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Afrique du Sud: un gouvernement d’union nationale face à des défis redoutables


  19 Juin      14        Politique (25988),

 

Johannesburg, 19/06/2024 -(MAP)- Le gouvernement d’union nationale en Afrique du Sud, qui commence à prendre forme après une période d’intenses négociations politiques au lendemain des élections législatives du 29 mai, devrait faire face à des défis majeurs dans plusieurs domaines clés, y compris l’économie, l’emploi, la sécurité et la crise énergétique.

L’économie sud-africaine s’est engouffrée depuis de longues années dans un cycle de croissance très lente qui a poussé le chômage à des niveaux records (près de 33 %), exacerbé les inégalités et aggravé la dette publique.

Alors que les Sud-africains s’attendent à ce que le nouveau gouvernement apporte le changement tant attendu et de trouver des solutions aux maux dont ils souffrent, l’ampleur des crises enracinées dans le pays rend la tâche plus ardue et difficile à résoudre.

Dans son dernier rapport sur le pays, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé ces perspectives économiques sombres, en révisant à la baisse les prévisions de croissance du PIB pour 2024 à 0,9 %, au lieu de 1,8 % annoncée en octobre dernier.

La confiance des entreprises dans l’économie du pays est également en territoire négatif, alors que le ralentissement économique constaté durant les dernières années devrait s’aggraver sous l’effet des politiques monétaires restrictives de la Banque centrale (SARB), avec un taux directeur de plus de 8 %.

Cette tendance est corroborée par les performances économiques peu encourageantes enregistrées durant les premiers mois de l’année. La croissance économique a été de 0,1% au 1er trimestre, affectée notamment par la crise énergétique, conjuguée avec les goulots d’étranglement portuaires et ferroviaires qui plombent les exportations du pays.

La crise du chômage, qui frappe les jeunes de plein fouet avec un taux de 45,5 %, incarne l’une des manifestations les plus tangibles de cette croissance médiocre.

Selon les économistes sud-africains, les perspectives du marché du travail devraient rester en deçà des attentes durant cette année. En effet, plusieurs opérateurs économiques majeurs ont annoncé, durant les derniers mois, leur intention de licencier des milliers d’emplois, y compris la Poste sud-africaine (SAPO), ArcelorMittal, ainsi que les sociétés minières.

Les difficultés budgétaires du pays ajoutent une autre couche de complexité à la situation. Le gouvernement est, ainsi, appelé à apporter des solutions urgentes avec un budget très limité, en raison de la baisse des recettes fiscales et d’une dette publique qui a atteint des proportions alarmantes, avoisinant les 80 % du produit intérieur brut (PIB).

Le nouveau gouvernement sera également appelé à démontrer sa détermination à lutter contre la corruption, un phénomène qui continue de ronger les institutions publiques, portant un coup dur à l’image du pays, notamment auprès des investisseurs et des partenaires étrangers.

La criminalité est un autre fléau que l’administration de M. Ramaphosa est appelée à combattre. Les derniers chiffres de la police sur la criminalité font froid au dos, avec 7.710 personnes assassinées au dernier trimestre 2023, une situation qui pèse lourdement sur la qualité de vie des Sud-africains et représente une menace sérieuse pour l’économie du pays.

Quant à la crise de l’électricité, qui ravage l’économie la plus industrialisée d’Afrique depuis plus d’une décennie, elle semble être là pour durer. Selon la banque centrale, 200 jours de délestages électriques supplémentaires sont attendus durant cette année, avec une fiabilité d’approvisionnement toujours incertaine.

Des chiffres officiels révèlent que les coupures de courant coûtent à la Nation arc-en-ciel près d’un milliard de rands par jour (plus de 50 millions de dollars).

Le nouveau gouvernement devra ainsi s’attaquer à des problèmes complexes sur différents fronts à la fois. Les mois à venir seront critiques pour savoir si la coalition au pouvoir est capable de mener les réformes structurelles nécessaires pour relancer la croissance, stabiliser l’économie, stimuler les investissements et redorer le blason d’un pays qui sombre dans la décadence.

Ilias Khalafi

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