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Cinéma africain: le développement des coproductions passe par une réglementation plus harmonieuse (rencontre)


  16 Mars      197        Arts & Cultures (3266), Cinéma (450),

 

Rabat, 16/03/2023 (MAP) – La coproduction demeure le parent pauvre des politiques publiques de soutien aux œuvres cinématographiques en Afrique, ont souligné, jeudi à Rabat, des responsables africains, appelant à instaurer un dispositif réglementaire souple et harmonieux pour encadrer l’aide publique destinée à ce type d’œuvres qui promeuvent la coopération Sud-Sud.

Présentant de profondes divergences en matière de réglementation et de priorités, les organismes d’aide publique au secteur cinématographique ne facilitent pas la tâche aux réalisateurs africains souhaitant faire de la coproduction, ont relevé ces responsables qui participaient à une table ronde sur « Production et financement: quel modèle de financement Sud-Sud pour la production de films africains ? », organisée au café cinéma Renaissance dans le cadre de la 1ère édition de ROOTS Rabat « Les Journées du cinéma panafricain ».

Pour Abel Kouame, membre du comité de suivi du Fonds de soutien à l’industrie cinématographique (FONSIC) en Côte d’Ivoire, « quand on parle coproduction, tout le monde est partant mais, sur le terrain, ça s’avère plus délicat » eu égard aux contraintes qui se posent, notamment les disparités entre les États en termes de réglementation et de capacités de financement.

Pour y remédier, M. Kouame a invité les responsables des fonds publics de soutien à la production cinématographique en Afrique à accorder leurs violons en mettant en place « des dispositifs coordonnés pour réguler et institutionnaliser la coproduction de films » entre leurs pays respectifs.

De son côté, Mohamed Said Ouma, directeur exécutif de Documentary Africa, une initiative panafricaine visant la mise en réseau des acteurs de l’industrie du film documentaire en Afrique, a signalé une tendance à faire de la coproduction en dehors du continent, souvent en Europe ou aux États-Unis dont les marchés de cinéma et de télévision, assez développés, garantissent une meilleure rentabilité et une plus grande visibilité à l’international.

« Notre ambition c’est de créer un environnement favorable permettant aux producteurs africains de rester et de travailler sur le continent » et de collaborer entre eux pour créer de la richesse et de la valeur ajoutée, a indiqué le réalisateur, scénariste et producteur comorien.

Intervenant à cette occasion, Khadija Feddi, responsable au département de production du Centre cinématographique marocain (CCM) et membre de la commission d’aide à la production des œuvres cinématographiques, a fourni des explications sur les conditions et critères d’accès au fonds d’aide, soulignant que les dossiers soumis doivent justifier d’une bonne maîtrise du plan de financement et avoir une plus value à apporter en termes de promotion et de valorisation de la culture marocaine.

Regrettant la rareté des dossiers africains déposés en coproduction, la responsable a émis le vœu que ce genre de rencontres entre les cinéastes marocains et leurs confrères africains puissent déboucher sur davantage de projets de coopération, notamment en matière de documentaires, pour pouvoir mettre en avant les valeurs, la culture et le patrimoine communs.

Organisée du 12 au 16 mars à l’initiative de la Fondation Hiba avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la première édition de ROOTS Rabat « Les Journées du cinéma panafricain » vise à promouvoir la création de synergies et la coopération Sud-sud en vue de pérenniser l’industrie cinématographique africaine.

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