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Interview/ Le déconfinement du Grand Abidjan, un « soulagement » pour UTB qui reprend du service en respectant les mesures de lutte contre le Covid-19 (Directeur d’exploitation)


  14 Juillet      36        Society (18520),

   

Abidjan, 14 juil 2020 (AIP)- Avec un capital de 100 millions FCFA et un parc auto opérationnel de 350 véhicules en déplacement par jour, le groupe Union de transports de Bouaké-Annick Henriette Transports (UTB-AHT) emploie plus de 1000 personnes et génère plusieurs activités liées à ses gares routières notamment la restauration, les petits commerces à la criée. Ce Leader du transport routier en Côte d’Ivoire est impacté par la crise sanitaire liée au Covid-19 du fait de la fermeture des frontières terrestres et de l’isolement du Grand-Abidjan depuis fin mars. Dans une interview accordée à l’AIP, le directeur d’exploitation du groupe, Kauphy Williams, se dit soulagé par le déconfinement du Grand Abidjan dès le juillet 2020, révélant que la compagnie a perdu 90% de son chiffre d’affaires avec près de 800 employés au chômage technique durant les mois du confinement.

Comment UTB accueille l’annonce du déconfinement du Grand Abidjan à partir du 15 juillet ?

• C’est un sentiment de soulagement. Nous espérons que c’est pour de bon et qu’on n’arrivera pas à un reconfinement. UTB reprend demain dès 5 h avec un maximum de 50 personnes par car, et le port du masque est obligatoire jusqu’à destination. Depuis lundi, on a envoyé des messages à l’ensemble de nos collaborateurs pour la reprise. On a appelé les équipes techniques des gares qui ont commencé aujourd’hui et le personnel d’exploitation sera à son poste dès demain. On va faire un courrier général pour rappeler les mesures à appliquer et après ça sera des courriers individuels.

Abidjan déconfinée, les usagers devraient s’attendre à un niveau de prestations à la hauteur de ce qu’ils nous demandent. On a profité pour faire des travaux dans nos gares. On a refait la peinture dans certaines gares, changer les carreaux, les bancs, augmenter le débit du wifi, les véhicules qui sont à l’arrêt, on a profité pour régler les pannes techniques.

Les tarifs peut-être pourront être réajustés mais tout dépendra des contraintes de fonctionnement. Si à l’image de ce que l’Etat a décidé pour Air Côte d’Ivoire, on nous autorise à charger les capacités des cars, mais exigence est faite aux passagers de porter les masques, on fera avec mais si on nous demande de limiter à 45 ou 50 pour un véhicule de 70 places, vous voyez qu’il y aura 20 places vides à chaque départ. On va apprécier.

Comment la crise sanitaire liée au Covid-19 a été ressentie par UTB ?

• Je dirai que nous ressentons la crise fortement parce que le secteur du transport est l’un des secteurs les plus impactés par la crise sanitaire particulièrement au niveau d’UTB.

Premièrement au niveau de l’aspect opérationnel, tous les véhicules sont à l’arrêt. Nous avons environ 10% des activités qui tournent au niveau de l’intérieur du pays donc 90% de notre réseau est fermé. Nous sommes carrément à l’arrêt. Ensuite, il y a l’impact financier, ça sous-entend que c’est 90% de notre chiffre d’affaires qui est impacté donc nous le ressentons durement parce que nous avons d’énormes charges de fonctionnement même si l’activité est arrêtée. Il y a les assurances, les charges fiscales à assumer parce que c’est suspendu mais ce n’est pas annulé donc il  va falloir les payer dans tous les cas, les patentes des véhicules, des gares et de la direction, les visites techniques, les cartes de transport et de stationnement, les impôts, l’électricité, le gardiennage. L’aspect financier est énorme. Comprenez que c’est une situation très difficile. Le dernier aspect c’est le volet social, c’est près de 800 employés qui sont au chômage technique depuis quatre mois mais la direction a quand même fait quelques efforts. Ce sont les caissières, contrôleurs, chauffeurs, agents bureau, c’est tout l’effectif des gares qui sont fermées à Abidjan, Accra, Lomé et Cotonou. Nous sommes une entreprise citoyenne et l’Etat a demandé que les entreprises fassent tout pour maintenir les emplois donc jusque-là on n’a licencié aucun employé. Le syndicat, la mutuelle et la direction ont consenti à reverser 30% des salaires aux employés chaque mois jusqu’aujourd’hui. C’est pour leur permettre de subvenir un tant soit peu aux besoins de leurs familles.

Quel est le poids du trafic au départ et à destination d’Abidjan dans tout le réseau UTB ?

• En terme d’exploitation, c’est environs une dizaine de voyages par semaine d’Abidjan jusqu’à Cotonou en passant par Accra et Lomé, avec un peu plus de 2.000 voyageurs. Cela multiplié par la période de quatre mois, ça fait beaucoup. C’est inclus dans les 90% de perte que nous subissons actuellement. Notre activité n’est pas linéaire, cela dépend de la période par exemple le nombre de départs qu’on fait en décembre est différent de celui de février. En termes de nombre de personnes transportées, un peu plus de 10.000 personnes transportées par jour de l’intérieur vers Abidjan et d’Abidjan vers l’intérieur.

Quelles étaient les activités d’UTB pendant le confinement du Grand Abidjan?

• On avait juste un service minimum qui fonctionnait et qui faisait tourner le petit pan de 10%. On fait quelques départs de Bouaké-San-Pedro, Man-Bouaké, Divo-San-Pedro. On a des lignes intermédiaires à l’intérieur du pays en appliquant les dispositions édictées par le gouvernement. Les services d’envoi de colis et de plis ont augmenté nos charges de fonctionnement parce qu’il a fallu trouver des véhicules, de gros camions de moins de 10 tonnes, pour faire le dispatching de ces colis alors qu’en temps normal ce sont nos cars qui le faisaient.

Est-ce que le Covid-19 va bouleverser ou modifier le management d’UTB ?

• Pour l’instant, nous sommes à l’écoute de ce que va décider le gouvernement parce que si Abidjan est déconfinée ça sera à quelle condition ? S’il y a des contraintes d’exploitation il va falloir qu’on se réadapte à cette exigence nouvelle qui va certainement emmener un surcoût si pour le respect des gestes barrières on doit avoir un dispositif de lave-mains, des caches pour nos agents aux contacts des clients, etc. En fonction des décisions qui seront prises, on va s’adapter, on fera tout pour respecter ce que le gouvernement dira. Il n’y a pas encore d’orientation en dehors d’amener toutes les directions à travailler à la reprise de sorte que nous puissions répondre à la demande des clients à la reprise.

L’Etat a mis en place plusieurs fonds pour soutenir les acteurs du secteur économique. Est-ce que UTB en a bénéficié ?

• Oui, oui. On a eu 500 millions FCFA pour UTB et 500 millions FCFA pour AH Transports. Il faut préciser que c’est un prêt que nous devons rembourser sur trois ans. Cet argent va servir essentiellement à maintenir les emplois et payer nos fournisseurs. On avait sollicité un peu plus. Il y a une autre étape. Le fonds va continuer de soutenir les entreprises pour la relance. On va certainement constituer notre dossier pour la suite et on espère être encore éligible.

(AIP)

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