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L’ADDR partage ses acquis avec des femmes leaders de Côte d’Ivoire


Abidjan, 28 juin 2015 (AIP) – L’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (ADDR), à travers son directeur général, Fidèle Sarassoro, a partagé samedi à Bouaké, les acquis de sa mission avec des femmes leaders de Côte d’Ivoire.

Cet échange s’est tenu au cours d’une activité dénommée « Journée DDR dédiée aux femmes leaders », ponctuée par un mini séminaire et une visite de son centre de resocialisation des ex-combattants.

« Au moment où nous arrivons à la fin du processus, (…) nous avons pensé qu’il était important de mettre un accent particulier sur les femmes leaders d’opinion parce que c’est vous (les femmes) qui avez subi le plus lourd tribut de ce conflit et des affres de la guerre », a justifié M. Sarassoro.

« Donc à la conclusion, il doit y avoir les femmes pour que vous compreniez ce qu’on a fait et ce que nous comptons faire, ainsi que les résultats que nous attendons », a-t-il en substance planté le décor, précisant que le décret concernant la dissolution de l’ADDR prend effet le 1er juillet, au lendemain du 30 juin, date butoir de la mission du désormais ex-ADDR.

Fidèle Sarassoro a expliqué à ses hôtes qu’au 23 juin 2015, ce sont 57.791 ex-combattants qui ont été démobilisés, réintégrés ou en cours de réintégration sur un effectif actif de 64.000, soit un taux de succès de 90,3% de la base de données réactualisées.

Concernant les armements, le patron de l’ADDR a indiqué que 27.220 fusils d’assaut, 9.695 grenades, 3.264 obus et roquettes et 2.667.741 munitions de petit calibre ont été collectés.

Fidèle Sarassoro a en outre indiqué que l’opération « Bonheur », initiée par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et l’ADDR, a permis de libérer et rétrocéder les camps militaire et plusieurs sites publics et privés ainsi que le démantèlement des barrages illicites. Cette opération à Abidjan, a permis à 3.177 ex-associés FRCI d’adhérer au processus DDR et a abouti à la collecte de 1325 armes, 220 grenades, 45 roquettes et 49 obus.

Une visite sur le site de resocialisation de Bouaké où séjournent 361 ex-combattants, ponctuée par trois tables rondes, notamment la réintégration socioprofessionnelle des ex-combattants, la sécurité retrouvée et la réconciliation entre Ivoiriens, a permis aux invités de l’ADDR de s’imprégner de cette option innovante en matière de DDR, « la resocialisation ».

Ces femmes leaders de partis politiques, élues, responsables d’ONG et d’associations professionnelles, chefs d’entreprises, enseignantes, ont pu constater, de leur avis, que la resocialisation est un facteur de rapprochement, de cohésion sociale et un moyen efficace de retrouver la paix.

Elles ont entendu des témoignages poignants sur les angoisses, les drames vécus et les horreurs subies par les ex-combattants pendant les conflits, percevant surtout, la détermination et l’engagement des ex-combattants à tourner la page et à demander la clémence de leur communauté.

« Je dis merci à l’ADDR qui a vraiment fourni des efforts pour que la paix revienne en Côte d’Ivoire. Je suis vraiment touchée par rapport à tout ce que je viens de voir. J’ai vu que l’ADDR a fait un travail de fond, l’ADDR a désarmé les cœurs, l’ADDR a vraiment travaillé », s’est félicitée la représentante de la Fédération des femmes de Daloa, Mme Gboko Bernadette.

Selon la représentante des femmes du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), Diby Madeleine, les acquis de la resocialisation, commandent un suivi des ex-combattants.

« Le travail abattu par l’ADDR a été excellent. Nous avons constaté par le témoignage des ex-combattants, qu’il ya eu un grand changement. Les jeunes ont changé de mentalité et ont accepté le pardon malgré tout ce qu’ils ont vécu dans le passé. Je souhaite que ce processus soit suivi pour ne pas que ces jeunes retombent dans les mêmes erreurs », a-t-elle indiqué.

Lui emboitant le pas, la directrice exécutive de l’ONG Centre solidarité action sociale de Bouaké, Mme Touré Diagoula, ne dira pas autre chose.

« Pour nous qui avons vécu la crise à Bouaké où il ya eu plusieurs promesses de réinsertion, j’avoue que je pars d’ici convaincue et avec beaucoup d’espoir que cette fois-ci c’est la bonne. Pour la continuité, je crois qu’il faut un accompagnement communautaire car le tout n’est pas de finir et de partir mais il faut que l’accompagnement suive pour que nous puissions mieux capitaliser ces acquis », a fait savoir Mme Touré.

« Ce qui m’a marqué dans ce centre, c’est la cohésion entre diverses forces qui étaient belligérantes il ya quelques années et qui aujourd’hui sont ensemble et cohabitent sans aucune parole violente, les uns envers les autres. J’aimerai féliciter l’ADDR pour le travail abattu », a pour sa part indiqué la présidente de la Commission des droits de l’Homme du Gbèkè, Mme Kourouma.

Une Cellule de coordination, de suivi et de réinsertion (CCRS) des ex-combattants a été créée en remplacement de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration dont les activités prennent fin le 30 juin. Elle aura pour objectif d’accompagner tous les ex-combattants qui auront été désarmés et démobilisés par l’ADDR avant sa dissolution. Il est prévu que les activités de la Cellule couvrent la période de juillet à décembre 2015.

gak/cmas.

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