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L’ANNÉE 2020 À THIÈS, QUELQUES LUEURS SUR FOND DE GRISAILLE


  1 Janvier      19        Société (27506),

   

Thiès, 1er jan (APS) – La région de Thiès, au-delà de la crise sanitaire liée au Covid-19 et aux actions de riposte y afférentes, a connu de nombreuses périodes de grisaille en 2020, malgré quelques lueurs.

L’année semblait pourtant bien démarrer dans la région, avec l’inauguration par le chef de l’Etat du Parc éolien de Taïba Ndiaye (PETN), le lundi 24 février 2020. Un projet réalisé par Lekela, une société de production d’énergie renouvelable, qui conçoit des projets d’utilité publique sur tout le continent africain.

Au terme de sa troisième phase, le projet fournira à la Senelec 158,7 MW d’énergie propre, grâce à ses 46 turbines, dont 16 étaient réalisées pour le moment. Ce qui représentera 15% de la capacité énergétique.

D’un coût estimé à 200 milliards de FCFA, ce projet est un tournant en matière d’énergies renouvelables pour le Sénégal, et devrait permettre de fournir de l’électricité à plus de deux millions de Sénégalais.
Cette bonne nouvelle a été malheureusement contrariée par au moins de deux meurtres sur des femmes, au mois de mars, plongeant dans l’émoi les habitants du quartier de Medina Fall où ces crimes ont été perpétrés, dans la capitale du rail.

Après Marième Diagne, 25 ans, tuée à coups de couteau le 7 mars dans son domicile par un homme présenté comme son ex-ami, qui lui réclamerait de l’argent, ce fut le tour, une semaine plus tard, de Khady Diouf dont le corps sans vie a été découvert dans le même quartier.

Un mois de mars de « féminicides » à Médina Fall

D’après des témoignages, le meurtrier, fils d’un guide dignitaire religieux, aurait avoué avoir étranglé la fille de 16 ans pour cacher sa grossesse dont il serait l’auteur et qui pourrait « salir la réputation » de son père.

Ces faits divers, mêmes dramatiques, n’empêcheront pas la lutte contre le COVID-19 s’installer de plus en plus au cœur des préoccupations, après l’apparition du premier cas de coronavirus sur le territoire sénégalais le 2 mars dernier.

Le maire de Thiès Talla Sylla, s’engageant dans cette perspective, a lancé un concept appelé « Wagnou Daara », visant à distribuer des repas gratuits à 15 mille talibés. Cette opération dont la phase test a démarré le 14 avril avec 2000 talibés a permis d’atteindre 15 milles talibés en 72 heures.

Des « Yaayi Daara » (marraines d’écoles coraniques), des délégués de quartiers, chefs religieux, « Bajenu Gox » (marraines de quartiers), des étudiants, des associations sportives et culturelles, des éclaireurs ainsi que des inspecteurs de l’éducation, de même que des acteurs communautaires, ont pris part à cette opération, aidant le talibés à se passer de la mendicité en ces temps de couvre-feu. L’initiative a nécessité une dépense quotidienne de 3.887.500 francs CFA, selon les services de la mairie de Thiès.

Le 1-er mai, Thiès deuxième région la plus touchée, après Dakar, ouvre son premier centre de traitement à l’hôpital régional.

En raison de sa proximité avec Dakar et vu sa position de zone tampon entre la capitale et le reste du pays, la région de Thiès occupe une place de choix dans le dispositif de lutte contre la pandémie de covid-19.

Les pouvoirs publics ayant opté pour prise en charge extrahospitalière, afin de désengorger les hôpitaux, la base de l’armée de l’air à Thiès et le centre aéré de l’armée implantés de Guéréo (département de Mbour) ont été les premiers centres à accueillir des cas asymptomatiques, représentant 60,7% des malades.

Ces deux sites reçoivent même la visite du ministre des Forces armées, Me Sidiki Kaba, en compagnie de son homologue de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.

Avril-mai sonne la mobilisation contre le COVID

Le 24 juillet, lors d’une réception d’un don de l’OMS au Laboratoire national de santé publique basé à Thiès, Abdoulaye Diouf Sarr annonce que cette structure serait désormais autorisée à faire des tests Covid-19.

Avec une capacité de 200 tests par jour, il rejoignait ainsi le cercle restreint des structures agréées pour effectuer ces tests, en appui de l’Institut Pasteur et de l’Institut de recherches en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF), du Laboratoire de Bactériologie-virologie de l’Hôpital Aristide Le Dantec et du Laboratoire de l’Hôpital Militaire de Ouakam.

C’est dans ce contexte difficile que la mort va frapper à la porte de deux des foyers religieux de la région, à savoir Tivaouane et Thiénaba, avec le rappel à Dieu de Pape Malick Sy, porte-parole de la famille Sy de Tivaouane, le 25 juin, à l’âge de 78 ans.

Celui qui a assuré pendant 3 ans la fonction de porte-parole de cette grande famille religieuse musulmane d’obédience tidjane, va être inhumé aux côtés de son défunt frère l’ancien khalife des tidjanes Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, auquel il était très attaché.

Le lendemain, la cité religieuse de Thiénaba perd aussi son Khalife général. A la tête de cette cité religieuse depuis 12 ans, Cheikh Ahmad Tidiane Seck décède à l’âge de 91 ans.

Des choses bien terrestres vont ensuite fortement marquer les esprits, parmi lesquelles le procès ayant opposé des habitants du village de Tobène et alentours aux Industries chimiques du Sénégal (ICS).

Le 14 août, 21 personnes, dont trois chefs de village et quatre mineurs, sont arrêtés suite à une manifestation contre la délimitation par les ICS de 6 ha, dans le cadre de son projet d’extension. Les populations de Tobène réclament un barème plus équitable que celui proposé par l’usine de phosphates, avant de céder leurs terres.

Poursuivis pour trouble à l’ordre public par actions diverses, participation à un attroupement, violence et voies de fait sur des agents de la force publique dans l’exercice de leur fonction et rébellion, ils sont jugés le 21 août par le Tribunal de grande instance de Thiès.

Plus d’une dizaine d’avocats se sont constitués partie civile dans cette affaire qui a mobilisé de nombreux soutiens de la société civile.

La justice, après avoir mis l’affaire en délibéré jusqu’au 26 août, relaxe finalement les 21 prévenus, au bénéfice du doute. Ce qui a été considéré comme un verdict d’apaisement.
Finalement, apprendre avec le COVID-19

La maladie à coronavirus ne faiblit pas pendant ce temps, la pandémie impactant des secteurs essentiels de la vie économique et sociale.

Dans le secteur de l’éducation, Thiès, à l’instar de tout le pays, a été fortement touché, ce qui justifie les deux visites du ministre de l’Education à l’approche de la reprise des cours, subséquente à la première vague, et lors de l’examen du Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE), le 20 août.

A l’arrivée, la région affiche de bien meilleurs résultats aux examens scolaires que ceux de l’année dernière, malgré un contexte de COVID qui fortement pesé sur le déroulement normal des enseignements.

Le 1-er septembre, l’Université de Thiès entame à son tour sa reprise graduelle des cours, dans un contexte de doute lié à la persistance de la pandémie, surtout que les étudiants d’autres universités du pays restaient opposés à toute réouverture.

L’année universitaire qui venait de démarrer, a été marquée par une longue grève de la section du SAES Thiès, lancée le 9 octobre, sur la base d’une plateforme revendicative en 14 points, dont celui concernant une parcelle de terrain de 3 ha que le syndicat disputait au rectorat afin d’y construire une cité des enseignants.

Mais comme si de rien n’était, début novembre, l’Université de Thiès est rebaptisée par le président Macky Sall du nom de feu Iba Der Thiam, un historien et professeur émérite décédé le 31 octobre.

Dans la région, le front social a été par ailleurs marqué par la mobilisation persistante des 150 travailleurs de la SIGELEC, la Société industrielle de générateur électrique.

« En arrêt total depuis janvier 2018 », l’unique usine de fabrique de piles électriques du pays avait jeté au chômage technique ses travailleurs. Depuis, ils se sont fait entendre à plusieurs reprises pour réclamer leurs salaires. En vain.

Début octobre, ils reçoivent le soutien de l’activiste Guy Marius qui s’est déplacé jusqu’à Thiès pour les soutenir.

La ville de Thiès et sa capitale étant considérées comme de hauts-lieux de l’action politique, un fait marquant était attendu de ce côté-là. Il arriva très vite avec la nomination, le 1er novembre, de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Un fait marquant à l’échelle de la région et même du pays, compte tenu de l’envergure de l’ancien maire de Thiès, qui fut longtemps tout puissant numéro deux du Parti démocratique sénégalais (PDS), en particulier entre 2000 et 2004.

Arrivé deuxième à la présidentielle de 2019, le chef du parti Rewmi, dont Thiès est le fief, rejoint ainsi la majorité présidentielle. Il était jusque-là un farouche adversaire pour le président Macky Sall, même s’il avait pris du recul depuis l’apparition du COVID-19.
La surprise Idrissa Seck au CESE

Son bras droit Yankhoba Diattara, vice-président, mais président de fait du conseil départemental de Thiès, est aussi nommé ministre de l’Economie numérique, dans la nouvelle équipe gouvernementale.

Le mois de novembre a aussi vu apparaître chez des pêcheurs de la région une maladie dite « mystérieuse », détectée à ses débuts à Thiaroye-sur-mer.

Quelque 260 cas de ces dermatoses ont été recensés auprès de gens de la mer, selon les statistiques des services sanitaires. Le phénomène, très inquiétant et largement relayé par la presse et les réseaux sociaux, s’est vite estompé.

Les accidents de la route, par contre, ne sont pas phénomène nouveau dans la région. De fait, la route a encore fait des victimes sur les routes de Thiès, en 2020.

L’accident le plus meurtrier a eu lieu fin octobre, quand une collision entre un bus et un camion frigorifique, à Allou Kagne, a fait 16 morts et une vingtaine de blessés, acheminés à l’hôpital régional de Thiès.

Auparavant, le 4 mars, le marabout Abdourahmane Fall Tilala, un guide religieux de la communauté maure du Sénégal, avait trouvé la mort, avec deux autres passagers, après le dérapage et le renversement de sa voiture, sur l’autoroute, à un kilomètre de la gare routière de Touba Toul, à hauteur de Khombole.

Mais la vie doit malgré tout continuer. Ainsi le regroupement des transporteurs de la région Thiès vont-ils porter un nouveau président à la tête de leur structure, à l’unanimité, le 13 décembre, en la personne de Pape Diop.

Le nouveau dirigeant des chauffeurs, un homme du sérail, compte s’attaquer au maraudage et à l’ »invasion » des taxis « Allô Dakar » ou « Allô Mbour », lesquels ont selon lui plombé l’essor du transport régional.
Le COVID-19, encore le COVID

La maladie à coronavirus va encore se rappeler au bon souvenir du bilan de l’année 2020 dans la région, avec la commémoration, le 7 décembre dernier, du troisième anniversaire de l’Aéroport international de Diass (AIBD).

Un anniversaire « morose » à cause de la pandémie, a relevé le directeur général de la société Limak, AIBD Summa (LAS), gestionnaire de l’AIBD, faisant état d’une perte de trafic de – 52% en fin novembre.

Une perte « énorme, mais qui est relativement bien meilleure » que dans les autres aéroports, particulièrement en Europe, se console Xavier Mary.

Après avoir obtenu plusieurs certifications, dont la ISO 9001, l’AIBD qui tablait sur deux autres reconnaissances en 2020, a vu son envol plombé par la pandémie. LAS s’est toutefois évertué à améliorer sa stratégie en matière de Responsabilité sociétale d’entreprise (RSE).
Un autre fait ayant défrayé la chronique, a été l’explosion spectaculaire d’un puits de gaz naturel à Gadiaga, le samedi 19 décembre, à l’occasion d’un test qui a permis de découvrir du gaz. Le puits n’était pourtant plus productif.

En tentant de maîtriser la remontée de gaz, une explosion s’était produite et le gaz continuait à brûler sous l’œil impuissant des sapeurs-pompiers qui étaient intervenus. Des démarches sont en cours pour éteindre l’incendie, grâce avec l’appui d’experts étrangers dans ce domaine.

Le surlendemain de l’explosion, le ministre de l’Environnement et du Développement durable Abdou Karim s’est rendu sur les lieux pour constater son impact l’environnement.

Il en a profité pour rassurer les populations sur d’éventuels risques liés à l’expansion des flammes, dès lors que le gaz est consumé au fur et à mesure qu’il sort du puits.

Dans ce même volet relatif à l’environnement, les populations du village de Khondio, dans la commune de Darou Khoudoss, peuvent désormais voir le bout du tunnel, après avoir obtenu la délocalisation longtemps réclamée de l’émissaire des ICS, tenu pour responsable de nombreuses maladies dans ce village de la commune de Darou Khoudoss, à côté duquel l’entreprise de production d’acide phosphorique et d’engrais déversait ses eaux usées dans la mer.

La mobilisation, y compris sur les réseaux sociaux, de la plateforme « Khondio, ma localité », avait enfin porté ses fruits.

Khondio voit le bout du tunnel

Le lundi 21 décembre, le ministre réceptionne le nouvel émissaire délocalisé à quelques km de Khondio, vers le village de Lobor.

L’ouvrage d’un coût de « presque 700 millions » de FCFA, selon le directeur général des ICS, Alassane Diallo, est bien accueilli par les nouveaux riverains, qui espèrent bénéficier en retour d’actions de RSE de l’entreprise.

Ils tablent dans ce cadre sur un raccordement de leur village au réseau électrique et au système de distribution de l’eau potable, ainsi qu’à un désenclavement de leur zone à terme.

Plusieurs mois auparavant, lors d’une visite sur les lieux, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, avait ordonné à l’entreprise de production d’acide phosphorique et d’engrais de déplacer l’ouvrage, pour rassurer les populations. En attendant qu’une étude détermine la toxicité ou non des déchets qu’elle rejetait dans l’océan.

Dans le secteur agricole, l’espoir de récoltes records, suscité par un hivernage très pluvieux, a été modéré par les inondations qui ont limité les productions dans certaines poches de la région.

La recrudescence des départs de migrants irréguliers, avec leurs lots de morts, dont des enfants, a aussi attristé la région, notamment dans le département de Mbour.
Pour noircir davantage une année désespérante, un troisième cas de meurtre a été enregistré dans la région, un « féminicide » dont un septuagénaire résidant au quartier Thiès None. Disparue pendant trois mois, depuis le mois d’octobre, son corps a été retrouvé enterré dans une forêt près du village de Dakhar Mbaye, sur indication de son mari.

Ce dernier et sa première épouse ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête, a renseigné le 24 décembre le procureur de la République à Thiès, ajoutant que le mobile de ce crime est financier.

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