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LE FILM « LINGUI, LES LIENS SACRÉS », UN APPEL À L’UNION DES FEMMES


  21 Octobre      17        Cinéma (217),

   

Ouagadougou (Burkina Faso, 21 oct (APS) – Le film « Lingui, les liens sacrés » du réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun appelle les femmes à s’unir pour vaincre leurs maux.

Projetée au « ciné Burkina » de Ouagadougou, cette fiction dramatique et sociale de 87 minutes est en lice pour l’Etalon d’or de Yennenga, à la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco, 16-23 octobre).

Mahamat-Saleh Haroun y aborde de multiples sujets liés à la femme, notamment l’avortement, l’excision, le rejet des filles-mères et aussi le rapport de la femme à la religion.

Le réalisateur tchadien, qui marque son retour au Fespaco, met ainsi la femme au centre de ses préoccupations. Par le passé, il avait toujours mis en avant l’homme.

Après « Abouna notre père » (2002), il avait successivement réalisé « Daratt ou saison sèche », Etalon de bronze au Fespaco 2007, « Un homme qui crie », Etalon d’argent en 2011, au Fespaco, « Gris-gris » (2013), en compétition mondiale à Cannes en France, entre autres.

« Lingui, les liens sacrés » raconte l’histoire d’une mère, Amina, qui travaille dur pour survivre. Vivant seule avec sa fille de 15 ans, elle est rejetée par sa famille après une grossesse.

Dans cette vie fragile qu’elle mène en vendant des fourneaux, elle doit affronter un autre malheur : sa fille tombe enceinte et désire avorter dans un pays où la loi et la religion interdisent cette pratique.

Le film tourne ainsi autour de ce combat que mène Amina finalement aidée par sa sœur et par une matrone.

Sa sœur dont le mari voulait exciser la fille, échappe à ce drame grâce à l’union des femmes.

Tout au long du film, le réalisateur tchadien montre que si les femmes s’unissent, elles peuvent venir à bout des maux qui les gangrènent.

Son film renvoie forcément à « Moolaadé » (2004) du réalisateur sénégalais Sembène Ousmane. Il marque aussi un tournant dans la filmographie de Mahamat-Sahel Haroun qui, sans être « féministe », plaide pour la cause des femmes.

Mais là où le bât blesse, c’est que dans son film, les femmes se font justice elles-mêmes.

Aussi Mahamat-Saleh Haroun recommande-t-il aux femmes de suivre cette voie face à l’injustice qu’elles subissent dans la société ou avec les hommes ? La question reste entière.

Absent au Fespaco depuis 2013, le réalisateur tchadien qui est le cinéaste africain le plus régulier aujourd’hui dans la sélection du festival de Cannes renoue avec le Festival panafricain du cinéma et de la télévision.

Parmi ses films dont la plupart sont tournés au Tchad, figure un documentaire intitulé « Hissein Habré, une tragédie tchadienne », réalisé en 2016 sur l’ancien président du Tchad, décédé en août dernier à Dakar et enterré au Sénégal.

Mahamat-Saleh Haroun, ancien journaliste, est producteur, scénariste et a été ministre du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat du Tchad du 5 février 2017 au 8 février 2018, poste dont il a démissionné le 6 février 2018.

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