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« La nouvelle génération d’artistes doit apprendre à jouer aux instruments de musique » (Eba Aka Jérôme)


  4 Septembre      19        Arts & Cultures (1258),

   

Aboisso, sept 2020 (AIP)- Eba Aka Jérôme est un musicien ivoirien des années 80 bien connu des mélomanes pour son titre à succès « Trahison »  qui a fait danser pendant des décennies bien d’Africains. Cependant, depuis plusieurs années le musicien adoubé de l’époque semble avoir disparu de la scène musicale. L’AIP l’a rencontré à Aboisso sa ville natale. Il raconte sa vie d’artiste et  jette un regard sur la musique ivoirienne pour laquelle il encourage la jeune génération d’artistes à l’apprentissage des instruments.

Comment êtes-vous venu à la musique ?

Je suis Eba Aka Jérôme. Je suis né dans les années 40. Je n’ai pas de nom d’artiste parce que chez nous en pays Agni l’identité est très déterminante. Je vis à Ewoussébo dans mon village. J’ai appris la musique sur le tas. J’ai commencé à faire de la musique dans les années 1960. Mon père avait une guitare et je m’en suis servi pour apprendre à jouer. Je n’ai jamais fait d’école de musique

Et Pourtant vous êtes une virtuose de la guitare.

Oui je dirais que c’est un don de Dieu. Les gens se demandent  souvent comment j’ai appris à faire la musique.

Vous avez sorti en 1978 un album dont une des chansons, « Trahison » a marqué la Côte d’Ivoire et le monde musical africain. Comment vous êtes arrivé à composer cette chanson qui a connu tant de succès.

Je suis un artiste de variétés. J’avais l’habitude de composer mes chansons en Agni. Mais lorsque j’ai vu des musiciens comme Prince Nico M’barga chanter en anglais, je me suis dit pourquoi ne pas chanter en français. J’ai alors traduit une de mes chansons en Agni en français et c’est ce qui a donné « Trahison ».

Vous auriez vous-même été trahi par votre producteur à propos de l’album qui comportait « Trahison ».

Non pas du tout. Des personnes parlent de ce dont elles ne savent rien. C’est plutôt grâce à ce  producteur que je suis aujourd’hui Eba Aka Jérôme. Les gens ne me connaissent pas, et ils racontent n’importe quoi. Avec « Trahison », c’était la première fois qu’un artiste ivoirien quittait le pays pour aller enregistrer au Ghana dans un studio de 24 pistes qui n’existait pas en Côte d’Ivoire. Lorsque nous sommes arrivés à Kumassi au Ghana pour l’enregistrement, Il y a eu coupure d’électricité pendant un mois. Nous y sommes restés, mes musiciens et moi, pendant tout ce temps grâce au producteur. Mais « Trahison » n’est pas mon premier disque. J’avais à mon actif  neuf 45 tours qui ont manqué de promotion. C’est avec « Trahison » que j’ai été le premier à prendre l’initiative de chanter  en français. Avant cela, les autres artistes chantaient tous dans leur langue maternelle.

Mais au fond, qu’est ce qui vous a inspiré « Trahison »

J’ai remarqué à l’époque que tous ceux qui chantaient les chansons d’amour montraient que tout était rose. « mon amour je t’aime, tu es mon cœur etc », j’ai voulu donc, en chantant « Trahison », montrer le contraire.

Une histoire que vous avez vécue ?

Oui bien sur! comme tous les hommes d’ailleurs.

Avez-vous de nouvelles compositions ?

J’ai environ 300 chansons déposées au BURIDA  (Bureau ivoirien des droits d’auteurs) que je peux reprendre à tout moment. Mais  en fait tout peut me servir à composer une chanson. Même l’entretien que nous avons peut me servir de source d’inspiration pour composer une chanson.

Quel regard jetez vous sur la musique  ivoirienne de nos jours?

Aujourd’hui tout le monde chante. Or quand on est artiste il faut apprendre à jouer à tous les instruments. Cependant sur le marché ivoirien on en trouve pas beaucoup qui savent le faire.

Etes vous prêt à former des jeunes aux instruments de musique ?

Il faut d’abord que les jeunes eux-mêmes s’y intéressent. La musique est d’abord une affaire de passion. Si c’est le cas, je suis prêt à le faire. J’ai encore ma guitare. Si les autorités d’Aboisso achètent un orchestre et qu’on me demande de former les jeunes je suis prêt à le faire.

Quel est donc l’appel que vous lancez à la  jeune génération ?

J’invite la jeune génération à apprendre à jouer aux instruments de musique. Il ne faut pas que tous aspirent à chanter.

Que vous a apporté la musique ?

La notoriété. Aujourd’hui toutes les portes sont ouvertes quand on dit Eba Aka Jérôme. Je voudrais dire que je suis fier d’être musicien et si l’on revenait après la mort je choisirais toujours d’être musicien.

(AIP)

Interview réalisée par Ahoulou Konan Noel, chef du bureau régional AIP Aboisso

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