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Vol de bétail et santé animale : la recette informatique d’un éleveur


  12 Mai      68        Innovation (317), Téchnologie (903),

   

Dakar, 12 mai 2017 – (APS) – Amadou Sow, un éleveur de 38 ans, a présenté jeudi à l’APS son application « Daral » mise au point en 2006 pour identifier les éleveurs et le cheptel, afin de lutter contre le vol de bétail et améliorer la santé animale.

M. Sow revendique actuellement, grâce à cette innovation, une base de données comprenant 2.691 éleveurs inscrits, pour 49.062 bêtes déclarées (caprins, équins, bovins, etc.), dans les départements de Foundiougne, Nioro du Rip et Kaolack (centre).

En attendant de pouvoir vulgariser partout au Sénégal l’application « Daral » officiellement lancée en 2014, le jeune éleveur parcourt ces trois départements pour inscrire des éleveurs et recenser leur bétail, dans l’espoir d’en faciliter la recherche en cas de perte ou de signaler celle-ci.

L’application permet de faire un travail d' »alerte précoce » au profit des éleveurs lorsqu’une maladie menace le cheptel, de la localiser, d’en faire connaître les symptômes par une campagne d’information et, au besoin, déterminer le nombre de vaccins nécessaires pour la zone touchée et le type d’animal concerné, avec le soutien du ministère de l’Elevage et des productions animales.

« Au Sénégal, le vol de bétail nous coûte chaque année deux milliards de francs CFA », précise la ministre de tutelle, Aminata Mbengue Ndiaye, dans une vidéo consacrée à cette application, dont elle préconise la vulgarisation partout au Sénégal.

« C’est une initiative personnelle que j’ai lancée en 2006, à Sokone (région de Fatick), afin de promouvoir la santé animale, la fourniture de statistiques sur le secteur », explique le jeune éleveur doublé d’informaticien.

Amadou Sow s’est lancé dans cette entreprise en mettant en place la société anonyme à responsabilité limitée « Daral Technologies », après son retour d’une aventure qui l’a conduit en Mauritanie où il s’activait dans les transactions foncières.

« Des mains sures »

« Grâce à cette application, on peut savoir à qui appartient tel animal, puisqu’en s’inscrivant, les éleveurs identifient en même temps leur bétail, à l’aide de boucles, de puces électroniques, de numéros ou d’implants. Si une maladie se déclare, nous donnons aux éleveurs des informations qui leur parviennent à l’aide de leur téléphone portable », explique-t-il.

Le fondateur et directeur général de « Daral Technologies » dit avoir reçu des équipements (ordinateurs, appareils photo, etc.) offerts par les services de la société Microsoft au Sénégal.

L’application comprend des « fonctionnalités », dont l’une, baptisée « Transactions » – aux côtés d’autres comme « Notifications », « Recherche », etc. – permet de « faire la traçabilité » d’un animal muni d’une puce ou d’un implant par exemple, afin de « fournir des informations sur l’acheteur et le vendeur », explique M. Sow.

Pour garantir l’efficacité de cette technologie, il collabore avec les « daral », les marchés au bétail des zones couvertes par la startup.

« Nous voulons inciter les gens à vérifier si l’animal qu’ils achètent est entre des mains sures ou pas. Si on en arrive là, personne ne prendra le risque d’acquérir un animal n’étant pas muni d’un objet d’identification », assure Amadou Sow, muni d’un smartphone bourré de données : graphiques, dessins, identifiants et noms d’éleveurs, vidéos, etc.

« Notre souhait est de subdiviser chaque département du Sénégal en huit zones d’intervention et de recruter un jeune, qui va s’occuper de la gestion des données informatiques », répond-il, plein d’assurance, à la question de savoir s’il a pris en compte l’inaptitude d’une bonne partie des éleveurs à la lecture des données de l’application.

M. Sow dit compter sur la collaboration du ministère de l’Elevage et des autorités administratives décentralisées pour vulgariser cette innovation technologique.

« Il faut d’abord que les autorités sachent ce que nous voulons faire », dit-il, promettant de déployer prochainement les activités de « Daral Technologies » dans le département de Kaffrine (centre), grâce à un financement tiré d’un prix remporté récemment au Kenya pour cette innovation.

ESF/ASG

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