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POUR UNE ÉVALUATION DES PROGRAMMES DE GRATUITÉ DE LA CMU

Fatick, 16 juil (APS) – Le ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale, Mansour Faye, appelle les acteurs locaux à « une évaluation participative’’ des programmes de gratuité initiés par l’Etat dans le cadre de la Couverture maladie universelle (CMU), en vue de maîtriser la hausse continue de la dette que cette initiative reste devoir aux structures sanitaires.

« Dans un processus participatif avec l’ensemble des acteurs, il est nécessaire de faire une évaluation des programmes de gratuité de la CMU pour une meilleure maitrise de la dette cumulée auprès des structures de santé et mutuelles », a-t-il déclaré.
Mansour Faye intervenait lundi au cours d’un comité régional de développement (CRD) qui se tenait à Fatick sur certains programmes phares du ministère du Développement communautaire en cours ou en perspective dans la région.

Il signale que l’Agence de la Couverture maladie universelle (ACMU), dans la mise en œuvre de la « politique d’équité sociale au plan sanitaire, en est à une dette cumulée autour de 19 milliards de francs CFA ».

« C’est pourquoi, a-t-il souligné, dans le cadre de cette évaluation participative, nous devons voir les axes sur lesquels on peut agir et apporter des correctifs nécessaires pour rendre le système viable parce qu’avec une dette qu’on ne maîtrise pas, cela pose problème et à la longue, l’Etat ne pourra plus supporter cette dette ».

S’exprimant en présence d’une forte délégation de coordonnateurs de programmes rattachés au département du Développement communautaire et en présence des autorité administratives et locales de la région, le ministre note que la hausse de la dette que la CMU doit aux structures sanitaires « est causée par plusieurs facteurs ».

Selon lui, elle s’explique « surtout par la surfacturation dans les hôpitaux, l’insuffisance du contrôle dans les officines de santé mais aussi auprès des 676 mutuelles de santé existant sur toute l’étendue du territoire » national.

« Donc, pour une maîtrise de la dette de l’agence, il faut revoir l’histoire des mutuelles, le nombre d’adhérents, qui sont les adhérents au niveau de chaque mutuelle », a suggéré le ministre.

Il faut aussi voir « si les programmes de gratuité initiés, en l’occurrence la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans, le plan sésame pour les personnes âgées vulnérables, la prise en charge de la césarienne chez les femmes ou encore des hémodialysés profitent aux personnes cibles ou à d’autres ».

Selon Mansour Faye, « l’absence d’évaluation de tous ces paramètres du programme est pour beaucoup dans cette dette non maîtrisée de 19 milliards de francs CFA ».

L’Agence de la CMU a en attendant « pris l’option de faire recours à des médecins qui iront auprès des structures de santé (hôpitaux, centres de santé, postes de santé) pour contrôler l’effectivité des données déclarées dans le cadre des programmes de gratuité », a indiqué Mansour Faye.

Initié en 2015, le programme de CMU a pour objectif d’augmenter la part de la population sénégalaise bénéficiant d’un accès aux services de santé, a rappelé le ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale.

« Au début de la CMU, a-t-il souligné, il y avait 80% de Sénégalais qui n’avaient pas accès aux soins sanitaires, aujourd’hui quasiment 50% des Sénégalais ont accès au système de santé ».

« Cela signifie que le programme marche et l’objectif en 2021, c’est d’atteindre un taux de couverture de 75% », a indiqué Mansour Faye.

La Couverture maladie universelle (CMU) est un programme d’équité sociale qui offre la possibilité aux personnes les plus démunies de bénéficier d’une couverture du risque maladie.

Cette initiative permet aux personnes ayant souvent de faibles revenus (monde rural et secteur informel), d’être affiliées à un régime d’assurance maladie et de bénéficier des mêmes soins que les personnes affiliées aux autres régimes de sécurité sociale que sont les imputations budgétaires et les Instituts de prévoyance maladie (IPM).