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MACKY SALL RÉAFFIRME LA NÉCESSITÉ DE REDÉFINIR L’ORDRE DES PRIORITÉS


  27 Août      33        Economie (9743),

   

Dakar, 27 août (APS) – Le chef de l’Etat a réaffirmé jeudi à Paris la nécessité de redéfinir l’ordre des priorités et de redonner sens à l’économie réelle « afin de réaliser un développement compatible avec le bien-être de l’homme intégral ».

« Il urge de repenser notre modèle de développement, d’apprendre de nos erreurs, de redéfinir l’ordre des priorités et de redonner sens à l’économie réelle, en investissant plus et mieux dans l’agriculture, l’énergie durable, les infrastructures, la santé, l’éducation et la formation, afin de réaliser un développement compatible avec le bien-être de l’homme intégral », a déclaré Macky Sall.

Le chef de l’Etat s’exprimait à la tribune de l’Université d’été du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) rebaptisé « La renaissance des entreprises françaises » dont il était l’invité d’honneur.

Parlant de la pandémie de Covid-19, il a indiqué que l’Afrique « par son expérience des épidémies, par la jeunesse de sa population et les mesures préventives précoces, se montre résiliente et combative, déjouant ainsi les sombres pronostics qui prédisaient une hécatombe sur le continent ».

Il est revenu sur son Programme de résilience économique et sociale (PRES) pour faire face aux conséquences de la Covid-19, financé à hauteur de 1,64 milliard de dollars par l’Etat, avec l’appui de partenaires au développement et de donations volontaires.

Le programme a permis de « soutenir le secteur de la santé par le relèvement substantiel du plateau médical, des tests et un traitement gratuit des malades ; assister les populations en denrées de première nécessité et produits phyto sanitaires ; appuyer notre diaspora, si généreuse envers le pays en temps normal, et aujourd’hui durement éprouvée ».

Il a également permis de « sauvegarder la stabilité macroéconomique ; soutenir le secteur privé et préserver l’emploi à travers un paquet de mesures fiscales, douanières et d’injection de liquidités ; assurer l’approvisionnement continu du pays en hydrocarbures ».

Le chef de l’Etat a abordé son plaidoyer « pour un allègement conséquent de la dette publique africaine et un réarrangement de la dette privée selon des modalités à convenir », saluant le président Emmanuel Macron qui « a contribué à l’adoption par le G20 d’un moratoire sur le service de la dette jusqu’à la fin de l’année 2020 ».

Pour le président de la République, « c’est une mesure appréciable, mais certainement insuffisante compte tenu de l’impact de la crise sur nos économies ».

Il a donné l’exemple du Sénégal dont le taux de croissance économique passerait de 6,8% à 1,1%.

Selon lui, il faut « considérer la question de l’allègement du fardeau de la dette, pour accompagner l’Afrique dans ses efforts de résilience et de reprise de sa trajectoire d’émergence post Covid », même si avec un montant de 365 milliards de dollars, la dette africaine ne représente que 2 % du volume de la dette mondiale.

Il a invité les partenaires publics et privés à poser « un nouveau regard sur l’Afrique et les africains ».

« Ceux qui continuent de percevoir et d’analyser les dynamiques africaines à travers des paradigmes et des paramètres périmés, risquent d’être surpris et en retard sur les rendez-vous de demain », a-t-il dit.

Il a présenté l’Afrique, « pour une économie mondiale essoufflée », comme « une source d’opportunités et d’investissements ».

Selon lui, le Sénégal « veut rester dans cette dynamique avec la Phase II du Plan Sénégal émergent sur la séquence 2019-2023 ».

Dans sa deuxième phase, a-t-il expliqué, le PAP porte sur des secteurs cibles comme les infrastructures, les mines, l’énergie, y compris l’exploitation du gaz et du pétrole, le transport, l’agriculture et l’agro business, la construction, avec un programme quinquennal de 100 000 logements, le tourisme, la finance, les industries et l’économie numérique.

Mais, a relevé le chef de l’Etat, la pandémie de Covid-19 a révélé « des points de vulnérabilités potentielles » qui exposeraient le Sénégal à « des pénuries en cas de rupture de fret ou de rétention de certains produits par les pays exportateurs pour satisfaire leurs propres besoins. Il en est ainsi de l’agriculture et de l’industrie pharmaceutique, entre autres ».

Pour parer à de telles éventualités, le Sénégal va adopter en septembre son Programme d’actions prioritaires ajusté et accéléré (PAP2a), a annoncé jeudi à Paris le chef de l’Etat.

« Il s’agira de donner une sur-priorité à la souveraineté alimentaire (agriculture, élevage et pêche), pharmaceutique et sanitaire, et de booster en même temps l’industrialisation de l’économie, le numérique, le tourisme, le logement, en favorisant davantage l’équité territoriale et l’inclusion sociale », a souligné Macky Sall.

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