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L’emploi, les femmes et le financement des infrastructures, priorités post-Covid en Afrique (BAD)


  12 Novembre      10        Economie (10436), Finance (503),

   

Abidjan, 12/11/2020 (MAP) – La création d’emplois, la promotion des femmes et le financement des infrastructures tout en respectant l’environnement sont les priorités post-covid pour l’Afrique, selon le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina.

S’exprimant lors du Sommet « Finance en commun », organisé mercredi et jeudi en marge du Forum de Paris pour la paix, M. Adesina a relevé que même si l’Afrique est durement impactée par la crise de la covid‑19, le sursaut collectif des banques publiques de développement manifesté lors du sommet « Finance en commun » permet d’inverser la tendance, indique un communiqué de la BAD.

L’Afrique risque en effet de perdre 173 à près de 237 milliards de dollars US de produit intérieur brut rien qu’en 2020–2021. Conséquence directe, quelque 48 millions de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté et 30 millions de personnes pourraient perdre leurs emplois dans un continent qui accuse des retards importants de développement sur le reste du monde, aggravés par un endettement important qui pourrait s’alourdir si rien n’est fait.

Si les banques publiques de développement harmonisaient effectivement leurs approches et leurs programmes dans la lignée de leur engagement durant le Sommet « Finance en commun », leur volume de prêt cumulé de 2,3 trillions de dollars par an leur permettrait de combler 92 % du différentiel de financement des Objectifs de développement durable (ODD).

Encore mieux, prédit Adesina : « Si ces ressources sont bien exploitées, en impliquant le secteur privé et en les alignant sur l’agenda climatique, nous pouvons non seulement atteindre les ODD mais également les dépasser, et il en va de même pour l’agenda climatique. »

La coopération internationale est d’autant plus pressante que l’Afrique revient de loin, avec un déficit de financement de l’infrastructure situé entre 68 et 108 milliards USD par an, un montant que le secteur public seul ne saurait mobiliser, a-t-il poursuivi.

Ces investissements doivent être toutefois soucieux de l’environnement, a préconisé M. Adesina. Cependant, en dépit des besoins énormes en énergie de l’Afrique, « nous devons investir dans les énergies propres, car le futur réside dans les énergies renouvelables », a-t-il lancé, citant l’ambitieux programme « Desert to Power » doté de 20 milliards de dollars pour produire 10 000 MW d’énergie solaire au Sahel.

La crise du Covid‑19 a également montré l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de bâtir des systèmes sanitaires efficients, sans oublier d’autres secteurs tout aussi vitaux comme les TIC, l’eau potable et l’assainissement, le transport….

Tous ces efforts seraient vains, a prédit toutefois M. Adesina, s’ils n’étaient pas générateurs d’emplois pour les jeunes et d’opportunités économiques pour les femmes. « Quoi que nous fassions, nous devons être guidés par l’impérieuse nécessité de créer des emplois durables pour la jeunesse africaine, dont l’avenir réside en Afrique, pas ailleurs », a -t-il martelé.

La course aux vaccins, la lutte contre la propagation du virus et la promotion d’un multilatéralisme qui a perdu beaucoup de vigueur seront au menu du Forum de Paris pour la paix, organisé cette année sous format entièrement en ligne en raison du contexte dicté par la recrudescence de l’épidémie du Covid-19.

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