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Tabagisme : “mégot-pollution”, menace sanitaire et environnementale (Dossier)


  13 Août      15        Environnement/Eaux/Forêts (3964),

   

Abidjan, 12 août 2022 (AIP)- Avec près de 150 000 mégots de cigarettes directement jetés au sol chaque seconde dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la menace est réelle. La planète fait plus que jamais face à une “mégot-pollution” dont les impacts sur la santé et l’environnement se font de plus en plus sentir, et suscite des criantes.
Des impacts sanitaires et environnementaux auxquels l’on peut ajouter un impact social, puisque la culture du tabac et la production des cigarettes se font principalement dans des pays en voie de développement. 90 pourcent des cigarettes fabriquées dans le monde, soit 5400 milliards, le sont dans des pays pauvres : des enfants travaillent dans les champs de tabac et sont exposés au DDT (insecticide) et à d’autres produits chimiques d’une grande dangerosité.
A lui-seul, le mégot contient une centaine de substances nocives voire cancérigènes, qui contaminent à la fois l’eau, l’air et les sols. En plus des dégâts générés en matière de déforestation, émissions de CO2 et acidification des sols, les mégots de cigarettes sont la principale source de pollution des océans.
La pollution causée par les déchets de cigarettes
Si l’on estime qu’un fumeur, comme toute personne exposée à la fumée de cigarette, est soumis à un risque 57 fois plus élevé de développer un cancer que s’il était exposé à n’importe quel autre polluant existant aujourd’hui dans l’atmosphère terrestre, c’est parce que la fumée produite par la combustion d’une cigarette est l’un des polluants les plus dangereux au monde. « À titre de comparaison, un moteur de voiture contemporaine qui tourne au ralenti durant 30 minutes pollue moins que la fumée de trois cigarettes qui se consument l’une après l’autre », a fait savoir le chargé d’étude, de l’information, de l’éducation et de la communication du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA), Dr Nestor Koffi.
La nicotine est évoquée comme l’un des composants les plus problématiques de la cigarette, alors qu’elle est loin d’être la plus dangereuse, selon des spécialistes en  environnement. En effet, lors de la combustion d’une cigarette plus de 7 000 substances chimiques sont brûlées. Une cinquantaine d’entre elles sont réputées très toxiques, parmi lesquelles l’arsenic. Des substances sont aussi générées, par réaction chimique, lorsqu’un fumeur allume une cigarette. Il s’agit notamment de l’ammoniac, du benzène, du cadmium, du cyanure d’hydrogène, du formaldéhyde, du goudron, du monoxyde de carbone et de l’oxyde d’azote.
En plus de sa propre structure constituée d’acétate de cellulose dont les fibres sont traitées au dioxyde de titane puis compactées avec de la triacétine, le filtre d’une cigarette contient de nombreuses substances nocives et polluantes lorsqu’il arrive à l’état de mégot. Il a absorbé, lors de la combustion de la cigarette, un grand nombre de produits toxiques, qui vont des traces de pesticides utilisés dans la culture du tabac jusqu’aux substances générées lors de la combustion et aux métaux lourds toxiques comme le plomb et le mercure, selon le chargé d’étude, de l’information, de l’éducation et de la communication du PNLTA, Dr Nestor Koffi.
Les déchets de cigarettes en chiffres
Depuis les années 1980, les mégots représentent jusqu’à 40 % des déchets ramassés lors des campagnes de nettoyage des villes, de la nature ou des plages, partout dans le monde. 4.500 milliards de mégots sont jetés et dispersés chaque année sur la planète. La consommation de cigarettes rejette dans la nature 680.000 tonnes de déchets, dont une grande partie finit dans les océans, cœur battant de notre planète, selon l’OMS.
L’impact des mégots sur les ressources en eau
Les cigarettes ont un impact sur l’environnement, notamment sur les ressources en eau de la planète. En effet, les mégots de cigarettes, les filtres en plastique et autres restes de cigarettes fumées polluent les sols, les plages et les cours d’eau. Des études montrent que les déchets liés à la consommation de cigarette représentent une menace pour la faune et la flore. Ils représentent en réalité un véritable danger écologique, même en ville.
« Les mégots de cigarettes constituent une source de contamination de l’eau par les métaux lourds, nuisible aux organismes locaux. Car un seul mégot pollue jusqu’à 500 litres d’eau », a déclaré le chargé d’étude, de l’information, de l’éducation et de la communication du PNLTA, Dr Nestor Koffi.
Ces mégots, selon lui, représentent le détritus le plus important dans le monde. De plus, ces déchets générés par les cigarettes et autres produits du tabac peuvent relâcher des composants chimiques et sont particulièrement toxiques dans l’environnement, entraînant une pollution des sols, de l’eau et de l’air.
« Face à cette situation, la nappe phréatique qui fournit la quasi-totalité de l’eau potable que les Abidjanais boivent risque d’être polluée. Car c’est la nappe la plus exposée à la pollution en provenance de la surface », a fait savoir Dr Nestor Koffi.
4,500 milliards de mégots de cigarettes jetés chaque année dans le monde, générant près de 800 millions de kilos de déchets toxiques chaque année ; 2 millions de tonnes de déchets solides issus de cartons et emballages ; 40% du total des déchets collectés lors du nettoyage des océans dans le monde sont des mégots de cigarettes.
Selon une étude américaine, les mégots de cigarettes sont les déchets les plus retrouvés dans les zones commerçantes, les égouts, les plateformes de chargements logistiques, les chantiers de construction et les aires de loisir. A côté de cela, chaque mégot qui atterrit dans un caniveau au lieu d’un cendrier pollue, à lui seul, 500 litres d’eau. À l’échelle planétaire, l’impact des mégots sur les ressources en eau est donc catastrophique.
D’ailleurs, des spécialistes de l’environnement estiment à près de la moitié, soit 2.150 milliards par an, le nombre de mégots qui finissent leur course dans les océans. Une étude publiée en 2018 par NBC News alerte sur les enjeux environnementaux de ce phénomène, classant le filtre de cigarette comme le premier agent polluant des océans, avant même les pailles et les sacs en plastique. Les déchets mégots, leur collecte, leur diminution, leur recyclage et la sensibilisation du public fumeur est donc un problème majeur pour la planète.
12 ans pour éliminer le mégot de la nature
Un filtre de cigarette jeté dans la nature ou sur la voie publique met plusieurs années à se biodégrader. En milieu terrestre comme en milieu marin, la nature l’élimine en 12 ans environ. Lorsqu’un mégot est biodégradé, plus de 54 milliards d’autres mégots auront donc été jetés entre-temps.
« La majeure partie d’une cigarette est biodégradable en 1 à 3 ans. Mais l’un des composants du filtre, l’acétate de cellulose, met en 10 ans environ pour se dégrader intégralement. Il s’agit en effet d’une matière plastique utilisée sous forme de fibres dans le filtre », précise le chargé d’étude, de l’information, de l’éducation et de la communication du Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA), Dr Nestor Koffi.
Si le mégot jeté au sol au lieu de rejoindre un cendrier finit par disparaître au bout de 12 ans, ses répercussions sur la nature sont néanmoins tentaculaires : des traces des substances chimiques et nocives qu’il contient, notamment les métaux lourds, persistent et sont même retrouvés chez des animaux marins, selon Dr Koffi.
Aujourd’hui, le tabac n’est plus seulement à envisager comme un problème de santé publique, il est aussi au cœur des enjeux environnementaux. La gestion des déchets générés par la consommation de cigarettes doit notamment faire l’objet d’une véritable réflexion à l’échelle planétaire mais aussi locale, à travers la mise en place  de moyens de collecte et systèmes de recyclage  adaptés aux habitudes du public et aux enjeux écologiques.

Des pistes de solutions pour mettre fin à ce fléau

En Côte d’Ivoire, jeter son mégot par terre n’est passible d’une amende ou d’une sanction au regard de la loi antitabac. Donc les jeteurs peuvent continuer de polluer nos villes. C’est pourquoi des spécialistes en environnement souhaitent que le gouvernement adopte des  mesures coercitives pour sanctionner les jets de mégots.

« Les pouvoirs publics doivent instaurer une amende  pour chaque personne jetant un mégot par terre afin de limiter la propagation des mégots dans la nature. Pour sensibiliser la population sur cette pollution urbaine et changer durablement les comportements des fumeurs qui continuent encore trop souvent à jeter leurs cigarettes par terre, le ministère de la Salubrité doit mettre en place régulièrement des opérations ‘’Zéro Mégot’’ », a souhaité l’environnementaliste, Hugues Yao.

Par contre, certains pays ont essayé d’innover pour venir à bout de ce fléau, en proposant des incitations à ramasser les mégots. A Barcelone par exemple, un bar offre une bière en échange d’un verre rempli de mégots, pour pousser les gens à ne pas jeter ces derniers par terre et à ramasser ceux des autres. En Bretagne l’été dernier, la crêperie Au Goûter Breton a suivi leur exemple en offrant une crêpe en échange d’un verre de mégots.

De plus, un certain nombre d’alternatives s’offrent maintenant aux fumeurs pour faire cesser cette mauvaise habitude : cendriers de poche, poubelles adaptées, etc. Ces alternatives sont encore peu connues mais gagnent du terrain de jour en jour. D’autres personnes s’attellent à trouver des moyens pour les recycler. En France, de nombreuses entreprises et associations trient et recyclent les matières qui composent les mégots de cigarette. Mais l’innovation la plus originale provient sans doute d’une jeune Belge, Audrey Speyer, qui a inventé un cendrier en champignons avec sa startup Purifungi. Ce cendrier est censé manger et digérer les mégots en deux mois.

Le dispositif légal de Côte d’Ivoire dans la lutte anti-tabac

En 1960, la Côte d’Ivoire a permis, en vue de son développement, l’implantation de l’industrie du tabac, un secteur pourvoyeur de ressources et d’emplois. Mais face au tabac, reconnu comme une menace pour la santé des populations et pour l’économie nationale, l’Etat opte pour la bonne santé de ses citoyens.

Dans sa déclaration du 31 mai 2021 à l’occasion de la journée mondiale sans tabac, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba a relevé qu’en Côte d’Ivoire, le tabagisme chez les jeunes prend de l’ampleur depuis quelques temps.

« Face à cette situation, le gouvernement est à pied d’œuvre pour apporter les solutions susceptibles d’inverser la tendance, à travers la mise en œuvre de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. Ainsi, des actes notables ont été posés parmi lesquels, l’adoption et la promulgation de la loi relative à la lutte antitabac, l’organisation des campagnes de sensibilisation de masse visant prioritairement les jeunes », indique-t-il.

« Il faut ajouter à ses actions préventives, la promotion du sevrage tabagique qui s’est concrétisée à travers, l’élaboration des directives pour la prise en charge des personnes dépendantes au tabac, la mise en service au sein du CHU de Cocody, d’une unité de sevrage tabagique qui est l’actuel centre de référence, le renforcement de capacités en matière de sevrage tabagique, de près de 300 agents de santé issus de toutes les régions sanitaires », a ajouté le ministre de la Santé.

L’Etat de Côte d’Ivoire a adopté en juillet 2019, une loi anti-tabac pour renforcer la lutte contre le tabagisme. L’exécutif prend ainsi des dispositions coercitives pour lutter contre le tabagisme face à la cigarette de contrebande. En adoptant ce dispositif, l’Etat veut lutter contre la consommation du tabac et les produits dérivés, ce qui n’était pas le cas avec les dispositions antérieures.

La taxation du tabac en Côte d’Ivoire est de 43%, en dessous du seuil fixé par la norme communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui indique une imposition des droits d’accises allant de 50% à 150%.

L’Etat ivoirien a déjà pris des dispositions interdisant de fumer dans les lieux publics et veut soutenir les campagnes de sensibilisation à l’attention des jeunes, ce qui devrait à terme réduire les coûts sanitaires liés à la consommation du tabac qui grève le budget alloué à la santé.

Au plan sanitaire, le ministère ivoirien de la Santé et de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle note 5 000 décès annuels dus à la consommation du tabac et des produits dérivés avec une prise en charge des patients tabagiques qui « coûterait à l’Etat près de 28 milliards de FCFA par an ».

La cause principale de la forte consommation du tabac est l’ignorance des populations des dangers du tabac. C’est pourquoi une lutte anti-tabac a été engagée avec la star mondiale du reggae Alpha Blondy, ancien fumeur, qui s’est totalement investi dans la campagne.

Par Tanguy Gahié

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