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Trafic en hausse : La saisie de certaines drogues a plus que doublé en un an (Police)


  17 Septembre      8        Securité (1676),

   

Niamey, 17 Sept (ANP)- L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a opéré au Niger des saisies de drogues dont pour certaines la quantité a plus que doublé entre 2018 et 2019.

Les statistiques de ce service spécialisé de la police nationale font ressortir que entre 2018 et 2019, la quantité d’herbe de cannabis a plus que doublé avec une saisie de 7,6 T contre 2,762 tonne alors que celle de certaines substances telles que diazépan a presque quadruplé passant de moins de 900.000 à plus de 4, 7 millions de comprimés sur la période.

Quant au trafic de cocaïne, il a explosé de 546 grammes à 5,7 kg en un an, peut-on relever dans les chiffres de l’Office.

M. Yacouba Rabiou Nomaou, Commissaire principal de police, Chef Division Recherche et investigations de l’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) note que, « la situation est inquiétante car on constate de plus en plus, l’implication des jeunes nigériens dans le trafic ».

Les jeunes forment une part importante des ‘’dealers’’ et des consommateurs interpellés dans les centres urbains, selon les dernières statistiques disponibles.

‘’L’ensemble des personnes interpellées dont les consommateurs et ceux qui en vendent même en milieu scolaire est de 2761 dont 75% ont une tranche d’âge située entre 18 et 39 ans ; en 2018, 3064 personnes dont 70% avec une tranche d’âge située entre 18 à39 ans et en 2019, 2041 personnes dont 82,64% ont une tranche d’âge située entre 18 à39 ans », fait observer le responsable de l’OCRTIS.

« Plus dangereux encore pour les jeunes, c’est le trafic en milieu scolaire, car le tramadol se vent à 50f cfa seulement le comprimé et un joint de cannabis entre 200f à 500 f cfa », note-t-il.

« Il existe plusieurs réseaux de trafic dont certains avec une envergure internationale qui ont été démantelés par l’OCRTIS. Ces réseaux les font passer par voie terrestre, aérienne et fluviale, mais l’essentiel du trafic de ces drogues se fait dans le désert par des groupes armés non étatiques qui profitent de la porosité de nos frontières et de la perméabilité pour organiser et développer leur trafic », détaille le commissaire.

«Pour échapper aux forces de sécurité, le trafic se fait à travers plusieurs techniques de dissimulation, en les transportant par exemple dans le corps ou sous le corps, dans des véhicules ou tout autres objets tels que les bagages », fait-il remarquer.

« Parmi la gamme de drogues à haut risque qui entre au Niger, on y trouve principalement la cocaïne, communément appelé « coke », « neige » ou encore « snow » ; l’héroïne ; le crack ; le cannabis (chanvre indien) ; la Résine de cannabis ; les amphétamines dont les plus prisés sont le Tramadol et le diazépam, à l’origine de nombreux troubles de santé mentale et physique », explique le Chef Division Recherche et investigations de OCRTIS M. Yacouba Rabiou Nomaou.

« Les astuces les plus usitées dans le circuit de trafic de drogue sont multiples et l’essentiel de drogue qui entre au Niger, transite par certains pays de l’Afrique de l’Ouest à travers les compagnies de transport en commun et également par la voie fluviale », témoigne M. Halidou, un ex-dealer, trentaine sonnée et faisant la navette entre les grands carrefours de la capitale cherchant de quoi subvenir à ses besoins.

« Les fournisseurs et transporteurs fabriquent plusieurs sortes d’emballages afin de franchir les frontières nigériennes avec leurs marchandises», glisse-t-il.

« Certains les placent dans des boîtes de conserve, de tomate, dans des sacs de pommes de terres, de patates douces, accompagné de ’’soumbala’’, une arôme naturelle dont l’odeur particulière qui dédouane de tout soupçon », confie-t-il en connaisseur.

Les modes opératoires sont les plus astucieux et inventifs : postes téléviseurs évidés, réservoirs de circonstances, chambres à air sont autant de caches et de ‘’passoires’’.

« Le contrôle routier inopiné des policiers ne peuvent contrôler tous les véhicules de transport ou autres qui passent devant un point de contrôle », juge avec beaucoup de pessimisme, un fin-connaisseur de circuit d’acheminement de la drogue sur le territoire nigérien.

« Il est difficile pour les agents contrôleurs de décharger tous les camions de transit et passer la main dans tous les bagages », fait-il remarquer, le cas échéant, cela se fait avec beaucoup d’à-peu-près. ‘’Mais quand le contrôle tombe sur votre camion qui est en possession de drogue et qu’ils décident de vérifier tous les bagages, là, tu peux te dire que ce n’est pas ton jour de chance, mais sinon n’importe qui peut passer inaperçu avec la drogue‘’ a-t-il ajouté ’’.
C’est tenant compte de tout cela que ces repentis appellent les pouvoirs publics à plus de vigilance dans le contrôle des marchandises chargées à bord de bus de transport en commun, tous azimuts.
Selon eux, les outils de détection de drogues ont montré leur limite, au regard de la multitude de techniques des passeurs qui évoluent chaque jour.

Le Niger dispose d’un arsenal anti-drogue : il s’agit des conventions internationales ratifiées notamment la Convention unique des Nations-Unies sur les stupéfiants de 1961 qui est un instrument qui s’occupe exclusivement des stupéfiants et qui assure le contrôle de la production des matières premières des stupéfiants, la Convention de Vienne de 1971 sur les substances psychotropes.

Ces textes sont renforcés au niveau national par une ordonnance de 1999 relative à la lutte contre la drogue au Niger et un Arrêté du ministère de la santé de 2013.

« Au-delà des dispositifs et réglementaires, l’office en charge en tant que principal organe de lutte contre la drogue au Niger a entrepris plusieurs actions tendant à la répression du trafic dont, entre autres, les techniques d’opérations sur les frontières terrestres et aériennes », fait savoir le responsable de l’Office.

En dépit de tout, le phénomène dont les ramifications sont internationales prend des proportions importantes.

Le contexte sous-régional marqué d’insécurité amplifie ces trafics de toutes sortes et fait le lit de criminalité transnationale– trafics d’armes, de personnes et de drogues, croient savoir les observateurs.

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