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A LA PROMENADE DES THIESSOIS, LE COVID-19 A CHASSÉ LA CLIENTÈLE DU 4 AVRIL


  4 Avril      9        Society (16478),

   

Thiès, 4 avr (APS) – L’annulation de toutes les festivités et manifestations marquant la célébration du soixantième anniversaire de l’accession du Sénégal à l’indépendance en raison de la pandémie du Covid-19 est amèrement ressentie à la Place Mamadou Dia de Thiès, notamment par les vendeurs à la sauvette et autres acteurs du petit commerce pour lesquels la tenue du traditionnel défilé civil et militaire a toujours été propice pour leurs affaires.

Il est presque 10 heures. Sur le boulevard de Caen à Thiès qui accueille chaque année le traditionnel défilé civilo-militaire marquant l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale quelques véhicules roulent dans les deux sens.

C’est un 4 avril pas comme les autres. La place Mamadou Dia est déserte. Ce lieu où s’érige chaque année la tribune officielle d’où les hautes personnalités observent les défilants, est aujourd’hui vide.

Elle se situe à un point où l’avenue se scinde en deux pour ceinturer la Promenade des Thiessois qui lui est contiguë. A cette heure, il y a un an jour pour jour, l’endroit grouillait de monde. Le roulement des tambours, le son des trompettes de la fanfare retentissaient sur les lieux. L’endroit était fermé à la circulation le temps du défilé.

Et tout autour d’un cordon de sécurité de part et d’autre de cette grande voie alors bien tracée, les badauds, grands et moins grands rivalisaient d’ardeur, pour voir passer avec un brin de fierté, les majorettes, les défilants civils et militaires. Avec ses engins de guerre, l’armée étalait une partie de sa force de feu.

Aujourd’hui, point de défilé, pour fêter les 60 ans d’indépendance, car le pays est ‘’en guerre’’ contre …un virus, le coronavirus, cet ennemi invisible comme le répètent les autorités.

La pandémie du Covid-19 qui a éclaté en décembre en Chine, a bouleversé tous les agendas, ceux des plus grandes puissances de ce monde, jusqu’au plus modeste indigent. Installé non loin de la place Mamadou Dia, Alkhassimou, un vendeur de café et biscuits, accuse le coup.

Pour lui, ce 4 avril ‘’tout à fait différent’’ de celui de l’année dernière, où les clients le ‘’prenaient d’assaut’’. ‘’C’est comme un dimanche’’, fait-il noter. Il se ravise et souligne que toute façon, il en est ainsi tous les jours, depuis le début de cette crise sanitaire.

‘’Les affaires ne marchent plus. C’est presque comme rester à la maison’’, ajoute le vendeur. Mais il n’a pas le choix puisqu’il doit assurer la dépense quotidienne. D’ailleurs, il croit devoir s’estimer heureux, comparé à d’autres, qui le matin, ‘’ne savent pas où donner de la tête, pour nourrir leur famille’’.

Les conducteurs de mototaxi qui avaient leur arrêt à ses côtés, ont décampé. Ils se postent maintenant aux sorties de la ville, pour espérer transporter des passagers vers Pout ou d’autres localités, explique-t-il.

Parmi les rares Djakartamen qui viennent encore, ce jeune élève qui s’est reconverti dans ce métier, le temps de la réouverture des classes. Les durs moments que traverse le secteur informel lui font dire que ‘’c’est la faim qui sera le grand corona’’.

Alkhassimou appelle de tous ses vœux une répartition équitable de l’appui aux plus vulnérables, annoncé par le chef de l’Etat dans son adresse à la nation. Il souhaite qu’il arrive aux ayants-droit et ‘’ne s’arrêtent pas aux politiciens’’.

Il pense qu’en plus des factures d’eau et d’électricité, le gouvernement devait prendre en charge le loyer qui, à son avis, ‘’compliquera les choses’’ pour les ménages modestes. Cela, dès lors que certains propriétaires comptent aussi sur leur loyer pour vivre.

Assis sur un banc public, Elhadji Abou Kâ, venu le matin du quartier Nguinth pour regarder le défilé, ne cache pas sa déception. Le sexagénaire n’était pas au courant de l’annulation de la manifestation. Cet inconditionnel de cette parade militaire et paramilitaire depuis le régime d’Abdou Diouf, dit n’avoir jamais manqué à l’appel depuis lors. ‘’C’est la première fois que je le rate et c’est parce qu’elle n’a pas lieu’’.

Abou Kâ est un ‘’téfanké’’ (marchand de bétail) que la crise a presque mis en chômage. On ne vend plus rien, les ‘’loumas’’ (marchés hebdomadaires) sont fermés et en ville les gens ne sortent plus ils ont peur de la maladie’’, dit-il.

S’y ajoute, selon lui, qu’‘’il n’y a plus de baptême, ni de mariage, ni de funérailles’’ et de ce fait, la demande en viande a baissé. Il fait allusion à l’interdiction des grands rassemblements, pour éviter la propagation du virus.

Vendeur de lunettes, Bass Diakhaté est revenu ce samedi à la promenade des Thiessois d’où il a été déguerpi il y a quelque temps. Il guette quelques clients en ce week-end où les environs de la Bourse du travail où il s’est installé maintenant, sont déserts. Il est prêt à lever le camp dès qu’il apercevra le véhicule de la police. Lui qui travaille depuis 10 ans à Thiès, note que c’est la première fois qu’il voit un 4 avril sans défilé. Une mesure qu’il comprend.

‘’Il ne pouvait pas en être autrement après qu’on a fermé les mosquées et d’autres lieux’’, se résigne-t-il.

Cette place d’habitude était bondée de vendeurs d’aliments et autres articles, qui y passaient la nuit la veille du défilé, après la retraite aux flambeaux.

‘’On peut dire que le Sénégal est à l’arrêt’’, dit Bass, dont les recettes ont été réduites de moitié. Même complainte chez Salimatou Diarra qui vend des cacahuètes, de l’eau et des pastèques à l’arrêt de taxi situé près de la promenade des Thiessois. Lors du défilé, avec l’affluence elle écoulait la totalité de sa marchandise vers les coups de 11 heures.

Depuis trois jours, elle peine à vendre son paquet de sachets d’eau. Elle vend environ un kilo d’arachides grillées en moyenne par jour, dit-elle. ‘’C’est dur et on a de la famille à nourrir’’.

Abdou Karim Diop qui sert le petit déjeuner à toute une clientèle non loin du siège conseil départemental et de la radio Dunyaa, en appelle d’urgence à la solidarité des autorités et des plus nantis pour amortir la crise.

‘’Pendant les élections, ils convoitaient nos voix, aujourd’hui, c’est nous qui avons besoin de leur aide’’, lance-t-il. Même s’ils s’accordent sur la nécessité de respecter les consignes édictées par les autorités sanitaires, tous s’en remettent à Dieu pour une solution définitive à la crise.

‘’Nous devons prendre toutes nos dispositions, mais seul Dieu peut mettre fin à cette situation’’, dit-il. ‘’On ne veut plus entendre parler de cas, on souhaite que les malades hospitalisés guérissent et rentrent chez eux et que ça s’arrête là’’, dit Abou Kâ, qui ne veut pas imaginer un seul instant que la crise perdure jusqu’au mois de Ramadan à plus forte raison jusqu’à la Tabaski.

Dans le même élan optimiste, Abdoul Karim Diop, nourrit beaucoup d’espoir, avec le ralentissement de la pandémie en Chine et en Allemagne, croisant les doigts pour que la mortalité notée en Europe épargne le continent africain.

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