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Le réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio: « Mener la bataille contre les drames de l’immigration par le cinéma »


  8 Novembre      16       

   

Propos recueillis par Omar ACHY

Agadir 08/11/2018 (MAP), L’écrivain et réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, délégué général du Festival « Écrans noirs », l’un des principaux festivals de cinéma en Afrique sur-saharienne, qui vient de nouer un partenariat avec le Festival Cinéma et Migration d’Agadir, estime que le 7ème art a un rôle important dans le traitement de la question lancinante de l’immigration et du triste sort souvent réservé aux migrants.

« Face à ce phénomène grandissant des migrations, surtout involontaires, le cinéma peut se révéler être une grande arme multiple », souligne, dans un entretien accordé à la MAP, ce cinéaste qui préside le jury des longs métrages de la 15ème édition du Festival Cinéma et Migrations.

« Arme d’information et de conscientisation d’abord, le cinéma peut aider à dissuader en donnant à voir des situations tragiques, collectives ou individuelles, en démystifiant ou démythifiant +l’autre côté+, et même quand on y arrive, si on y parvient, en soulignant que le bonheur n’est pas assuré là-bas, et qu’il est souvent même à côté, avec un peu d’effort ou de volonté », juge le réalisateur des films «Sango Malo» et «Le Grand Blanc de Lambaréné».

Le 7ème art peut aussi aider ceux qui « reçoivent » ou « voient passer », en rappelant que « l’autre, qui vient ou qui passe, est une personne de chair et d’os, et pas une espèce inférieure dont on peut faire même un esclave, comme la tragédie libyenne l’a assez montré s’agissant de migrants noirs », ajoute-t-il.

Le cinéma peut dénoncer la méchanceté des hommes et des femmes ainsi que le montre le film « More » programmé à la 15ème édition du festival d’Agadir, mais aussi dépeindre, selon le cinéaste camerounais, la complexité des situations, indiquer que parfois l’exploiteur est lui-même un prisonnier, une victime.

Celui qui a fondé en 1997 le Festival « Écrans noirs » pour promouvoir le 7e art africain, est aussi de l’avis que le cinéma peut, dans sa mission de donner à rêver, « dépeindre de belles histoires, celles qui montrent des cultures éloignées qui se rapprochent, des histoires singulières qui traduisent une humanité des esprits, des couples qui se font, des familles qui se bâtissent, des amitiés qui naissent et grandissent ».

« Le cinéma dépeint, présente, illustre, explique, justifie, condamne, recommande, et surtout espère et donne à espérer, en passant par plusieurs genres, la fiction, le documentaire, le dessin animé, etc. Pour tout cela, la question des migrations est un sujet qui trouve dans le 7e art sa place, toute une bonne place », juge le cinéaste camerounais, la soixantaine passée, qui fait déjà figure de patriarche.

Dans cette logique, Bassek Ba Kobhio souligne que le festival Écrans Noirs de Yaoundé « ressent le besoin de nouer avec le festival Cinéma et Migrations d’Agadir des liens plus formels et permanents, afin que la bataille contre les migrations malheureuses par le biais du cinéma devienne aussi une préoccupation officielle pour lui ».

Lors de l’édition 2017 du festival, la cinématographie du Cameroun a été à l’honneur au festival Cinéma et Migrations d’Agadir.

« Les cinéastes camerounais ont eu le privilège d’apprécier l’initiative de ce festival qui se préoccupe des questions de migration, leur pays étant malgré lui un pourvoyeur de migrants qui partent les rêves pleins la tête, et qui malheureusement vivent des mirages, des cauchemars, quand ce n’est pas simplement le malheur au bout du chemin », relève M. Ba Khobio.

Aussi, la convention signée entre les deux festivals entend-t-elle « promouvoir les échanges d’expériences et favoriser le développement du cinéma panafricain en lui assurant une plus grande visibilité », souligne l’Association « l’Initiative culturelle » qui organise le Festival Cinéma et Migration.

Le festival «Écrans Noirs», qui a célébré cette année sa 22e édition, est une manifestation annuelle de cinéma panafricain organisée par l’association « Écrans noirs ». Il met l’accent sur la diffusion des créations cinématographiques de six pays d’Afrique centrale: Cameroun, Gabon, Congo, République démocratique du Congo et Tchad.

AY—BR

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