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L’AFRIQUE RACONTÉE ESSENTIELLEMENT SUR LA BASE DE SOURCES ÉTRANGÈRES (RAPPORT)


  25 Janvier      21        Médias (1635),

   

Dakar, 25 jan (APS) – Un tiers des articles sur l’Afrique publiés par les organes d’information du continent proviennent d’agences de presse étrangères, indique l’organisation Africa No Filter dans un rapport intitulé ‘’How African Media Covers Africa’’ (Comment les médias africains couvrent l’Afrique).

Selon le rapport, ’’les récits concernant l’Afrique continuent d’être présentés à travers le prisme des mêmes stéréotypes et points de vue négatifs et tenaces sur la pauvreté, la maladie, les conflits, la médiocrité de la gouvernance et la corruption’’.

Pour mener cette enquête, 38 rédacteurs africains ont été interrogés entre septembre et octobre 2020. Le contenu de 60 médias africains de 15 pays (Botswana, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe, RDC, Égypte, Tunisie, Tanzanie, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Ouganda, Ghana, Nigeria et Sénégal) a été analysé.

Un communiqué de presse rendu public, lundi, souligne qu’en outre, quatre groupes de discussion ont réuni 25 rédacteurs en chef de médias africains, d’agences panafricaines et des correspondants internationaux.

Selon le document, ’’les résultats confirment les défis et expériences qui sont de notoriété publique dans le secteur : les recettes publicitaires et le nombre de salles de rédaction diminuent – ce qui a une incidence sur le type d’informations que les Africains lisent – et les actualités sont majoritairement négatives et liées à des conflits’’.

Le communiqué ajoute que ’’les principales conclusions du rapport soulignent que les sources de collecte des informations sur les pays africains sont problématiques, que les contenus qui en résultent continuent à faire le lit de stéréotypes éculés, et que la qualité du journalisme local rend souvent impossible la production d’une narration nuancée et mise en contexte, essentielle lorsqu’il s’agit d’écrire des articles sur les 54 pays africains’’.

Le rapport note que ’’63% des médias interrogés n’ont pas de correspondant dans d’autres pays d’Afrique ; un tiers de toute la couverture de l’Afrique est issue de sources non africaines, l’AFP et la BBC représentant un quart de tous les articles recensés dans les médias africains sur d’autres pays africains’’.

La contribution des agences de presse africaines est faible, selon l’étude qui signale que ‘’81% des articles analysés entrent dans la catégorie +hard news+ (actualités factuelles) – ex. conflits et crises déclenchés par des événements donnés – et sont de nature principalement politique ; 13% des informations sont axées spécifiquement sur la violence politique, les troubles civils et les conflits armés’’.

L’enquête relève que ‘’l’Afrique du Sud, suivie de l’Égypte, sont les pays dont la couverture est la plus diversifiée et pas nécessairement liée à des événements d’actualité, ce qui signifie que ces deux pays sont probablement les +mieux connus+ du continent’’.

Selon Moky Makura, directrice générale d’Africa No Filter, ‘’l’enquête a montré clairement que, malgré des années d’indépendance, ce ne sont toujours pas les Africains qui tiennent la plume lorsqu’il s’agit d’écrire les histoires qui les concernent’’.

’’Plus important encore, au travers des articles que nous partageons dans nos médias, nous continuons à colporter l’image d’une Afrique divisée, dépendante et manquant d’engagement. Il faut que nous reprenions la plume’’, a-t-elle ajouté.

Africa No Filter est présentée comme une organisation à but non lucratif fondée il y a un an pour ’’mettre fin aux récits stéréotypés et néfastes sur l’Afrique grâce à la recherche, au plaidoyer et à l’octroi de subventions’’.

L’organisation est financée par la Fondation Ford, Bloomberg, la Fondation Andrew W. Mellon, Luminate, la Fondation Open Society, Comic Relief, la Fondation Hilton et le British Council.

Elle a décidé à la suite de ce rapport de lancer ’’la toute première agence de presse du continent qui se concentrera sur des récits ayant pour sujet la créativité, l’innovation, les arts, la culture et la dimension humaine, afin de combler cette lacune du secteur’’.

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