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LA SCÈNE ARTISTIQUE SUR UN AIR DE CAMPAGNE


  1 Février      2        Arts & Cultures (635),

   

Dakar, 1er fév (APS) – Le soutien dont peuvent se prévaloir les différents camps politiques parmi les acteurs de la scène culturelle sénégalaise est une tradition sur laquelle surfent allègrement les candidats à la présidentielle sans que cela soit pour autant une garantie de victoire finale.

Il s’y ajoute le risque d’éventuels effets boomerang courus par les artistes pouvant être identifiés définitivement à une famille politique contre une autre. A moins d’un mois de la présidentielle sénégalaise, prévue le 24 février prochain, le « mercato » des artistes a commencé depuis quelques mois déjà, l’avantage revenant au camp du candidat sortant du point de vue des soutiens reçus par les candidats de la part des acteurs de la scène musicale sénégalaise. Pas moins de sept artistes, la plupart chanteurs, ont déjà fait part de leur soutien à des candidats de leur choix, donnant de la voix pour leur champion et allant même dans certains cas jusqu’à mettre sur pied des mouvements pour mieux matérialiser leur adhésion. Le candidat de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (BBY), Macky Sall, garde pour l’essentiel ses anciens soutiens de 2012, le plus emblématique étant la star du mbalax Youssou Ndour, leader du mouvement « Fékké Maci Boolé ». Ce mouvement avait depuis enrôlé la chanteuse Adja Sy et le griot Doudou Ndiaye Mbengue, dont le titre dédié au candidat Sall avait rythmé la présidentielle de 2012. Ces différents artistes ont maintenu leurs positions de la dernière présidentielle et ont renouvelé leur soutien au président sortant pour un second mandat à l’occasion de la consultation du 24 février prochain. « (…) Je réitère ici les propos que j’avais tenus au Président Macky Sall. Je reste à tes côtés, travailler avec toi pour un Sénégal émergent », avait déclaré Youssou Ndour à Dakar lors de l’investiture du candidat Macky Sall le 1er décembre dernier. De nouveaux soutiens pour Macky Sall Le camp présidentiel peut en plus compter sur de nouveaux soutiens, comme la présidente du mouvement « Liguey Sénégal Am Ndam », la chanteuse Kiné Lam, qui s’active pour la réélection du président sortant. Elle avait lancé son mouvement de soutien en avril 2018 au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES). Depuis, beaucoup de divas de la musique sénégalaise l’ont suivie dans cette perspective. Un autre ralliement important du point de vue du symbole, concerne le chanteur Mame Goor Djazaka, dont l’épouse, Fatou Thiam, ex-députée du Parti démocratique sénégalais (PDS), s’était fait remarquer par sa virulence à l’endroit des anciens tenants actuels du pouvoir alors dans l’opposition. Mame Ngor Djazaka a officialisé par un tube, « Ngathie Ngalama », son adhésion à la candidature du président Sall, son épouse se présentant désormais comme un « soutien inconditionnel » de Macky Sall. Des voix qui portent en enfort pour l’opposition L’opposition peut aussi s’enorgueillir de compter dans ses rangs des voix d’artistes qui portent. Ainsi du groupe de rap ’’Keur Gui’’ dont le single « Saï Saï », nouvellement sorti, est à la limite de susciter une polémique insoutenable tellement son contenu est jugé virulent et même déplacé à l’endroit du président sortant. Mais la voix du groupe ’’Keur Gui’’ s’entend mieux du point de vue de la posture du mouvement politique et citoyen « Y’en mare » dont il est membre et regroupe des acteurs remarqués pour leur engagement. Chez les autres artistes, le comédien Pape Meïssa Guèye a aussi choisi son camp depuis longtemps, même s’il ne se définit pas comme étant de l’opposition, il s’est fait remarquer par ses nombreux « coups de gueule » envers le régime actuel, notamment les responsables du ministère de la Culture et autorités communales de son fief Guédiawaye, dans la grande banlieue dakaroise.

Des artistes engagés mais non alignés

D’autres artistes restent inclassables, surtout parce qu’ils n’ont encore choisi de camp malgré leur engagement politique affiché par moments. Aby Ndour, par exemple, se veut une militante socialiste, mais se trouve écartelée entre Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng, deux responsables du Parti socialiste dont les positions ont été distendues au fil des mois autour de la question de savoir s’il faut présenter un candidat de ce parti ou soutenir le président sortant. Dans l’intervalle, Khalifa Sall, a été révoqué de son poste de maire de Dakar et radié de l’Assemblée nationale suite à sa condamnation à 5 ans de prison pour escroquerie aux deniers publics, dans l’affaire de la ’’caisse d’avance’’ de la mairie de Dakar, une cabale, tout simplement, selon les soutiens et sympathisants de l’ancien édile de la capitale sénégalaise. Il ne manque pas non plus d’observateurs pour suggérer que cette affaire pourrait être liée à des arriéres pensés politiques, tellement l’élu socialiste avait conquis de fortes positions à Dakar, un électorat important dans la course à la magistrature suprême. Or, médias et observateurs n’ont jamais cessé de prêter à l’ancien maire de Dakar l’intention de se porter candidat à la présidence de la République, une position qui aurait contrarié fortement les plans du camp du pouvoir, selon les détracteurs du régime. Ceci expliquerait cela. Il reste que dans cette situation, Aby Ndour s’est cantonnée à lancer en mars 2018 son mouvement « J’aime Dakar », sans prendre véritablement position, comme d’ailleurs le chanteur Pape Diouf. S’il s’est illustré lors de l’inauguration du « Train express régional » (TER) le 14 janvier dernier en chantant les louanges du président Macky Sall, Pape Diouf ne semble pas encore avoir choisi un camp contre un autre. Son collègue Alioune Mbaye Nder, connu dans le temps pour son compagnonnage avec l’ancien président Abdoulaye Wade, reste également indécis jusque-là. La descente des artistes dans l’arène politique « n’est pas une nouveauté au Sénégal », observe le journaliste Jean Meïssa Diop, formateur au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), l’école de journalisme de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Une tradition d’engagement au Sénégal et ailleurs « On se rappelle du chanteur Ya Cheikh qui a été investi sur une liste du PIT lors des législatives » de 1998, pour le compte de la majorité présidentielle incarnée par Abdou Diouf, a signalé Jean Meïssa Diop, citant également Ouza Diallo, très connu par ses prises de positions politiques. Selon le journaliste-formateur, l’engagement des artistes auprès des politiques ne constitue pas « une spécificité sénégalaise ». « En France, des artistes comme le chanteur Renaud ont soutenu en 2017 Emmanuel Macron, d’autres comme le compositeur Bernard Lavilliers ont roulé pour Jean Luc Mélenchon. Aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, des artistes se sont engagés pour un candidat à l’approche d’élections », constate-t-il. Prébendes et oeuvres éphémères Mais à en croire Jean Meïssa Diop, l’engagement des artistes « n’est pas fortuit, car certains espèrent obtenir des prébendes ou ils les ont déjà acquises ». Mais au final, une œuvre composée ou créée en soutien à un homme politique « ne fait sans doute pas une brillante carrière commerciale encore moins artistique ». Selon lui, une œuvre « composée pour une campagne électorale ou chantant les louanges d’un homme politique est rarement diffusable en dehors. Ce sont des œuvres éphémères qui existent le temps d’une élection ». Le journaliste, ancien membre du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), rappelle le fameux tube « Goorgui Dolli Niou » du duo Pape et Cheikh chanté à la gloire du président Wade. Malgré l’engouement suscité par ces morceaux de « propagande » ou « dénonciateurs » comme « Ngathie Ngalama » de Mame Goor Djazaka ou « Saï Saï » de « Keur Gui », Jean Meïssa Diop estime que ces productions ne dépassent jamais la période électorale. « Certes il y a cet engouement autour du morceau, mais je pense que ceci ne dépasse pas la période électorale, il faut interroger le profil des acquéreurs et leur appartenance politique », demande-t-il. Pour Jean Meîssa Diop, « ce n’est ni la qualité artistique, ni le message véhiculé qui poussent les gens à télécharger ce morceau ». L’engagement politique des artistes « peut être à risque ou se révéler à double tranchant pour l’artiste », résume le journaliste, dubitatif quant à savoir s’il peut être « utile » pour le candidat.

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