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CHEIKH MOUHAMADOU DJIMBIRA MISE SUR LE DOCUMENTAIRE POUR L’ENTRETIEN DU PATRIMOINE


  10 Février      32        Cinéma (185),

   

Dakar, 10 fév (APS) – Le réalisateur sénégalais Cheikh Mouhamadou Djimbira se propose de contribuer à l’entretien du patrimoine sénégalais à travers deux documentaires dont l’ambition est de remettre au goût du jour des pans de la mémoire du Sénégal.

« Kassac Sud, village des tirailleurs » et « Saint-Louis, l’île de la mémoire » ont été projetés samedi à Dakar, en droite ligne des efforts du réalisateur dont la filmographie porte essentiellement sur le genre documentaire et les sujets de mémoire.

D’une durée de 16 minutes, le film « Kassac sud, village des tirailleurs », part à la découverte d’une contrée située dans le Waalo, non loin de Ross-Béthio, dans le nord du Sénégal.

Ce village créé de toute pièce le 15 juillet 1966 par le premier président-poète du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, était habité essentiellement par des tirailleurs et des anciens combattants.

Il est présenté par son chef Abdourahmane Fall, un Sénégalais d’origine vietnamienne fruit d’une union entre une Vietnamienne restée dans son pays et un père rentré au bercail après la fin de la guerre du Vietnam.

Mais au-delà des nombreux plans fixes dont il use pour mieux mettre en exergue la vie des habitants de ce village, Cheikh Mouhamadou Djimbira compte traduire à travers son film « l’intégration et la téranga, ciment de notre société ».

Il a réussi ainsi à montrer que malgré l’hostilité de ces terres sans vie réelle où vivent des animaux sauvages, il a été possible de les transformer en « havre de paix » et en « terroir agricole fertile ».

« La téranga n’est pas seulement de donner à manger ou à boire, mais aussi partager ce que nous avons comme parcelle de pouvoir. Il y avait à Kassac Sud toutes les nationalités et ethnies qui composaient les tirailleurs sénégalais’’, explique le réalisateur.

Il ajoute : « C’est là où on a expérimenté la culture de la tomate, de la pomme de terre, etc. Tout cela pour monter qu’un pays sous-développé peut se développer avec ses propres moyens ».

Selon certains critiques, une des faiblesses de ce film documentaire tient au fait que l’auteur n’a pas recueilli les témoignages des cinq tirailleurs toujours en vie dans ce village.

« Saint-Louis, l’île mémoire », se veut lui « un cri de cœur » du réalisateur qui questionne le concept de « Domu Ndar » tout en s’intéressant au passé de cette ville tricentenaire, première capitale du Sénégal.

De cette manière, le documentaire interroge l’architecture urbaine menacée à Saint-Louis ainsi que le patrimoine immatériel de la « vieille ville » laissé en ruine.

« Le film est aussi un espoir de construction pour que demain nous puissions avoir une ville à l’image du rôle que Saint-Louis a joué dans l’histoire », souligne-t-il.

« Le colonisateur nous a laissé un héritage urbain produit et pensé par des Européens pour des Africains qui aujourd’hui sont partagés entre reniement et entretien de la mémoire », dit la voix off du réalisateur.

Le cinéphile découvre le plan architectural de Saint-Louis à travers une vue aérienne filmée par un drone et des images fixes dans les ruelles de la ville.

Cheikh Mouhamadou Djimbira dont la filmographie est axée sur le genre documentaire et les sujets de mémoire se bat depuis huit ans pour fournir du contenu aux médias. Il a fini, dit-il, par créer une plateforme intitulée « Natal Bi ».

« La mémoire s’entretient, nous on se bat pour l’entretien de la mémoire », a commenté le réalisateur, à la fin de la projection de ses deux films.

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