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La guitare « Mi composé » de l’artiste musicien Déchaud Mongala en passe de l’oubli


  6 Janvier      10        Arts & Cultures (1398),

   

Kinshasa, 06 janvier 2021 (ACP).-Les « Amis de Dr Nico » ont déploré, mardi, à Kinshasa, la disparition de la guitare Mi-composé, une créativité de l’artiste Charles Mwamba wa Kabamba alias Déchaud Mongala, sur la scène musicale congolaise ayant fait des merveilles dans les répertoires de plusieurs orchestres de Kinshasa et de Brazzaville.
Ceux-ci se sont exprimés, à l’occasion du 22ème anniversaire de sa mort, relevant la quintessence et l’innovation dans cette guitare qui constitue une valeur ajoutée parmi les instruments utilisés dans la musique congolaise moderne.

Dans le même ordre d’idées, le chroniqueur musical Jeannot Diop ne Nzau releve que Déchaud, l’inventeur du Mi-composé, a remplacé le quatrième fil de sa guitare par un mi mineur pour jouer à la fois avec deux fils « mi » sur la même manche de la guitare. Ainsi adopté par tous les guitaristes accompagnateurs du style African Jazz, cette guitare a été exploitée en dépit de sa finesse dans plusieurs chansons des années 1960, 1970 et 1980.

En effet, rappelle-t-il, après la création de l’orchestre African-Jazz vers le début des années 1950, Charles Mwamba Déchaud s’était rendu à Mikalayi (dans la province du Kasaï Central), visiter ses parents. Sur place, il apprit à jouer le xylophone traditionnel et la sanza. A son retour à Léopoldville, il s’appliqua à reproduire le son de ces instruments traditionnels sur la guitare. Au bout de plusieurs tentatives il parvint à réaliser le son voulu en remplaçant le quatrième fil de la guitare par un « mi » mineur.

Guitariste virtuose, auteur-compositeur, chanteur, Charles Mwamba wa Kabamba dit Dechaud Mongala est une des grandes figures de la rumba congolaise que la RDC a connu vers les années 1950, 1960 et 1970 dans les orchestres African Jazz de Kabasele, African Fiesta de Nico et Rochereau, ainsi que African Fiesta Sukisa de Dr Nico.

Durant sa vie, cet artiste musicien a reproché le laxisme, le manque de créativité et la paresse dans le chef des musiciens actuels. Ces fléaux, selon lui, freinent et réduisent l’essor de la musique congolaise, regrettant de n’avoir pas formé un autre guitariste en dehors du Docteur Nico. Dans sa chronique, Jeannot ne Nzau signale que ce remord le rongeait jusqu’à sa mort quand bien même il appréciait d’autres guitaristes talentueux comme Serpent Kankonde, De la France, Bazeta David, Bisikita, Portos, Mavatiku Michelino, Manuaku Pépé Fely, Dino Vangu et Teddy Sukami.

Le cursus de sa carrière musicale

Né en 1935 à Mikalay dans l’actuelle province du Kasaï Central, Déchaud, frère de Nico Kasanda alias Dr Nico découvre le monde musical avec les guitaristes Zacharie Elenga dit Jimmy l’hawaïenne, le Banguissois (sa mère est d’origine centrafricaine), qu’il accompagnera et Tino Baroza (son cousin) qui le fait rentrer en 1949 aux Editions Opika.
Musicien de studio, il accompagne des artistes majeurs de la scène congolaise comme Lucie Eyenga, Tino Baroza, Paul Mwanga, Roitelet, et bien d’autres.

En 1951, il se spécialise dans la guitare rythmique et deux ans plus tard, il intègre l’African Jazz de Joseph Kabasele « Grand Kallé » et s’impose comme guitariste mais aussi comme auteur et compositeur.

Au cours de cette décennie, Charles Mwamba Déchaud a vécu l’apport musical des chanteurs et d’instrumentistes de talent aussi bien à Léopoldville qu’à Brazzaville, à savoir : Franck Lassan, Adikwa, Kallé Jeff, Edo Ganga, Lando Rossignol, Essous Jean-Serge, Vicky Longomba, Célestin Kouka, Edo-Clary Lutula, Loubelo De La Lune, Guy-Léon Fylla, Nico Kasanda, André Kambite dit Damoiseau, Tino Baroza, Charles Kibonge, De Soin Bosuma, Jean Lompongo, José Booto, etc.

La musique congolaise doit aussi beaucoup à l’apport des artistes-musiciens étrangers dans son façonnement. Pilaeis et John Werk, organistes aux éditions Ngoma, Bill Alexandre, enseignant et guitariste aux éditions Cefa, qui formait et intervenait dans de nombreuses œuvres de Jhimmy l’hawaïenne et de Grand Kallé, Maurice Evan, bassiste belge des éditions Cefa, Gilbert Warnant des éditions Opika, Fud Candrix aux éditions Esengo, Charly Ivora, accordéoniste du CDJ, Boup Ousseni, Tagbor, etc.

Un artiste compositeur talentueux

En 1960, il accompagne Kabasele à Bruxelles pour la Table ronde de l’Indépendance. En 1963, il rejoint Rochereau qui lance l’African Fiesta en compagnie du Dr Nico et de Roger Izeidi, puis deux ans plus tard, le groupe se scinde et Déchaud monte en compagnie de Dr Nico l’African Fiesta Sukisa qui tourne dans toute l’Afrique (Nigeria, Ghana, Burkina Faso, Cameroun, Sénégal, Mali, Cote d’Ivoire) et fait même danser le président ivoirien Houphouët Boigny.

Cet artiste a laissé néanmoins une dizaine de tubes dont « Biantondi », « Miranda », « Fidélie », « Mawonso Pamba », « Domingo Yaka », « Mbelu » et surtout « Africa Mokili mobimba » composé en 1961, au sein de l’African Jazz.

Le groupe va se disloquer au fil des tournées laissant Déchaud sur la touche. Il lui faut attendre 1997 pour refaire son come-back relancé par ses neveux, les fils de Nico Kasanda. Il disparaît deux ans plus tard dans l’indifférence générale. C’est seulement en 2000 que l’Etat congolais et les musiciens lui rendent un hommage posthume.

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