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Le Kenya rejoint le club des pays où les sacs en plastique sont interdits


– Par Mohamed Koursi-.

Rabat , 30/08/2017 (MAP), La décision des autorités kényanes d’interdire l’utilisation, la production et l’importation des sacs en plastique utilisés dans les commerces et les foyers est entrée en vigueur, lundi, au milieu de la résistance des industriels et du doute de certains observateurs quant à la réussite de la mise en œuvre de cette initiative « louable ».

En effet, l’Association des industriels du Kenya (KAM) avait tenté de « bloquer » l’entrée en vigueur de cette décision, en déposant une requête dans ce sens à la Haute Cour, invoquant notamment la perte de plusieurs emplois.

Mais, la Cour a rejeté cette requête de la KAM en soulignant que l’intérêt général prime sur les revendications des industries de production du plastique.

De leur côté, des observateurs ont exprimé leur doute à l’égard de la réussite de la mise en œuvre de cette interdiction en reprochant au gouvernement une « décision précipitée » et « un manque de préparatifs appropriés ».

En témoigne, le manque de sacs alternatifs en quantité suffisante sur le marché, soulignent-ils, estimant que les autorités auraient dû adopter la mise en œuvre progressive de cette action décisive et procédé à la sensibilisation du grand public.

En effet, jusqu’à la veille de l’entrée en vigueur de cette interdiction, de nombreux Kényans utilisaient encore des sacs en plastique pour porter les produits achetés, alors que les supermarchés et des commerces à petite échelle n’avaient pas encore acquis d’autres alternatives pour servir leur clientèle, a-t-on constaté.

Si certains supermarchés avaient déjà adhéré à cette décision en entamant la mise à disposition de leur clientèle, il y a quelques jours, des sacs alternatifs pour porter les produits achetés, d’autres peignaient encore lundi à fournir aux clients des sacs alternatifs.

Pourtant, tout laisse entendre que le gouvernement kényan est déterminé à assurer le succès de cette décision surtout après l’échec de deux précédentes tentatives en 2007 et 2011 et ce, en prévoyant à la fois des mesures incitatives pour la production de solutions écologiques et d’autres répressives à l’encontre des contrevenants, allant de lourdes amendes à des peines d’emprisonnement.

Dans ce cadre, le ministère kényan de l’Environnement avait annoncé la mise en place de mesures incitatives visant à encourager la production de matériaux et solutions écologiques d’emballage.

L’utilisation des matériaux d’emballage biodégradables créera des emplois verts, tout en préservant la santé des communautés et les écosystèmes, avait déclaré la secrétaire du cabinet de l’Environnement et des Ressources naturelles, Judi Wakhungu, soulignant que « le gouvernement encouragera les industries, les femmes et les jeunes à produire des alternatives écologiques aux sacs en plastique, qui constituent une menace pour l’environnement ».

Les industriels locaux des matériaux d’emballage biodégradables bénéficieront d’incitations fiscales dans le cadre des efforts du gouvernement visant à éliminer progressivement l’utilisation des sacs en plastique dans le secteur de la vente au détail, a expliqué la ministre qui s’exprimait lors de la présentation à Nairobi d’une gamme de matériaux d’emballage écologiques fabriqués localement.

Le ministère « travaillera avec d’autres agences étatiques pour encourager les femmes, les jeunes et les innovateurs locaux à adhérer à la production de matériaux d’emballage alternatifs », a indiqué Mme Wakhungu, notant que « nous encourageons également les institutions techniques à contribuer à cette aventure en orientant la recherche-développement vers la réduction des coûts des sacs biodégradables ».

De son côté, l’autorité nationale de gestion environnementale (NEMA) a mobilisé plusieurs équipes d’inspection pour veiller au respect de cette décision aussi bien par les consommateurs que par les commerçants, les supermarchés et les industriels.

Malgré les « lacunes » qui auraient entaché son lancement, cette initiative des autorités kényanes ne peut qu’être louée. Dans ce sens, différentes parties, dont la société civile, des organisations actives dans le domaine de la protection de l’environnement, les gouvernements des comtés kényans et des défenseurs de la nature ont salué cette action « louable ».

Dans ce sillage, le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Erik Solheim avait déclaré que « le Kenya devrait être salué pour son leadership. Il est un excellent exemple que je souhaite voir inspirer d’autres ».

Cette mesure des autorités kényanes est intervenue juste après que l’ONU ait déclaré « la guerre contre le plastique » à travers sa nouvelle initiative « #OcéansPropres », qui a déjà suscité l’engagement de dix gouvernements pour faire face à cette problématique majeure de la pollution engendrée par le plastique, avait souligné l’UNEP dans un communiqué.

Quelque 100 millions de sacs en plastique sont distribués annuellement uniquement par les supermarchés au Kenya, selon le PNUE qui expliquait que ces sacs, identifiés depuis longtemps comme l’une des principales causes de dommages environnementaux et de problèmes de santé, tuent les oiseaux, les poissons et autres animaux qui les confondent à leur nourriture, endommagent les terres agricoles, polluent les sites touristiques et servent de refuge pour la reproduction des moustiques porteuses de paludisme et de la dengue.

Avec cette décision, le Kenya devient ainsi le onzième pays à soutenir cette campagne des Nations unies, relève le PNUE, notant qu’en Afrique, le Maroc et le Rwanda ont déjà interdit l’utilisation des sacs en plastique, alors que d’autres pays sont sur le point d’annoncer des mesures dans ce sens.

Certes, cette initiative a suscité le doute de certains observateurs quant à la possibilité de la réussite de sa mise en oeuvre, mais tout semble indiquer que la décision est sur la bonne voie.

Les Kényans semblent, en effet, adhérer à cette initiative. Une simple tournée dans les principales artères de Nairobi et dans certains points de vente laisse constater que les commerçants et les consommateurs commencent à utiliser des sacs alternatifs, notamment en tissu, en dépit du problème constaté au niveau de l’offre.

Des précédentes tentatives avaient certes échoué. Cette nouvelle décision entrée en vigueur le 28 courant sera-t-elle la bonne ?. Les jours qui viennent démonteront si le pays est-africain ira-t-il jusqu’au bout dans la mise en œuvre de son initiative et entrer ainsi de plain-pied au sein du club des pays où l’usage des sacs en plastique est interdit.

 

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