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Yuri Buenaventura : L’Afrique « colonne vertébrale » de la salsa, à l’honneur samedi soir à Mawazine


  30 Mai      36        Arts & Cultures (2422), Musique (449),

   

Rabat, 30 mai 2015 (MAP)  -L’Afrique est « la colonne vertébrale » de la musique salsa, qui sera à l’honneur samedi soir sur la scène africaine Bouregreg du festival Mawazine-Rythmes du monde (29 mai-6juin), a affirmé l’ambassadeur de la salsa colombienne Yuri Buenaventura.

Buenaventura qui intervenait samedi à Rabat lors d’une conférence de presse en prévision de son concert de la soirée, a souligné l’importance de préserver l’authenticité de cette tradition musicale, loin de « la machine industrielle ».
L’enjeu, a-t-il dit, est de « miser sur la performance sans rendre artificielle la culture », rappelant qu' »en Colombie, hommes et femmes se sont battues pour l’universalité de la différence et l’authenticité de la musique salsa ».
Il a attribué l’échec des expériences de salsa « commerciale », menées dans les années 80 sous l’influence de la montée de la pop musique, au fait qu’elles se sont éloignées des beaux textes poétiques et romantiques, comme avec le boléro, qui ont longtemps fait la gloire de la salsa.
La salsa a su résister à cette tendance tout en s’imprégnant de jazz, a-t-il dit.
Pour lui, la différence entre la « vraie salsa » et la salsa dite « moderne », on ne la voit pas mais on la sent, tout comme la musique gnaoua.
Le musicien ne rejette pas pour autant les bienfaits de l’ouverture de la musique sur d’autres sonorités, lui qui a déjà intégré des rythmes arabes dans sa musique, avec notamment une reprise de « Ibaath li gawab ».
Cet habitué du festival Mawazine, qui vient au Maroc depuis 15 ans, s’est dit « très touché » par les mutations que connaît le Royaume et l’ouverture de la société marocaine.
« Le Maroc est très agréable et j’espère que vous allez continuer sur ce chemin », a relevé l’artiste colombien qui considère le Royaume comme « un pont entre l’Occident et l’Orient ».
Son admiration pour notre pays, on la retrouve dans l’une de ses chansons où il évoque une étoile qui illumine le Maroc comme le Kawtar (fleuve du paradis) dans son rêve.
Yuri Buenaventura, ambassadeur sans conteste de la musique colombienne, affiche avec fierté ses origines et adopte le nom de sa ville de naissance pour la scène.
Gagnant sa réputation avec son étonnante reprise de « Ne me quitte pas », Buenaventura ne cesse, depuis 1996, de bercer les oreilles et de réchauffer le cœur. Premier chanteur de salsa à recevoir un disque d’or, Yuri continue avec le même enthousiasme à offrir des albums et des « lives » d’une grande qualité.
Sa salsa est riche d’un mélange des influences : latin jazz, mambo, tango, cumbia et même boléro.

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