Diamniadio (Sénégal), 02/02/2023 (MAP) – Le déficit en infrastructures physiques et numériques est » encore très élevé » en Afrique, a déclaré, jeudi à Diamniadio, près de Dakar, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine.
Le président Macky Sall intervenait à l’ouverture du Sommet de Dakar sur le financement des infrastructures en Afrique, tenu au Centre international de conférences Abdou Diouf CICAD de Diamniadio, en présence de son homologue rwandais Paul Kagamé, président du Comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du NEPAD.
Des partenaires au développement et des représentants du secteur privé national et internationale prennent part à ce sommet axé sur le thème: ‘’Maintenir l’élan vers des infrastructures de classe mondiale en Afrique’’, auquel participe le Maroc.
Le 2-ème Sommet de Dakar sur le financement des infrastructures en Afrique est organisé par l’Union africaine, à travers l’Agence de développement de l’UA (AUDA-NEPAD) et le gouvernement du Sénégal.
‘’L’infrastructure est le nerf du développement et également le fil conducteur de l’intégration africaine puisqu’elle soutient l’activité économique et assure la mobilité indispensable au processus de développement », a dit le chef de l’Etat sénégalais, soulignant que le déficit en infrastructures reste très élevé malgré la disponibilité d’abondantes de sources d’énergies qui aident à éclairer le monde.
Plus de 600 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité, a t-il noté en soulignant que ‘’c’est un paradoxe ».
Dans nombre de pays, le transport routier et ferroviaire reste encore problématique, a noté le dirigeant sénégalais dans son allocution.
« Il en est de même pour le transport aérien ou pour voyager d’un pays à un autre, on est parfois obligé de sortir du continent pour y revenir”, a déploré Macky Sall.
Pour les infrastructures numériques, a-t-il ajouté, “malgré les progrès accomplis, le taux de connexion sur le continent reste encore faible, 36% contre une moyenne mondiale de 62,5%”.
Le chef de l’Etat sénégalais a souligné face à cette situation l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD), ont lancé en juillet 2010 à Kampala, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).
Ce programme vise à stimuler la réalisation de projets d’infrastructures transfrontaliers dans les secteurs des transports, de l’énergie, de l’eau, des TIC, entre autres secteurs, a rappelé le Président Macky Sall.
En juin 2014, le 1er Sommet sur le financement du PIDA avait été organisé pour lancer un plan d’actions prioritaires de 16 projets. Dans la foulée, Africa Fifties, une plateforme d’investissement dans les infrastructures, avait été créé pour passer de la vision à l’action.
“En dépit de nos difficultés structurelles et des effets de la pandémie Covid-19, il faut reconnaître que l’Afrique est en chantier”, a indiqué Macky Sall qui a rappelé la réalisation en 4 ans du pont Sénégambie, grâce à un prêt de la BAD accordé au Sénégal et à la Gambie.
Ce pont, a-t-il noté, ‘’’une doléance de plus de 60 ans satisfaite en janvier 2019 », assure la fluidité du transport entre les deux pays et vers les régions Sud du Sénégal.
En novembre 2021, a-t-il rappelé, le Sénégal et la Mauritanie avaient lancé le chantier du pont de Rosso sur le fleuve Sénégal qui est en cours de réalisation pour une durée de 30 mois.
Ce pont est un chainon du processus d’intégration africaine en tant que partie intégrante du corridor transfrontalier Tanger-Casablanca-Nouakchott-Dakar-Abidjan et Lagos, selon Macky Sall.
Sur le continent les mêmes efforts de construction d’infrastructures d’interconnexion par des financements publics se poursuivent dans l’esprit du NEPAD, a dit le président sénégalais, en saluant l’implication du secteur privé.
Le sommet de Diamniadio entend rallier les principales parties prenantes, gouvernements africains, secteur privé, institutions de financement du développement, investisseurs institutionnels et partenaires au développement, notamment – autour du Plan d’action prioritaire 2 du Programme de développement des infrastructures privées en Afrique.
Un programme qui compte 69 projets dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des TIC et des transports, avec un investissement d’une valeur de 160 milliards de dollars.
La cérémonie d’ouverture de cette rencontre de deux jours a été présidée par le Chef de l’Etat sénégalais, en présence notamment du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat et de la directrice générale de l’Agence de développement de l’UA (AUDA-NEPAD), Nardos Bekele-Thomas.
Elle a été marquée par des allocutions notamment de Paul Kagame, en sa qualité de président du Comité d’orientation des chefs d’État et de gouvernement du NEPAD, du chef du gouvernement d’Egypte, Mustafa Madbouli, ainsi que du président de la Commission de l’Union africaine.
Le Maroc prend part à cet événement organisé par l’Agence de Développement de l’UA (Auda-NEPAD) et le gouvernement du Sénégal, avec une délégation composée de MM. Mustapha Faress, Secrétaire général du ministère de l’Equipement et de l’Eau, Mohamed El Hassani El Idrissi, Chef de division à la Direction du Grand Maghreb et des affaires de l’UMA et de l’UA au ministère des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Ahmed Chalabi, Directeur général du Conseil Ingénierie Développement (CID), et de l’Ambassadeur de Sa Majesté le Roi au Sénégal, M. Hassan Naciri .
Le programme du Sommet auquel prennent part des ministres, des partenaires, des représentants d’institutions internationales, ainsi que des représentants des secteurs privé sénégalais et international, comprend une Table ronde présidentielle sur « Le financement des priorités de l’Afrique en matière d’infrastructures dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique et plan d’action prioritaire , PIDA PAP2 », et de Panels de Haut niveau portant sur les thèmes: « Synergies pour le financement des corridors économiques dans le cadre du PIDA PAP2″, » « Solutions de financement pour l’accès à l’énergie », » Financement de la préparation de projets d’infrastructure » et « Une décennie de développement des infrastructures régionales en Afrique: premier rapport d’étape sur 10 ans du Pida ».