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L’Espagnole Maria Berasarte débarque à Mawazine avec son Fado chanté en castillan


Par Khalid EL HARRAK

Rabat, 03 juin 2015 (MAP) – Les personnes qui ne connaissent pas encore le Fado, musique née dans les bas-fonds de Lisbonne voici un peu plus d’un siècle et demi, ont eu la chance d’assister, mardi à Rabat, au débarquement de la fadiste espagnole Maria Berasarte avec son Fado chanté en castillan.

Profitant du cadre exceptionnel du site historique du Chellah, la nécropole mérinide de Rabat, Maria Berasarte a enchanté le public du Festival Mawazine-Rythmes du monde avec des poésies éternelles, comme celle de l’immortel Federico Garcia Lorca lors d’un spectacle intelligent pour ceux qui ne veulent pas réfléchir, « car le silence est nécessaire à la musique, c’est la confiance et la liberté », dit-elle.

Sa voix envoûtante a transporté le public à travers les univers de la musique traditionnelle portugaise, en passant de son Fado métissé chanté en espagnol, au Fado dit « De Invierno », et la chanson folklorique du Pays Basque pour conquérir de nouveaux rivages.

Fado, Flamenco, mais aussi mélodies basques et chants populaires castillans, le récital commence très fort avec des tubes de son album « Aguaenlaboca » (au-delà du fado/chanson ibérique). Portée par une voix assurée, elle transmet un maximum d’émotions avec une reprise du déchirant « Piensa en mi », standard de la chanson populaire espagnole, ou encore un traditionnel basque « Txoria txori ».

Le Flamenco et le Fado sont deux genres musicaux différents, mais qui partagent beaucoup d’éléments, a clarifié la chanteuse espagnole dans une interview à la MAP.

Radieuse dans sa simple robe blanche longue, la chanteuse, qui est à sa première participation à Mawazine, reprend ses grands classiques du fado « La fiesta », « Desnudar los desnudos » et « Agua en la boca », entourée de grands noms de cette musique, José Luis Monton (Guitare Flamenca), José Peixoto (Guitare Classique), Fernando Judice (Basse Acoustique).

Le style paraît daté, à la fois ampoulé et un peu comble émotionnellement. Bref, on la préfère dans son fado en espagnol décrivant des thèmes récurrents: la saudade, l’amour inaccompli, la jalousie, la nostalgie des morts et du passé, la difficulté à vivre, le chagrin. Je me sens plus identifiée avec le fado, probablement pour sa mélancolie, nous a confié la jeune artiste juste avant sa montée en scène, se disant impressionnée par la magie du lieu, le site historique du Chellah qui rappelle les jardins de l’Alhambra à Grenade.

Voix limpide et pauses de diva, la théâtrale Maria Berasarte cultive un tempérament ibérique pour le moins hybride: la prochaine chanson s’appelle le « Fado de Invierno », affirme non sans effronterie cette jeune interprète basque venue du lyrique, qui chante le fado dans son castillan natal.

Puis vient « Inténtalo encontrar » de son fidèle parolier, le poète et dramaturge portugais hispanophone, Tiago Torres de Silva, au médium chaud, aux graves mordorés, dont les dernières notes donnent une idée de ce qu’elle est capable de faire lorsqu’elle se donne à cent pour cent. A la clé : une saudade intemporelle et le souffle du fado qui se frotte à la guitare flamenco pour livrer une rencontre vibrante dans un élan poétique et intime.

A travers sa musique, Maria Berasarte représente et présente un univers à la confluence de deux langues, de deux cultures. Elle puise ainsi parmi environ deux cents mélodies du répertoire du fado traditionnel.

Maria Berasarte est adolescente et élève de conservatoire quand elle découvre cette musique, sans savoir qu’il s’agissait du fado, ou même de la langue portugaise. Dans sa musique se croisent des traditions, des tempéraments, des couleurs – la houle du fado – et la noble limpidité de la voix lyrique.

Le site du Chellah rend hommage, durant huit jours lors de la 14è édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde, aux plus belles traditions musicales de la planète, à travers des créations de pays lointains que les festivaliers ont la chance de découvrir lors des concerts placés sous le thème « Une musique dans chaque port ».

Après le port de Lisbonne hier, ce mercredi direction Marseille, en France, avec un concert de la célèbre formation Lo Cor De La Plana (chœur de la plaine).

Depuis 2001, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde est le rendez-vous incontournable de la scène musicale marocaine et internationale. Chaque année, au mois de mai, cette manifestation unique en son genre fait vibrer la capitale Rabat aux sons d’une musique ouverte aux quatre coins du monde grâce à un programme riche et inédit.

KL—COUV.
IT.

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