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Nahoua Dacoury, le tambourineur du Palais présidentiel conte le sens du tam-tam parleur (Portrait)


  25 Mai      37        Arts & Cultures (2292), Musique (428),

   

Abidjan, 25 mai 2018 (AIP) – Assis dans son salon, le célèbre tambourineur du Palais présidentiel ivoirien, Nahoua Dacoury conte devant la caméra de l’Agence ivoirienne de Presse (AIP), l’histoire de sa vie remplie de rebondissements, d’anecdotes et de désenchantements.

Un parcours marqué par l’art du tam-tam parleur dont il dit être un grand pratiquant. Le regard vif et l’allure forte, le septuagénaire plein de vie témoigne d’une carrière riche et parle des rapports avec les différents présidents qu’a connus la Côte d’Ivoire. Une histoire jamais racontée.

Né à Lakota dans le village de Dikohoui, en 1939, le célèbre danseur, seul fils de sa mère a l’adresse particulière devant le tam-tam. Il a connu une naissance difficile. Après sept jours de souffrance, la mère désespérée de ne pouvoir mettre au monde son enfant, après des jours de travail, crie au Ciel pour obtenir la délivrance.

Le marabout alerté met fin à son calvaire à l’aide de mixtures du terroir savamment appliquées. Il prédit ce jour, une destinée grandiose à ce fils, « cet enfant de douleur ». «  Il portera le son du tam-tam et l’amour de la danse », annonce le marabout.

Depuis son enfance, Nahoua dit être porté par une habilité hors pair dans l’art du tam-tam. Un savoir-faire inné dont il use, avec admiration lors des grandes cérémonies villageoises. Adulé et célébré, le danseur est l’attraction de son village, l’étoile montante de sa communauté. Son nom et sa renommée se répandent comme une traînée de poussières dans les hameaux et villages de Lakota.

Fierté de sa région, il illumine les célébrations festives par son adresse et son habilité dans la danse. « Je n’allais pas en brousse. Je vivais de dons, grâce à mes talents de danseur », explique-t-il.

Le sens du tambour

Instrument de langage traditionnel, le tambour porte des sons. Il appelle le jour : « il fait jour. Il est temps de se réveiller », lance le tam-tam le matin, lors d’une cérémonie.

Cet instrument sert aussi à saluer les personnalités, à exprimer leurs qualités. « Un tambourineur, à travers son art, témoigne de la dextérité des hommes, de leur bravoure, leur élégance et nomme leurs prestiges », dit-il.

Des sons qui témoignent de la force d’un guerrier, de l’abnégation d’un combattant dans la société. Le tambour peut annoncer un décès.  « Mes enfants, nous sommes venus en brousse, il doit y avoir une personne qui est morte », peut exprimer le son du tam- tam, révèle Nahoua.

Le président Bédié ou l’hippopotame qui nettoie la rue à son passage

Saluant la force du son, Nahoua Dacoury présente à travers son art, le président Bédié (1993-1999) sous le trait d’un animal fort et courageux. Il le nomme « l’hippopotame qui nettoie la rue à son passage, la force de la nature au service des autres ».

Parlant du chef d’Etat Guei Robert (1999-2000), il est ferme. «  J’avais peur de lui », a-t-il dit.

Parlant du Président Laurent Gbagbo (2000-2010), Nahoua Dacoury déclare: « Il m’a fait du bien ». Laurent Gbagbo aimait être célébré et recevoir des louanges sur la bravoure et à la combativité. « Ce type généreux » lui accordait une subvention pour ses besoins primaires.

Alassane Ouattara, un homme de cœur. Il dit aimer présenter le président Alassane Ouattara, comme « celui qui commande, qui dirige. L’homme qui fait peur, mais ne fait pas de mal », à travers les sons du tam-tam.

Homme apolitique, Nahoua dit avoir bénéficié des largesses du président Alassane Ouattara depuis son accession à la magistrature suprême en 2011.

Grâce à une initiative menée par le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman, il est enregistré au Bureau ivoirien des droits d’auteurs (BURIDA) depuis 2015 et perçoit une pension mensuelle de 300.000 FCFA de l’Etat ivoirien.

Le tambourineur a été décoré de la médaille de l’Ordre du Mérite ivoirien, le 07 août 2015, lors du 55e anniversaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire.

Sa rencontre manquée avec le président Félix Houphouët-Boigny (1960-1993)

Nahoua regrette de n’avoir pas pu rencontrer le président Houphouët-Boigny, le père de la Côte d’Ivoire moderne, bien qu’il témoigne avoir reçu des présents de sa part.

« Quand j’entendais que le président Houphouët comptais aller à une cérémonie, j’allais avec mes tam-tam pour animer la cérémonie ». Des initiatives personnelles qui finiront par conquérir l’assentiment du premier président de la Côte d’ Ivoire qui lui témoigne sa gratitude, par divers dons.

Un cordonnier mal chaussé

Cet homme de devoir vit dans une maison de deux pièces acquise en 1976 à Sogefiha Yopougon. « Je payais un peu un peu. J’ai fini maintenant », souffle l’homme de 79 ans qui affirme vivre dans « une maison de poulailler ».

«  Je souhaite acquérir une maison plus grande pour terminer mes vieux jours », explique Nahoua Dacoury. « Monsieur le président, vous m’avez décoré mais je vis dans des conditions déplorables. Aidez-moi! », lance-t-il au Président Ouattara. « Je suis un animateur du Gouvernement, je pleure de vivre dans ces conditions déplorables », poursuit le danseur d’exception qui rêve légitimement d’une maison digne.

nmfa/akn/cmas

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