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La Côte d’Ivoire engagée pour une meilleure prise en charge du cancer (Dossier)


  12 Novembre      5        Société (25116),

   

Abidjan, 10 nov 2020 (AIP)- A la faveur de la pandémie de Covid-19, le développement des activités de télémédecine a connu une accélération dans le but de réduire les risques d’infection et ainsi les risques de fragiliser les personnes déjà sensibles. En cancérologie, la pratique de la télémédecine a pris tout son sens. Un soulagement pour les malades du cancer dont la durée des fréquentations des hôpitaux est longue. Pour ces derniers, « le prendre soin » joue un rôle capital dans la prise en charge.

La téléconsultation en cancérologie, le nouveau-né du CNRAO

Lancée officiellement le 28 septembre 2020, le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) dispose désormais d’un service de téléconsultation en cancérologie.

Cette initiative est une avancée majeure dans la prise en charge du Cancer en Côte d’Ivoire. Elle s’inscrit dans le plan global de riposte de l’Etat ivoirien à l’infection à coronavirus.

« Les malades du cancer sont exposés à des formes graves de Covid-19 et ont dix fois plus de risques d’en décéder. Il a été démontré que quand quelqu’un a un cancer, il a quatre fois plus de risques d’être hospitalisé s’il a une infection à Covid-19.. Il a plus de risques de faire des complications respiratoires surtout à cause de la chirurgie et de la chimiothérapie », a fait savoir la directrice du CNRAO, Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly.

Sur la plateforme www.cnrao.uvci.edu.ci, le patient a la possibilité de prendre un rendez-vous en ligne en choisissant le médecin, le jour de consultation et la tranche horaire de consultation qui lui convient dans la limite des tranches horaires disponibles. A quelques heures du rendez-vous de la téléconsultation, le patient recevra, au besoin, du crédit internet afin de faciliter la téléconsultation.

Le « dossier patient » n’est pas transmis en ligne pour des questions de confidentialité et de secret professionnel. Pendant la téléconsultation, le médecin a ce dossier physique établi au CNRAO et le remplit comme si le patient était en face de lui. A la fin, le service informatique procède à la numérisation des prescriptions signées par le médecin et les transmet au patient.

Pour la directrice du CNRAO, la téléconsultation a permis au CNRAO d’augmenter le confort de certains de ses patients. « Avant ils se déplacent de manière systématique. Aujourd’hui ils peuvent rester chez eux et voir leur médecin, faire la même chose sans se déplacer », dit-elle.

Pour le médecin, rien n’a changé sur le plan médical et technique. En face de son ordinateur, il a le dossier de son patient comme s’il était en présentiel. Mais sur le plan moral, il est satisfait de voir que son malade est confortablement installé à la maison.

« Plus de 50% des consultations en cancérologie, c’est pour présenter des résultats ou faire des surveillances ou encore des vérifications des résultats d’examens. C’est vraiment avantageux pour des personnes qui doivent se déplacer trois fois dans le mois. On fait la même chose en téléconsultation comme une consultation normale », signifie Pr Didi-Kouko.

Les consultations en présentielle ne sont pas annulées parce qu’il y a toujours des situations où les médecins ont besoin d’examiner les patients, par exemple les premières consultations.

La téléconsultation, un soulagement et un gain pour les malades du cancer

« J’ai utilisé le service de la téléconsultation dans un contexte de Covid-19 et cela m’a avantagé vu que j’étais affaiblie. Je n’avais pas la nécessité de me déplacer et cela me convenait. J’ai eu une consultation agréable et pratique », témoigne une patiente du CNRAO, Solange Amoikon.

Elle se réjouit de l’avantage d’échanger avec le médecin traitant et du « peu d’économie » qu’elle réalise au niveau du transport. « J’encourage les autres patients à vraiment faire confiance à ce service », recommande-t-elle.

Atteint du cancer de la prostate, Balou Sylvain (né en 1944) a été conseillé par sa fille à utiliser ce nouveau service du CNRAO. « J’avoue que je suis satisfait surtout pour nous qui habitons hors d’Abidjan. La téléconsultation nous évite les déplacements de Gagnoa à Abidjan », se réjouit-il.

Ouattara Louise, en fonction à Ouangolodougou (plus de 600 km au Nord d’Abidjan) est suivi au CNRAO pour un cancer du sein. Elle a utilisé la téléconsultation dans le cadre de la présentation des résultats de son examen de contrôle.

« J’ai vécu une belle expérience. Si je devrais me déplacer, j’allais prendre une permission d’au moins trois jours pour aller à Abidjan, payer la consultation et présenter ces résultats. C’est avec beaucoup de joie quand on m’a informé que je pouvais le faire sans me déplacer », explique-t-elle.

En cancérologie, « il faut prendre soin et non soigner » (Pr Didi-Kouko)

Découvert tôt le cancer du sein peut se guérir dans neuf cas sur dix et l’ablation du sein n’est plus une obligation. Pour y arriver, il faut un plateau technique, des acteurs de la prise en charge, coordonner la décision et sécuriser la décision de traitement.

« Lorsque nous sommes en face d’une maladie telle que le cancer, il faut prendre soin et non soigner. Soigner c’est mettre en œuvre des traitements qui permettent de détruire la maladie. Mais lorsqu’on est en face d’une maladie comme le cancer qui génère de l’angoisse, angoisse au moment du diagnostic, angoisse au moment de l’annonce du traitement. Face à cette angoisse, le prendre soin prend toute son importance et son intérêt », signifie Pr Didi-Kouko.

Il y a des moments où ces malades du cancer ne croient pas à ce que les médecins leur disent. Il faut bien que des personnes viennent témoigner pour les aider à aller de l’avant. Il y a également des situations où des effets secondaires ne peuvent pas être forcément prévenus ou soignés par des médicaments. Il y a des difficultés au niveau de l’image du corps, de fois les ongles qui changent de couleur, les cheveux qu’on perd, la peau qui s’abîme.

« Il faut que nous puissions dire qu’il y a une solution. C’est tout l’intérêt de faire une équipe. C’est tout l’intérêt de pouvoir appeler des expertises qui sont peut-être extérieures à la médecine conventionnelle mais qui ont leur place dans le prendre soins des personnes touchées par le cancer », soutient-elle.

Le CNRAO a sollicité et obtenu du ministère de la Santé et de l’Hygiène, une unité d’accompagnement, afin d’avoir des experts pour apporter ce plus aux personnes touchées par le cancer que la médecine conventionnelle n’apporte pas.

« La vision du CNRAO c’est d’offrir une prise en charge globale aux personnes touchées par le cancer tant au niveau de la maladie que de l’aspect physique. Pendant la chimiothérapie, l’aspect physique change. Le bénéfice, c’est de pouvoir permettre à ces personnes de pouvoir rester belles, avoir un mieux-être pendant leur traitement », relève pour sa part la trichologue, spécialiste en soins capillaire, Pr Nanga Edwige.

L’unité d’accompagnement du CNRAO comprend des services de psychologie, d’esthétique, de gymnastique, de natation ainsi qu’une assistante sociale et une kinésithérapeute. Les activités d’accompagnement ont enregistré 809 participations aux différentes activités en un an.

« Cet accompagnement est une innovation dans un hôpital public d’Afrique Subsaharienne. Le CNRAO est le premier hôpital public de l’Afrique Subsaharienne qui a une cabine d’esthétique entièrement équipée pour prendre soins gratuitement des patientes. Les activités d’accompagnement sont destinées à tous les malades du cancer et sont entièrement gratuites. Vous n’êtes pas obligés de changer d’hôpital », fait savoir Pr Didi-Kouko.

La vie avec le cancer

Mme Coulibaly Awa, coach de sport au CNRAO : « c’était le début d’un combat et j’allais le gagner »

« Dès que j’ai senti une boule dans mon sein, je suis allée me faire consulter. On m’a rassuré que c’est juste une boule de graisse, ne vous inquiétez pas. Six mois après, j’ai appris qu’une de mes amies proche était atteinte du cancer du sein et j’ai décidé de faire à nouveau un examen pour être encore plus rassurée étant donné que je suis déjà au CNRAO. On m’a recommandé une biopsie. J’étais tellement rassurée que quand on m’a donné mes résultats, j’ai moi-même ouvert l’enveloppe et là on me dit que la biopsie est positive donc j’ai un cancer du sein.

Je me suis assise j’ai commencé à pleurer. Le monde s’écroulait autour de moi. Ma première question : pourquoi moi ? Directement, je me suis projetée au stade terminal du cancer. Pendant que j’étais en train de pleurer, j’ai revu les malades que j’encadrais ici au centre, j’ai revu leur joie de vivre et je me suis me dis : ce n’est pas la fin du monde et je vais me battre. Après avoir dit, ça je me suis senti 100 fois mieux. Pour moi, c’était le début d’un combat et j’allais le gagner.

Dans cette disposition d’esprit, j’ai convoqué mon mari et mes enfants et je leur ai expliqué le mal dont je souffrais. Je pense que le fait de me voir calme et déterminer, ça leur permis d’accepter que je sois malades et que j’allais guérir. Il fallait guérir pour eux, pour mes petits-enfants.

Je remercie tout le personnel du centre, ils ont été disponibles. Professeur Didi-Kokou a pris le temps de rencontrer mon mari et lui a expliqué le traitement que j’allais suivre. Aujourd’hui je finis ma chimiothérapie, j’attaque la radiothérapie. Tous les jours que Dieu fait, je célèbre la vie. Le cancer du sein n’est pas une fatalité, on en guérit et nous en guérirons ».

Rosalie Adingra, atteinte du cancer du sein depuis 2018 : « il y a des mots que nous ne voulions même pas prononcer »

« Quand je suis arrivée au centre… je vous assure qu’il y a des mots que nous voulons même pas prononcer dans notre vocabulaire. Le cancer et moi, ça été le cas. Quand j’ai appris que j’étais atteinte du cancer, j’étais atteinte physiquement, psychologiquement et émotionnellement. Et dans mon vocabulaire, je n’avais même pas envie de prononcer ce mot. Mes sœurs et moi quand on en parlait on disait « la chose ». J’ai commencé à pleurer, à me détruire, c’était difficile. Difficile au début. Je suis venue au centre, j’ai commencé les soins et je me disais: une femme sans son sein qu’est ce que je vais devenir ? C’était difficile.

Par la grâce de Dieu, j’ai eu la chance de rencontrer Professeur Aka, le groupe de parole, qui m’a vraiment aidé à me reprendre, à reprendre espoir. Après la première réunion du groupe de parole, je me suis dit dans cette adversité je ne suis pas seule. Il y a des personnes, on se dépasse dans la rue, on ne sait pas quels sont leurs problèmes, quels sont leurs défis, quelles sont les épreuves qu’elles traversent ?

Merci aussi à mes parents qui m’ont soutenu et cette nouvelle famille que j’ai eu ici au centre. Merci à Professeur Aka et son équipe. Vous m’avez donné espoir, la force de prendre vie. Je ne savais pas combien de fois je pleurais par jour, mais aujourd’hui je ne me rappelle même pas de la dernière fois où j’ai pleuré ».

Le CNRAO envisage d’exploiter davantage la télémédecine dans d’autres secteurs pour améliorer le confort de ses patients dans la prise en charge. Son activité dénommée « Le vendredi de l’information » qui regroupe plus de 100 personnes, sera transformée en télémédecine.

« On a des demandes pour éventuellement donner des avis dans des pays où il n’y a pas forcément de cancérologue. On envisage vraiment de développer cet aspect de télémédecine surtout que c’est quelque chose qui nous est recommandé par le ministère de tutelle », indique la directrice du CNRAO, Pr Didi-Kouko.

(AIP)

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