hymne de son pays mais également de plusieurs autres Etats africains lors de leurs fêtes nationales.

Le nom de Kallé Jeff, fait-on savoir, est indissociable de la musique congolaise moderne dans la mesure où il reste une personnalité de tout le temps inscrite dans les annuaires de tous les musées et les conservatoires du monde, ainsi que de partout où l’on évoque l’histoire politique et artistique de la RDC.

Carrière artistique harmonieuse

Né le 16 décembre 1930 à Palabala, près de Matadi, dans la province du Kongo Central, Kabasele Tshamala passe le reste de sa vie à Léopoldville (actuelle ville de Kinshasa), où ses parents se sont installés quelques jours seulement après la naissance du « Petit Joseph». Comme beaucoup d’enfants de son âge, il débute ses études primaires à l’Institut Saint Joseph (Collège Elikya), avant de poursuivre son cursus normal à l’Ecole moyenne Saint Raphaël dans la commune de Limete.

Comprenant ses talents, alors que lui-même l’ignorait encore, la chorale de son école le récupère. Pour cause d’écarts de conduite, Kabasele Tshamala et ses quelques amis sont renvoyés de l’école. C’est de là que Kabasele embrasse la vie professionnelle, où il fut utilisé comme sténodactylographe, un métier qu’il a bien appris à l’Ecole moyenne St Raphaël (ECOMORAPH).

Entretemps, la musique se réveille en lui. C’est ainsi qu’en 1951, il décide alors de créer African Jazz, après avoir accompagné le guitariste Zacharie Elenga dans la réalisation de ses différentes chansons sous le label de la Maison Opika de Moussa Bénathar. Mais, il a fallu attendre encore deux ans pour que l’orchestre African Jazz démarre effectivement ses activités. En 1953, Kallé, avec sa formation musicale, connait un succès grâce aux chansons telles que «Nzelamosika», «Parafifi» ou encore «African jazz».

Quelques années plus tard, la scène musicale congolaise est secouée par la montée en puissance de l’Ok Jazz. Franco et ses amis conquièrent les cœurs des mélomanes kinois et gagnent aussi du terrain. Kallé, de son côté, se sent embarrassé surtout avec la décision de Moussa Bénathar d’abandonner les activités liées à l’édition musicale.

Face à cette situation, Kalle Jeff passe du côté de la Maison d’édition Esengo. Malgré cela, Ok Jazz a toujours le dessus. L’année 1960 a été plus salvatrice pour l’orchestre African Jazz avec l’invitation à participer aux travaux de la Table Ronde de Bruxelles.

D’où la composition et l’interprétation des célèbres chansons «Table Ronde» et «Indépendance ChaCha», indique Jean Pierre François NimyNzonga dans sa publication intitulée «Dictionnaire des immortels de la musique congolaise moderne».

Profitant du séjour bruxellois, Kallé noue de bons contacts pour relancer les activités du groupe. Surtout que Kabasele Tshamala et son African Jazz ont laissé bonne impression durant le déroulement des travaux de la Table Ronde, poursuit la même source.

Ils ont presté sur plusieurs sites durant cette courte période passée en Belgique. Kallé fait alors son entrée à la Maison d’édition « Decca-Fonior »via sa représentation à Léopoldville, l’Edition congolaise du disque (ECODIS). En 1961, le chanteur congolais décide finalement de mettre en place ses propres éditions musicales baptisées «Surboum African Jazz».

Ses premiers enregistrements avec cette nouvelle Maison d’édition sont entre autres «Bamonakiyo na Usumbura», «Jamais Kolonga», «Lolo Brigida», etc. Ont participé à ses réalisations depuis la Belgique: Tino Baroza, Edo Clary Lutula, Roger Izeidi, et le saxophoniste camerounais Manu Dibango. Ce, après le départ de Vicky Longomba, Nico Kasanda, DéchaudMwamba et autres.

Pendant cette période, le succès de «Surboum African Jazz» est total, rapporte-t-on, de certains témoignages qui ajoutent en même temps que l’apport de Franco LuamboMakiadi et de son OK Jazz a été non négligeable. Généralement le succès mal géré occasionne la chute. C’est pratiquement ce qu’a connu Kalle Jeff. En 1963, celui-ci est resté seul. Ses copains ont décidé de quitter le groupe et vont créer l’orchestre African Fiesta.

Loin d’être fatigué, Grand Kallé tente avec succès de réveiller son orchestre African Jazz avec surtout l’acquisition d’un instrument de musique lui offert par un grand mécène de l’époque à savoir Jean Foster Manzakila. Kallé recrute alors ses nouveaux lieutenants, notamment Jeannot Bombenga, Papa Noël Nedule, Matthieu Kuka, RollyNsita et les autres. Véritable essor ! Ils sont passés de succès en succès pendant plusieurs années avant que la flamme ne s’éteigne.

Ambassadeur de la RDC partout où il est passé, KabaseleTshamala a particulièrement jeté un pont entre la RDC et Cuba. Ces deux pays se reconnaissent mutuellement par la musique. Aujourd’hui le peuple cubain, qui a vécu cette belle époque, reste très attaché à la musique de Grand Kallé et reconnait ses capacités artistiques, essentiellement d’un chanteur attitré.

Chaque année, les Cubains se souviennent de lui à travers des manifestations organisées à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, renseigne certaines sources. Voilà pourquoi 38 ans après sa mort, Grand Kallé reste toujours immortel.

Décédé le 11 février 1982 à Paris, le patron de l’orchestre « African Jazz » est considéré comme le père de la « Rumba congolaise moderne » et le premier Congolais à avoir monté un groupe musical dans sa forme actuelle.

Tout compte fait, Grand Kalléqui demeure immortel grâce à ses nombreuses œuvres musicales mythiques avait accueilli de nombreux musiciens de renom tels que Pascal SinamoyiTabuLey, Jeannot Bombenga, Nico Kasanda, Manu Dibango et autres. Il figure parmi les précurseurs de la rumba congolaise.

KabaseleTshamala surnommé Kallé Jeff a pu, en son temps, imprimer une note de modernité à la musique congolaise par son style voici plus d’une vingtaine d’années.

Kallé était une grande star de la musique congolaise dans les années 1950. Cet artiste talentueux par son savoir-faire a hissé haut la musique congolaise jusqu’à Cuba. En lui seul, il s’illustre en précurseur de la musique congolaise moderne.

LuamboMakiadi de son vivant, et TabuLey Rochereau n’ont pas hésité au cours d’une chanson posthume dédiée à l’artiste, de désigner Kabasele comme le « précurseur de la musique zaïroise moderne » (ndlr : congolaise moderne). Et plusieurs écrits soutiennent cette vérité entre autres de feu général Michel Lonoh, dans son ouvrage consacré aux pionniers de la musique congolaise.

Cette musique africaine, à la croisée des chemins entre les traditions musicales populaires et les modernités, comme le souligne le général LonohMalangi, à l’époque, est raffolée par les mélomanes d’Afrique, de l’Europe et d’Outre-mer. De la musique de griot, il a apporté une version orchestrale et il a donné l’impulsion à une école de la musique congolaise dont plusieurs stars congolaises se réclament.

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