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Portrait/ Rosemonde Mariam Touré ou l’histoire inspirante de la « Meilleure exportatrice » de mangue transformée au Burkina


  10 Mai      39        Economie (6397), LeaderShip Feminin (178),

   

Abidjan, 10 mai (AIP)- Lorsqu’elle embarque à bord d’un train en 1999 avec 300 kg de mangue séchée pour participer à la deuxième édition du Salon internationale de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SAARA), Rosemonde Mariam Touré-Barry ne se doute pas qu’elle amorce le début d’une histoire inspirante qui la mènera vingt ans plus tard à cette consécration : « Meilleur exportateur de la filière mangue séchée » du Burkina 2018. Portrait.

« Beaucoup de chose me traversaient l’esprit à ce moment. Je pensais à tout ce chemin parcouru, constitué de petits pas posé avec précaution, l’un après l’autre, de haut et de bas… Et des réussites qui donne du baume au cœur ».

C’est en ces termes que Rosemonde Touré, PDG de Rose Eclat, une entreprise de fabrication de mangue séchée basée à Ouagadougou, décrit, visiblement émotive, le sentiment qui l’animait à l’instant où elle recevait ce prix, le 06 juillet 2018, des mains du Directeur général de l’Agence de promotion des exportations du Burkina, Issa Benjamin Baguian.

Car, sa jeune entreprise familiale qui arrivait à peine à produire une tonne et demi à l’époque, en est à ce jour (2018), à une capacité de 60 tonnes l’année.

« En quelques années, j’ai vraiment multiplié ma capacité de production », affirme-t-elle, lors d’une interview accordée à l’AIP dans les locaux de son entreprise basé à Ouagadougou (Burkina Faso).

« Par pur hasard »

Quand il s’agit de parler ses premiers pas dans l’entreprenariat, cette titulaire d’un master en droit public international, option Diplomatie, obtenu en France, surprend en ces termes : « J’ai commencé sans savoir que je pouvais entreprendre. Par pur hasard », insinue-t-elle.

Un hasard débouchera sur une véritable passion, une détermination qui a permis à Rose Eclat à se faire aujourd’hui une place dans l’écosystème du secteur de la transformation et la fabrication de produits agro-alimentaires au Burkina et en Afrique de l’Ouest.

Mais pour y arriver dans un ce domaine très compétitif et rigoureux de la mangue séchée – le marché européen en constituant l’essentiel de la clientèle, Rosemonde Touré a dû se construire au fil du temps, une riche expérience à travers stages de formation, projets, colloques, conférences, foires ou expositions nationaux et internationaux, tant en Afrique qu’en Europe, aux Etats-Unis et même au Japon.

Entreprise familiale

Résultats de toutes ces expériences, la boîte s’est étendue sur toute la chaine de valeurs de la filière, depuis la production agricole jusqu’à l’usinage, en passant par le transport des produit.

Son époux, un universitaire, s’occupe pendant ses vacances, des vergers de manguiers appartenant à l’entreprise, dans l’Ouest du pays, vers Bobo-Dioulasso. L’Entreprise « Rose Eclat s’est dotée de camions qui assurent le transport des fruits jusqu’à l’unité de stockage à Ouagadougou.

Côté administration et management, c’est aussi l’affaire de Rosemonde Mariam Touré-Barry. Et faire tourner une entreprise, dont la matière première est très vite périssable, n’est pas chose aisée. « Il y a souvent beaucoup de pression. Mais ça fait partie du boulot, on a fini par s’y adapter », relativise-t-elle.

Mangue séchée et désir de diversification

La mangue séchée reste pour l’heure les produits phare de Rose Eclat. « A 90%, nous exportons vers l’Europe, au Pays-Bas, où nous avons les plus gros clients, l’Angleterre et la France. En Angleterre, particulièrement, il y a une communauté indienne qui consomme beaucoup ce produit », fait-elle savoir.

Depuis quelques années, la société essaie de diversifier son offre, puisque qu’avec le séchage de mangue, on utilise seulement qu’entre 35 55 % de la pulpe de ce fruit.

« Près de la moitié de la mangue constitue des résidus (déchets), pourtant cela peut être récupéré », relève-elle, évoquant diverses études de valorisation effectuées sur le sujet.

« C’est une question d’appui, de finance. Sinon, tout peut être utilisé dans la mangue, il y a non seulement la peau, le restant des pulpes sur le noyau et le noyau lui-même. On y pense. C’est à nous d’avoir le financement qu’il faut, pour récupérer toutes ces parties que, pour le moment, nous sommes obligés de jeter », regrette-t-elle.

Plus de 100 femmes employées

Pour autant, celle qui fût gérante de station-service, enseignante, … à un moment de sa vie, ne désespère pas. Elle vient d’acquérir deux nouvelles parcelles jouxtant son usine pour accroître ses affaires.

Mieux, elle vient de doter l’usine de quatre séchoirs ultramoderne capable de transformer 1200 km de pulpe par jour, soit 01 tonne, 200.

Actuellement, elle a un effectif de 138 personnes, avec 90 % de femmes. « Je suis aussi fière d’employer autant de monde, parce que je ne m’imaginais pas atteindre ce stade », dit-elle avec humilité, indiquant que « c’est le résultat du travail de tous les jours ».

«Jeunes, n’ayez pas peur ! »

Aux jeunes qui veulent entreprendre, elle n’a qu’un conseil : « N’ayez pas peur de vous lancer ! ». Car, on ne démarre pas forcément avec des capacités professionnelles avérées, mais on se fortifie face aux réalités que l’on découvre au fur et à mesure dans le métier.

« L’expérience dans le travail s’acquiert tous les jours. Il faut développer ses capacités tous les jours, pour arriver au final à quelque chose. Débutez même avec peu de moyen, mais ayez surtout une volonté inébranlable de réussir, croyez en vous ! A chacun de savoir faire le feedback et de progresser pour de bon. Vous serez vous-mêmes surpris demain de voir vos réalisations ! », exhorte-t-elle.

« Fière de ce prix »

Tout un chemin couronné par le «Prix du Meilleur exportateur de la filière mangue séchée » du Burkina 2018. Une reconnaissance de tant d’années d’efforts reconnus par l’Etat, dont elle se dit à la fois « surprise et très heureuse ».

« Quand à un moment donné on reconnait que vous travaillez, ça fait plaisir. Ce sont des activités de transformation, des choses qu’on ne connait pas encore très bien dans notre pays. Je suis fière d’être reconnue par l’administration de mon pays, voire les autorités. Quelque fois on travaille tranquillement, on a l’impression que personne ne vous voit, mais il y a un œil qui vous scrute en fait », se réjouit-elle.

Rosemonde Touré encourage surtout ce genre d’initiative pour favoriser l’essor du secteur de la transformation des produits agricoles au pays des hommes intègres.

Défis

Pour sa part elle se donne le défi d’aller au-delà de la mangue séchée. « J’ai des idées. Il y a beaucoup de choses qui peuvent se faire. Je suis en train de chercher les moyens. Je pense que dans un avenir assez proche, vous verrez nos marques sur d’autres types de produits, toujours dans le cadre de la transformation », promet-elle.

Pour revenir à la petite histoire de sa participation à la deuxième édition du SAARA à Abidjan en 1999, elle avait vendu tout son stock de 300 kg de mangue séchée. Et c’est de là qu’est parti le déclic.

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