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LES VIOLENCES ÉLECTORALES LIÉES À « UN DÉFICIT DE CONSCIENCE ET DE MATURITÉ POLITIQUE » (HISTORIEN)


  12 Février      13        Politique (6122),

   

Dakar, 12 fév (APS) – Les violences notées lors des campagnes électorales au Sénégal résultent de plusieurs facteurs parmi lesquels « le déficit de conscience et de maturité politique », soutient l’historien Mbaye Thiam, dans un entretien avec l’APS.
« Dans un pays majoritairement analphabète, où les programmes et les discours sont déclinés dans une langue non comprise par la majorité, les pulsions politiques sont exprimées souvent de manière violente », analyse l’ancien directeur de l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Au moins deux personnes ont trouvé la mort lundi à Tambacounda (est) dans une bagarre entre militants de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) et du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR). Les échauffourées entre les deux camps étaient parties d’une affaire de sabotage d’affiches de campagne, la garde rapprochée du PUR et les militants de BBY s’affrontant à coups de pierre, de barres de fer et de machettes. La violence dans la campagne est allée crescendo, des accrochages étant notés depuis quelques jours principalement entre militants de la coalition de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yaakaar et ceux de « Sonko Président », la coalition dirigée par le candidat Ousmane Sonko, un ancien inspecteur des Impôts et Domaines. Selon Mbaye Thiam, « la violence du discours politique qui exprime des états d’âme, des discours subjectifs mal compris et donc des réactions de violence », comptent parmi les facteurs à l’origine de ces actes de violence. L’historien relève aussi « le clientélisme politique et le fait que de plus en plus, l’engagement politique devient source d’opportunités d’enrichissement personnel ». « D’autres paramètres existent surement et mériteraient d’être pris en compte pour comprendre le phénomène si on veut l’éradiquer durablement » de la scène politique sénégalaise, estime Mbaye Thiam, professeur d’archivistique et de gestion des documents administratifs à l’Ecole des bibliothécaires et documentalistes de l’UCAD. La présidentielle du 28 février 1988 fut à l’origine de troubles très importantes qui ont débouché sur l’arrestation de leaders de l’opposition et surtout la proclamation de l’état d’urgence. La marque déterminante de l’élection du 28 février 1993 sera l’assassinat du juge du Conseil constitutionnel Babacar Sèye, ce qui a conduit à nouveau l’établissement de l’état d’urgence. Celle de février 2012 a été également marquée par une campagne électorale sur fond de troubles avec de nombreuses morts enregistrées, notamment celle de l’étudiant Mamadou Diop.

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