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L’histoire de la Femme noire et de ses cheveux crépus selon le livre (Hair story D. Ayana Bryrd et Lori L. Tharp)


Conakry, 04 août 2016 (AGP) – Le début des années 1900 a vu naître un énorme engouement pour cheveux défrisés chez les femmes noires en Amérique, très loin des tresses, nattes et autres styles naturels. Quelques raisons peuvent être avancées à cela:

1- De “bons cheveux” était un signe de classe: les classes moyennes et supérieures noires étaient encore largement à la peau claire et très métissés, de sorte que leur cheveux étaient en généra moins frisés que celui de la plupart des Noirs. En 1916, par exemple, 80% des étudiants dans les collèges noirs étaient à peau claire ou de race mixte.

2- Les “bons cheveux” mis en boîte: la création et la commercialisation de produites de soins capillaires pour noirs par Madame CJ Walker et d’autres qui rendaient beaucoup plus facile le défrisage des cheveux afros. En particulier le fer à lisser, le peigne chauffant, et plus tard dans les années 1960 les défrisants chimiques.

3- Le changement du mode de vie de campagne à celui de la ville. Les femmes dans les villes étaient plus susceptibles de lisser leurs cheveux qui, à cette époque considéraient les cheveux frisés comme archaïques et démodés.

4- La liberté : L’esclavage aboli, les Noirs étaient désormais libres de grimper les échelons de la société américaine, mais ils continuaient à faire face au racisme de la société blanc. Les blancs voyaient les traits caractéristiques africains comme ceux d’un être sauvage, violent et manquant d’intelligence. Beaucoup de Noirs éclaircissaient leur peau et défrisaient leurs cheveux pour paraitre plus acceptables vis-à-vis des blanc afin d’aller de l’avant.

Durant les années 1900, toutes les reines de beauté noire et tous les modèles noirs qui posaient pour un magazine avaient les cheveux défrisés. Même les hommes défrisaient leurs cheveux, comme Malcom X le raconte péniblement dans son autobiographie.

Cela conduit à un grand débat sur les cheveux. Beaucoup de pasteur chrétien, des défenseurs des droits civiques, de journaux noirs et de nationalistes noirs s’élevèrent contre le défrisage, y voyant un signe de haine de soi. Et pourtant, ce sont les épouses de ces hommes qui envoyaient le message plus fort en défrisant leurs cheveux. Ce sont par exemple les cheveux de l’épouse de Booker T. Washington, qui ont conduit Madame CJ Walker à se lancer dans l’industrie.

Une autre tournure étrange, c’est qu’une grande partie de la presse noire où ce débat s’effectuait étaient remplis d’annonces pour des produits de soins capillaires! C’était l’un des rares business profitable pour communauté noire de l’époque. Ainsi, alors que Marcus Garvey, par exemple, s’élevait contre le défrisage, 75% de la publicité dans son journal provenait de l’industrie des soins capillaires.

Comme l’ont remarqué Malcom X et Maya Angelou, il y avait un élément de la haine de soi là dedans, mais il y avait aussi plus que cela. Par exemple, alors que les femmes noires défrisaient leurs cheveux, elles faisaient rarement des coupes de coiffure commune chez les femmes blanches, et même quand elles le faisaient, elles cherchaient à les faire ressortit différemment. Ce n’était donc pas simplement une affaire d’imitation de blanc.

Le peigne chauffant, en passant n’était pas l’invention de Madame CJ Walker. Il était inventé à Paris dans les années 1800 à une époque où les coiffures égyptiennes étaient à la mode. Sears a commencé à les vendre en Amérique dans les années 1880, longtemps avant Walker qui a commercialisé le peigne chaud spécifiquement pour les femmes noires comme un moyen plus facile de se lisser les cheveux.

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