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Le PAM soutient 125 000 écoliers dans 613 écoles primaires publiques en Côte d’Ivoire (Interview)


  13 Décembre      35        Education (4119),

   

Abidjan, 12 déc 2020 (AIP)- Le Directeur régional du Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Chris Nikoi a effectué du samedi 05 au mardi 08 décembre 2020 une visite de travail en Côte d’Ivoire. Au terme de sa visite, M. Nikoi est revenu sur la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix prévue ce jeudi 10 décembre 2020.

Quel était le but de votre visite en Côte d’Ivoire ?

Cette visite vise deux objectifs. Tout d’abord s’enquérir de l’état du bureau du Programme Alimentaire Mondial dans le pays et apprécier ses actions sur le terrain dans le cadre de la promotion de la sécurité alimentaire et de la nutrition, à travers les politiques et programmes et autres initiatives axées sur la communauté qui sont mises en œuvre.

Ensuite, comme vous le savez, le Programme alimentaire mondial et le Gouvernement de Côte d’Ivoire ont ensemble établi à Abidjan depuis mars 2019 un Centre d’Excellence Régional contre la Faim et la Malnutrition (CERFAM). C’est le 1erCentre du genre en Afrique, après les Centres d’Excellence du Brésil et de la Chine.

Après plus d’une année d’existence, il apparait important d’apprécier les réalisations du CERFAM, l’évolution du partenariat signé entre le PAM et gouvernement ivoirien, et aussi d’échanger avec les autorités nationales ainsi qu’avec toutes les parties prenantes et partenaires, afin de renforcer la collaboration et une synergie des actions pour la Faim Zéro dans la région et en Afrique.

Quelles sont les activités mises en œuvre par le bureau du Programme Alimentaire Mondial en Côte d’Ivoire et quels sont les impacts auprès des populations et bénéficiaires ?

Conformément à la politique nationale pour un programme durable de l’alimentation scolaire, le PAM utilise les cantines scolaires comme plateforme pour soutenir l’égalité d’accès à l’éducation, améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, soutenir l’économie rurale et promouvoir l’autonomisation des femmes.

A ce jour, le PAM soutient 125,000 écoliers dans 613 écoles primaires publiques dans les zones de la Côte d’Ivoire où les taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition sont les plus élevés, et les taux d’éducation les plus bas. Avec le soutien du PAM, les enfants reçoivent au moins un repas nutritif les jours d’école. Et selon la politique nationale « Une école, une cantine, un groupement agricole », le PAM accompagne 50 groupements agricoles, principalement au Nord du pays et composés de femmes, afin qu’une partie de leur production soit remise aux cantines. Nous ne comptons pas nous arrêter là, vous avez certainement entendu parler de la nouvelle contribution du gouvernement américain d’un montant de 25 millions de dollars qui va appuyer la poursuite de plusieurs objectifs complémentaires : permettre de continuer la distribution de repas nutritifs aux enfants pour cinq années supplémentaires, soutenir le programme de pérennisation du gouvernement et appuyer les efforts en cours en vue de la transition vers un programme 100% national.

A l’Ouest du pays, les activités du PAM se concentrent davantage sur l’appui des rapatriés volontaires et des familles hôtes, que nous aidons à restaurer les moyens de subsistance et à renforcer la cohésion sociale. Chacune de nos interventions sont sensibles à la nutrition et au genre, ainsi qu’aux effets du changement climatique. Et c’est pourquoi, le PAM privilégie les partenariats, car notre réponse doit être transversale et inclusive.

C’est ici l’occasion de remercier tous nos partenaires pour leurs contributions financières, techniques ou opérationnelles afin d’atteindre l’Objectif Faim Zéro en Côte d’Ivoire, dans la région et partout en Afrique.

Le Programme Alimentaire Mondial est le lauréat 2020 du prix Nobel de la paix. En quoi ce prix vous aidera-t-il dans votre mission de secourir ces millions de personnes souffrant de la faim dans le monde ?

L’attribution du prix Nobel de la paix vient récompenser les efforts de lutte du Programme Alimentaire Mondial pour son engagement dans la lutte contre la faim et pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones de conflit. Ce prix est tout d’abord une reconnaissance encourageante du travail du personnel du PAM, qui travaille chaque jour en première ligne sur le terrain pour apporter une assistance à près de 100 millions d’enfants, de femmes et d’hommes souffrant de la faim et de la malnutrition dans près de 90 pays. Nous dédions ce prix aux gouvernements, organisations et partenaires du secteur privé dont l’engagement et les contributions pour venir en aide aux personnes souffrant de la faim et vulnérables sont tout aussi importants.

L’attribution de ce prix Nobel de la Paix permettra d’accentuer l’attention du monde entier sur la problématique de la faim dans le monde et de mettre en évidence la question de la sécurité alimentaire des plus vulnérables. Les statistiques montrent que plus de 690 millions de personnes sont touchées par la faim dans le monde. Ce prix vient alerter aussi sur la nécessité de travailler ensemble avec les partenaires pour aider les personnes dans le besoin partout dans le monde, et surtout rappeler au monde que la sécurité alimentaire, la paix et la stabilité vont de pair. Il nous inspire à travailler encore plus dur, à continuer à sauver des vies, à changer des vies et à atteindre l’objectif faim zéro.

Le CERFAM est entrée dans sa 2ème année d’existence. Pouvez-vous nous donner davantage de détails sur sa mission et ses principales réalisations après son lancement en Côte d’Ivoire ?

La vision partagée par le Gouvernement de la Côte d’Ivoire et le Programme Alimentaire Mondial en créant le CERFAM est de disposer d’une plateforme pour le partage des bonnes pratiques et des solutions durables contre la faim sur le continent et au-delà, d’une manière qui renforce le leadership et l’appropriation des pays en développement pour faire avancer ces solutions.

Le CERFAM est le premier centre d’excellence du PAM en Afrique, créé conjointement par l’agence onusienne et le gouvernement de Côte d’Ivoire pour aider les pays de la région et d’Afrique en général à éradiquer la faim et la malnutrition. C’est un catalyseur de bonnes pratiques et de solutions innovantes contre la faim et la malnutrition générées ou adaptées au contexte africain, qui entend nouer des partenariats au-delà des frontières traditionnelles et soutenir le développement de solutions adaptées aux contextes et aux réalités locales.

Depuis son lancement, le CERFAM a réussi à mettre en place une structure fonctionnelle et à tisser des partenariats dans la lutte contre la faim et la malnutrition tant au niveau national, régional et international. En 2020, le CERFAM a renforcé de plus en plus son positionnement, son engagement et nouer des alliances stratégiques et opérationnelles à travers la mise en œuvre d’actions concrètes sur le terrain telles que l’appui au à la formulation de politiques et plans d’action nationaux et régionaux, l’identification et la diffusion des bonnes pratiques, la mobilisation et le déploiement d’expertise dans les domaines thématiques prioritaires à savoir l’alimentation scolaire basée sur la production locales, les pertes post-récoltes, la nutrition, la résilience communautaire.

Je pourrais citer comme exemple l’appui que le centre a fourni, avec la collaboration d’autres partenaires et du bureau du PAM en République du Congo, pour le renforcement de la chaîne de valeur du manioc dans ce pays. Le Centre a mis à profit son engagement et sa collaboration avec les principales parties prenantes impliquées dans la lutte contre la faim et la malnutrition en Afrique, notamment avec l’Union Africaine (UA), l’Organisation des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, la Banque africaine de développement (BAD), le Centre international d’évaluation et de développement (ICED), l’Université de New York, les Centres d’excellence de la Chine et du Brésil, etc. Le Centre a également signé des partenariats avec le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, la Banque Alimentaire de Côte d’Ivoire, Agreenium, le Cirad, la Société Ivoirienne de Technologie Tropicale. D’autres partenariats sont à venir.

En termes d’analyse de stratégies et politiques régionales et nationales, le CERFAM a fourni un appui technique à l’analyse des programmes d’alimentation scolaire basée sur la production locale pour les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. L’application de cette analyse a abouti à des recommandations pour le renforcement de ces programmes au Tchad et dans la région.

En termes de plaidoyer et de renforcement des capacités le CERFAM a participé à une série de webinaires réunissant des experts en la matière sur les bonnes pratiques, la gestion des pertes post-récoltes, l’importance de la sécurité et de la qualité des aliments en Afrique de l’Ouest et Centrale. Des actions de formation ont aussi été organisées comme une formation en ligne sur la gestion des incidents alimentaires.

Le CERFAM peut compter sur l’engagement renouvelé du Gouvernement de la Côte d’Ivoire et du PAM, et l’appui des structures continentes et régionales et de toutes les autres parties prenantes pour aider les pays en Afrique dans leurs efforts de mise en œuvre de politiques et programmes durables visant à lutter contre la faim et CERFAM éliminer la malnutrition conformément à l’agenda 2030 des nations Unies et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

Je vous invite à aller visiter le centre ici à Abidjan et à suivre ses activités sur tous ses réseaux de communication pour en apprendre davantage sur ses réalisations et contribuer aux efforts de plaidoyer et communication en vue d’éradiquer la faim et la malnutrition en Côte d’Ivoire, dans la région et dans le monde.

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