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BOUBACAR BARRY ÉVOQUE L’ORIGINE ET L’ÉVOLUTION DE LA PRÉSENCE GUINÉENNE AU SÉNÉGAL


  16 Septembre      9        Coopération (905),

   

Dakar, 16 sept (APS) – La forte présence de la communauté guinéenne au
Sénégal s’inscrit dans une longue histoire de mouvements et de
brassages des populations, de la période précoloniale aux années des
indépendances en 1960, souligne l’historien sénégalais d’origine
guinéenne, Boubacar Barry.

‘’La période coloniale, qui va pratiquement de la fin du 19e siècle à
1958, est une période pendant laquelle la Guinée et le Sénégal ont été
politiquement et territorialement liés par la domination française,
qui a créé l’Afrique-Occidentale française (AOF) avec Dakar comme
capitale fédérale’’, rappelle le professeur Barry dans un entretien
avec l’APS.

Selon lui, cette domination française a notamment été à l’origine des
mouvements de fonctionnaires et de particuliers au sein des colonies
de l’Afrique-Occidentale française.

Le système colonial né de cette ‘’centralisation française’’ faisait
de Dakar la capitale fédérale de l’AOF où se trouvait le gouverneur
général qui régissait l’ensemble des colonies françaises d’Afrique de
l’Ouest.

‘’Les fonctionnaires faisaient les différentes colonies en fonction de
leur position dans l’administration coloniale’’, ajoute M. Barry.

‘’Ce système fera en sorte que beaucoup de Guinéens ont eu à
travailler au Sénégal dans le cadre de l’administration coloniale,
tout comme beaucoup de Sénégalais ont fait la même chose en Guinée’’,
a rappelé l’historien installé au Sénégal depuis 1964, d’abord comme
étudiant à l’Université de Dakar – qui devient Université
Cheikh-Anta-Diop, plus tard -, ensuite comme enseignant au sein de la
même université.

‘’Je connais beaucoup de médecins sénégalais qui travaillaient en
Guinée comme le professeur Iba Mar Diop, ancien doyen de la faculté de
médecine de l’Université Cheikh-Anta-Diop, qui a eu son premier poste
en Guinée’’, se souvient-il.

Durant la même époque, le Sénégal, dans le cadre de l’économie
coloniale mise en place par le colonisateur sur la base de l’économie
arachidière, ‘’a accueilli des populations de la Guinée, en
particulier celles du Fouta-Djallon qui venaient régulièrement chaque
saison cultiver l’arachide au Sénégal et rentrer au pays avec des
produits sénégalais, dans le cadre du +navétanat+’’, renseigne le
professeur d’histoire à la retraite.

Au fil du temps, ces Guinéens seront amenés à se spécialiser dans le
commerce de fruits au Sénégal, du fait notamment que le Fouta-Djallon
produisait à l’époque les agrumes dont le Sénégal avait besoin.

Cette vieille tradition dans le commerce de fruits est symbolisée par
la rue Sandiniéry, ‘’aujourd’hui dominée par ces Peuls du
Fouta-Djallon qui y exerçaient depuis la période coloniale ce commerce
des agrumes’’, explique M. Barry.

Il précise toutefois que, si durant cette période ‘’ces fruits étaient
produits en Guinée, aujourd’hui ils viennent d’un peu partout dans le
monde’’.

Ces mouvements de populations entre le Sénégal et la Guinée lors de
l’occupation française prendront une autre dimension pendant la
période des indépendances survenues en 1960, insiste l’historien dont
les travaux de recherche ont notamment porté sur l’intégration
africaine et la Sénégambie.

Pendant cette période, fait-il remarquer, ‘’la Guinée et le Sénégal
sont devenus deux Etats séparés et souverains, qui ont établi d’autres
rapports que ceux coloniaux’’.

La Guinée a opté pour une économie socialiste qui l’a ‘’autonomisée et
a suscité une divergence politique avec les autres pays
francophones’’, notamment le Sénégal, analyse le professeur Barry.

Cela fait que dans les années 1960-1970, la Guinée s’est fermée au
Sénégal à cause de ces ‘’divergences politiques’’, note l’auteur de
‘’Les États-nations face à l’intégration régionale en Afrique de
l’Ouest’’.

Il ajoute que ce changement d’orientation politique fera en sorte que
la migration va prendre une autre dimension en se ‘’féminisant’’
davantage.

Avant, précise Boubacar Barry, ‘’les hommes venaient seuls au Sénégal
et laissaient les familles en Guinée, mais dès lors que la Guinée a
entamé cette politique de fermeture, les hommes ont progressivement
fait venir leurs femmes et enfants au Sénégal’’

De même, le ‘’durcissement de la politique’’ en Guinée pendant tout le
régime de Sékou Touré (de 1958 à 1984) a fait que beaucoup de Guinéens
ont fui pour s’installer au Sénégal pour des raisons ‘’économiques et
politiques’’. Ce qui explique, selon l’historien, ‘’la présence
massive des Guinéens au Sénégal’’.

Toutefois, le professeur Boubacar Barry soutient que ‘’l’histoire de
la Guinée et du Sénégal ne commence pas à la conquête coloniale, mais
bien avant elle, à partir du 15e siècle’’.

‘’L’époque précoloniale n’est pas du tout abordée dans la relation
entre la Guinée et le Sénégal’’, constate-t-il, précisant que ‘’toutes
les populations de l’Afrique de l’Ouest étaient sous des espaces
politiques beaucoup plus vastes que cela’’. ‘’Les populations
partaient d’est en ouest et du nord au sud.’’

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