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Un graphiste propose une rupture sémiologique pour révolutionner l’art africain contemporain 


   

Dakar, 24 avril 2016 (APS) – Le graphiste sénégalais Maitre Pofrima, de son vrai nom Papa Oumar Fall, préconise « une rupture » dans la production, la présentation et la réception des biens culturels, à partir d’une approche sémiologique qui valoriserait davantage selon lui l’art contemporain africain.

« Je veux introduire une rupture par rapport à la réception de l’art, à sa présentation, à la production de l’art et des biens culturels mais aussi du patrimoine matériel et immatériel », a-t-il annoncé dans un entretien avec l’APS.

La tendance actuelle de production et d’échanges des biens culturels doit être renversé a-t-il dit, pour « une stratégie aussi bien communicationnelle que cognitive, qui puisse permettre une démocratisation de l’accès à la culture et à l’art ».

« L’art contemporain africain est un art plus orienté vers les sociétés occidentales que vers nos propres sociétés, car le marché de l’art africain est presque inexistant au niveau local », a analysé le graphiste.

Selon Maitre Pofrima, le secteur de l’art et des biens culturels se trouve gouverné par « une critique embryonnaire et une communication déficiente », ce qui fait que le Sénégalais lambda se retrouve « exclu des espaces de production et de valorisation de l’art africain ».

« C’est pour cette raison que j’ai créé un Laboratoire de sémiologie alternative, qui est un espace scientifique où l’on analyse les signes produits par un système considéré comme le nôtre et qui entre en interaction avec les autres systèmes », a-t-il indiqué.

Cette structure de recherche et d’expérimentation nourrit l’ambition de revaloriser l’enseignement de l’art, notamment dans les écoles, mais aussi dans les quartiers, a expliqué Papa Oumar Fall.

Il s’agit selon lui de créer « des espaces d’expression et d’épanouissement artistique et culturel dans les écoles et dans les quartiers », se disant convaincu qu’une politique culturelle « doit tenir compte de ces deux points, l’école républicaine comme moule de la société et les quartiers qui englobent la famille ».

L’artiste qui totalise plus d’une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine artistique, compte présenter ce Laboratoire du 3 mai au 3 juin, parallèlement à une exposition de ses travaux de stylographie sur tissu, à la grande bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

Cette exposition n’entre pas dans le cadre de la 12ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art), prévue du 3 au 10 mai, a-t-il précisé.

Elle se présentera sous plusieurs angles, à savoir « les passerelles entre langage articulé et langage pictural », « le concept occupons l’art rue », « le signe au cœur du processus éducatif » ou encore « les expérimentations pédagogiques dans les écoles qui ciblent les jeunes de la puberté à l’adolescence et de l’adolescence au jeune adulte ».

Parlant du Dak’art 2016, dont la tenue coïncidera avec la période de son exposition, il dit attendre de cette manifestation qu’elle s’adresse davantage aux Sénégalais à travers « une orientation moins élitiste ».

Du point de vue de Papa Oumar Fall, « l’art moderne contemporain ne peut se développer sans un mécénat d’Etat fort ». « Les artistes participent selon lui au rayonnement du pays et devraient pouvoir bénéficier de bourses pour produire des œuvres de qualité ».

MF/BK

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