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Maman Sambo Sidikou : « Les Nations Unies partagent la douleur du peuple congolais »


  25 Avril      34        Musique (447), Société (47635),

   

Kinshasa, 25 avril 2016 -(ACP)- Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en République Démocratique du Congo, Maman Sambo Sidikou, se dit profondément attristé par l’annonce de la disparition de l’artiste musicien connu sous le nom de Papa Wemba, indique un document de la Monusco.

Dans une déclaration rendue publique, lundi 25 avril à Kinshasa, Maman Sidikou a reconnu que Papa Wemba est une légende et un artiste de grand talent qui a hissé très haut l’étendard de la musique et de la culture congolaises et celle de toute l’Afrique en général dans le firmament de la musique mondiale. Selon lui, l’œuvre de Papa Wemba est constituée d’un immense et riche répertoire de chansons qui perpétueront à jamais son souvenir dans la mémoire des générations présentes et futures. A cet effet, Maman Sidikou a, au nom de toute la famille des Nations Unies en RDC, présenté ses sincères condoléances à la famille de l’illustre disparu et à la nation congolaise.
Papa Wemba, roi de la rumba congolaise et prince de la SAPE
Roi de la rumba congolaise, fou de mode et de beaux vêtements, Papa Wemba, mort dans la nuit de samedi à dimanche à Abidjan, était depuis plus de 40 ans un des chanteurs africains les plus populaires. Voix haut perchée et personnalité flamboyante, le « rossignol » Papa Wemba était une des grandes figures de la rumba congolaise et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l’un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par les plus grandes audaces vestimentaires.
Né Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba le 14 juin 1949 dans la province du Sankuru, Papa Wemba tenait sa passion du chant de sa mère, une « pleureuse » qu’il accompagnait aux veillées funèbres alors que son père préfèrait le voir devenir avocat plutôt que musicien. Après des débuts dans des chorales religieuses où il forge sa voix haute, très caractéristique, il arrive à Kinshasa à la fin des années 60 où, influencé comme toute sa génération par la culture anglo-saxonne, il prend le pseudonyme de « Jules Presley ». Il participe, en 1969, à la création d’un des principaux groupes zaïrois des années 70, Zaïko Langa Langa, qui dépoussière la rumba traditionnelle (style né à la fin des années 40, qui combine rythmes afro-cubains et chants congolais) en y introduisant des rythmes rock et des sonorités électriques. Papa Wemba crée le groupe Viva La Musica en 1977 et apparait comme une star en Afrique centrale. Il fonde le village de Molokaï, près de Kinshasa, dont il s’autoproclame chef coutumier. Dans les années 80, avec l’émergence de la « world music », les producteurs européens s’intéressent à lui. Ses séjours en France sont de plus en plus fréquents. Au Zaïre, sa musique est un exutoire pour la jeunesse, même s’il refuse de jouer tout rôle politique.
Papa Wemba s’installe en France en 1986 alors que sa renommée touche même le Japon, emballé par ce dandy africain qui s’habille chez les grands couturiers. Il commence à toucher un public élargi, grâce notamment à un album « world music » produit par le Français Martin Meissonnier en 1988 qui marie sonorités africaines et occidentales. Au début des années 90, il se lie avec Peter Gabriel (ex-chanteur de Genesis, qui a lancé son label RealWorld), dont il assure les premières parties. Papa Wemba sort trois disques sur le label RealWorld, élaborés pour le public occidental, alors que, parallèlement, il publie d’autres oeuvres plus ciblées sur la communauté africaine. Il ne rencontre cependant pas le succès d’autres stars africaines en Europe ou aux Etats-Unis, comme par exemple le Sénégalais Youssou N’Dour. Sa carrière internationale a perdu un peu de son éclat après la fin de son contrat RealWorld, en 1999. D’autant qu’il apparaît alors davantage dans la rubrique faits divers au début des années 2000 avec une condamnation en France pour aide au séjour irrégulier d’étrangers sous couvert de ses activités musicales. Il a passé plus de trois mois en détention préventive en 2003 dans le cadre de cette affaire. Mais ce père de six enfants restait une grande star en Afrique. Il était de tous les événements musicaux majeurs concernant le continent, chantant notamment en l’honneur des 90 ans de Nelson Mandela en juin 2008 à Londres. A 66 ans, il était une des têtes d’affiche du Femua, grand festival organisé à Abidjan où il a fait samedi soir un malaise sur scène.

ACP/Kayu/Ndom

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